Pâques. Il y eut un matin et il y eut un soir

Quelques femmes en recherche au matin du premier jour de la semaine et deux bougres déçus, perdus sur une route de la Palestine un soir. Un lendemain de sabbat... Et le passage vers une aurore comme les autres aurores, et c’est le premier jour vers un monde nouveau qui commence aujourd’hui… à quelques détails près.

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Photo J.-P. Frey

Chacun des quatre Evangélistes a son propre récit et semble tenir à sa version des faits. Tous sont cependant d’accord que le tombeau fut scellé d’une immense pierre. Mais, alors que saisis par la trouille les apôtres se terrent depuis trois jours, « à la pointe de l’aurore [1] » du premier jour, les pieuses et courageuses femmes, dites de Jérusalem, venues pour embaumer le corps, découvrent un trou noir avec une pierre roulée de côté. Elles entrent et ne trouvent pas de corps mais deux hommes en habits éblouissants. Le trou noir était devenu lumineux et les hommes se sont mis à parler aux femmes « envahies par la crainte », pour leur dire que ce n’est pas ici, parmi les morts, qu’il faut chercher…

Celui qui était mort a été réveillé et le voici passé chez les vivants. C’est là qu’il faut le chercher et le trouver :
Il n’est pas ici, mais il est ressuscité. Rappelez–vous comment il vous a parlé quand il était encore en Galilée ; il disait : « Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des hommes pécheurs, qu’il soit crucifié et que le troisième jour il ressuscite. »
Alors, elles se rappelèrent ses paroles [2].

Et les voici érigées en chevilles ouvrières de l’annonce pascale… qui ne trouvera qu’un grand écho de scepticisme et d’étonnement dans le milieu des apôtres et autres disciples.
Pierre cependant partit et courut au tombeau ;en se penchant, il ne vit que les bandelettes, et il s’en alla de son côté en s’étonnant de ce qui était arrivé [3].

Et pendant que Pierre s’en allait de son coté, deux autres disciples étaient déjà en route vers leur maison de campagne à Emmaüs. Pour eux, l’expérience messianique de ce Jésus de Nazareth était terminée. Le grand « passage » les avait menés à l’impasse. Et, transis de déception, ils rentrent chez eux…

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Photo J.-P. Frey

C’est le pain qui va les arrêter – la parole de bénédiction du Ressuscité sur le pain et la fraction va leur ouvrir les yeux sur la nouvelle vie de la Parole trouvée et du Pain Rompu et Partagé dont semble-t-il ils avaient l’habitude.

Le Passage par le trou noir du tombeau ouvert est devenu lumière et vérité pour eux. Oui ! Il est vraiment ressuscité et vivant ! Alléluia ! Chacun peut le rencontrer, et chacun à sa manière… mais le mieux c’est de le rencontrer sans le voir, par le simple fait de croire à la parole de bénédiction sur le pain rompu et partagé.

On appelle cela le mémorial. « Faites ceci en mémoire de moi, ce que j’ai fait moi-même et comme je l’ai fait moi-même. Alors vous serez mes disciples, les disciples du Vivant. »

Terre d’Afrique, mars 2010

[1] Selon Luc 24,1.

[2] Lc. 24,4-8.

[3] Lc. 24, 12.

Publié le 25 mars 2010 par Jean-Pierre Frey