Père Pierre Canisius Zosso (1913-2010)

Le dernier membre suisse de la SMA est décédé le 26 avril dans la maison de retraite de Sarnen. Les funérailles ont eu lieu le 14 mai, dans son village natal de Heitenried, diocèse de Fribourg. Un prêtre de ses amis, l’abbé Pius Häring, et les pères Antoine Lutz et Jérôme Fleck ont concélébré. Une urne avec les cendres, une étole et une photo ont rappelé la présence du défunt dans une assemblée bien recueillie.

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Photo sma est

Le curé a communiqué plusieurs lettres de reconnaissance pour les nombreuses activités du P. Zosso dans les localités où il a passé. Un hommage unanime lui est rendu pour son amour des pauvres et sa proximité des malades et des souffrants. Les délaissés pouvaient toujours faire appel à lui et personne n’était rejeté.
Son curriculum vitae, lu par le P. Häring, nous donne un bon portrait de la vie de notre confrère. Né en 1913, il est le onzième enfant d’une famille qui vivait pauvrement. Il fréquente l’école du village et passe pour un élève studieux. Sa mère veille à une éducation religieuse stricte et, très tôt, il formule le souhait de devenir prêtre. Il fréquente ensuite le collège de Fribourg, où deux de ses frères plus âgés étudiaient déjà. Vers la fin des années 1920, les temps sont durs pour les familles nombreuses. Il faut alors se rendre à l’évidence et accepter que la famille Zosso n’ait plus les moyens de faire éduquer trois garçons. Aussi le plus jeune doit-il se retirer momentanément. Mais Canisius veut rester fidèle à sa vocation religieuse. Le 17 février 1929, il entre au noviciat des Missions Africaines à Vigneulles. Grâce à ses aptitudes, il suit alors une formation en mécanique et en imprimerie à Metz, Paris et Lyon. Il obtient même une médaille d’argent pour une réalisation mécanique. En 1936-37, il dirige l’imprimerie de l’Ecole Apostolique de Haguenau.

Le 24 juin 1937, Canisius devient membre de la Société des Missions Africaines en tant que Frère. Il est alors envoyé en mission à Lomé, où il est affecté à l’Ecole Professionnelle pour diriger l’imprimerie. A cette époque, on y travaillait pour les administrations du Togo, du Dahomey et du Niger. Le frère reste dans cette école jusqu’en 45. En plus du travail professionnel et de la formation d’ouvriers, il continue sa propre formation intellectuelle.

De retour en Europe après la guerre, Canisius veut reprendre les études pour le sacerdoce. Malgré les encouragements de quelques confrères, ce n’était pas facile, pour un frère, à l’époque dans la SMA, de commencer les études de philosophie et de théologie. Il reprend donc les études en dehors d’une maison SMA, à Fribourg. Il ne put rejoindre le grand séminaire de Lyon qu’en 1952, et ce grâce à l’intervention de Mgr Strebler.
Canisius est ordonné prêtre à Lyon, le 11 février 1952, par le Cardinal Gerlier, à l’âge de 39 ans. Il a toujours le souhait de repartir comme prêtre en Afrique. Mais la Providence en décide autrement. Pendant 18 ans, il prend la direction de la maison des étudiants à Fribourg. Il en fait une belle résidence de 16 chambres. Bien située dans une rue calme, elle n’est qu’à quelques minutes de l’université. Le père avait beaucoup de contacts avec les étudiants, il aimait discuter avec eux. Comme il était doué pour le bricolage dans tous les métiers, il assurait lui-même l’entretien de la maison. A partir de 1970, le père va se consacrer totalement à la pastorale, d’abord à Grossdietwil pendant deux ans, puis à Thun pendant trente ans. Il y est vicaire à la paroisse St Martin et s’occupe surtout des malades.

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Photo Jean-Marie Guillaume

Le père Canisius était d’un abord facile et mettait les gens à l’aise. C’était un prêtre zélé, un homme de prière toujours fidèle au bréviaire. Il avait une confiance inébranlable en la miséricorde divine. Il aimait lire, et sa bibliothèque était bien fournie ; il suivait les parutions récentes en théologie. Jusqu’à ses derniers jours, il a été assisté par sa fidèle gouvernante Nelly.
Grâce à sa vie sage et rangée, il jouissait d’une bonne santé et a pu atteindre le bel âge de 97 ans. Il n’a passé que 10 mois à la maison de retraite, avant de rejoindre le Seigneur qu’il a fidèlement servi. Ses restes reposent au colombarium de Heitenried.

Publié le 7 octobre 2010 par Jérôme Fleck