Rayonner la bonté de Dieu

5ième dimanche du temps ordinaire
Textes : Is 58, 7-10 ; 1 Co 2, 1-5 ; Mt 5, 13-16

Point n’est besoin de longuement disserter sur la nécessité de la lumière. Chacun en mesure déjà l’importance. Aussi vrai qu’un ensoleillement intensif est nuisible, la lumière reste indispensable à l’émergence de la vie. C’est d’ailleurs en ce sens que l’on rend le fait de naître par l’expression voir le jour. Les effets de la lumière sont donc instantanés, immédiats et bienfaisants. En effet, la lumière dissipe les ténèbres et les doutes, rassure, indique le chemin à suivre, éclaire les pas de l’homme, et l’aide à prendre de bonnes décisions. Sur le plan symbolique, elle est un signe qui manifeste visiblement quelque chose de Dieu. Elle est comme le reflet de sa gloire [1]. C’est pourquoi elle est identifiée à la vérité et, en dernier ressort, à Dieu en personne.

Appelés des ténèbres à l’admirable lumière de Dieu [2], les chrétiens sont tenus à une exigence de vie. Ils doivent vivre en enfants de lumière [3]. C’est ainsi que nous pouvons comprendre l’exhortation de Jésus dans l’Evangile de saint Mathieu lorsqu’il compare ses disciples à la lumière :
« Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux [4]. »

Comment les chrétiens peuvent-ils être la lumière du monde ? Personne, quelles que soient les bonnes intentions qui l’animent, ne pourra se substituer à un astre . Néanmoins, nous pouvons tous rayonner de bonté, de générosité et de bienveillance à l’endroit de ceux dont les pas croisent notre chemin. Chacun doit en témoigner par ses actes et ses paroles, comme le fit Jésus. C’est d’ailleurs de cette manière qu’il s’est révélé comme la lumière du monde. Il a été attentif aux besoins de ses frères et sœurs. Il a affermi les pauvres dans leurs droits, nourri les affamés, annoncé la délivrance aux captifs, guéri les malades, délivré les possédés, libéré les opprimés. En un mot, il a suscité l’espoir chez ceux qui n’avaient plus de perspective d’avenir et désespéraient d’eux-mêmes et de la vie. Le principe énoncé par Jésus trouve alors son application dans le livre du prophète Isaïe. Celui-ci attribue à la lumière tout acte de droiture, de justice, de partage et de convivialité :
« Si tu fais disparaître de ton pays le joug, le geste de menace, la parole malfaisante, si tu donnes de bon cœur à celui qui a faim, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi [5]. »

C’est en acteurs de justice sociale et en garants des droits fondamentaux de tout homme que les chrétiens sont appelés à devenir le sel de la terre et la lumière du monde. Toutefois, rappelons-le, ce témoignage évangélique n’est pas vécu comme un volontarisme agressif qui dépend uniquement de l’initiative individuelle. Dans le zèle apostolique qui les porte à rendre compte de leur foi, les chrétiens sont illuminés par la grâce de l’Esprit de Dieu. Aussi pouvons-nous faire nôtre la bénédiction que le prêtre invoque sur les fidèles le jour de la chandeleur : « Seigneur Dieu, véritable lumière, source et foyer de la lumière éternelle, fais resplendir au cœur de tes fidèles la lumière qui jamais ne s’éteint. » Ainsi, illuminés par la grâce de Dieu, les chrétiens peuvent faire rayonner dans les ténèbres de ce monde la lumière de leur bonté et de leur générosité par le témoignage de leur vie.

[1] André FEUILLET & Pierre GRELOT, « Lumière » dans Xavier LEON-DUFOUR, Vocabulaire de théologique biblique, Paris, Cerf, 1966, col. 557.

[2] Cf. 1 P 2, 9.

[3] Ep 5, 8 ; 1 Th 5, 5.

[4] Mt 5, 14-16.

[5] Is 58, 9b-10.

Publié le 7 février 2011 par Nestor Nongo Aziagbia