Rencontre SMA à Lyon – Francheville du 15 au 18 juillet 2009

Depuis l’année passée, il avait été convenu que nous profiterions des rencontres et célébrations du 150e anniversaire de la mort de notre Fondateur et de ses compagnons, pour nous joindre à nos confrères de Lyon et fêter ensemble. Nous étions en définitive quatre membres du District de Strasbourg à nous y retrouver, accompagné du Frère Lucien Mathieu, alors qu’une bonne dizaine étaient inscrits mais n’ont pas jugé opportun de se désinscrire ni de se déplacer. C’est dommage !

L’ambiance fut fort fraternelle et les journées bien organisées. Nous avons été accueillis dans un bâtiment remis aux normes l’an passé. Il était flambant neuf et on s’y sentait comme dans un hôtel à deux étoiles. L’accueil, la liturgie, les repas, etc., avaient été particulièrement soignés. Notre confrère André s’est même distingué par des parties de cartes mémorables. D’autres se sont retrouvés autour du tarot. Une fois de plus s’est vérifiée l’aporie qui dit que là où on sait jouer ensemble, on sait aussi vivre ensemble !

Après une présentation large et simple des travaux du Conseil Plénier, faite par P. Richaud, l’essentiel de nos rencontres a consisté en des échanges approfondis autour de nos maisons, de nos engagements en mission comme en Europe, et de nos confrères en diaspora. Chaque pays de mission représenté par les confrères en congé, chaque communauté SMA, même les individuels, ont pu s’exprimer. J’ai mesuré toute la vitalité des uns et des autres, la variété de nos engagements et initiatives malgré l’âge qui avance, et même l’audace de nouveaux projets. Dans les couloirs et aux pauses, les questions fusaient : comment vont les Kuntz, les Founchot, les Rostoucher et autres confrères, que devient un tel, puis un tel ? a-t-on encore des nouvelles de celui-ci, qui fut mon élève autrefois, ou de l’autre que j’avais rencontré en mission ? Dans la mesure de mes informations, j’ai essayé d’être un agent de renseignements fiable.

L’occasion me fut donnée de faire également un large tour d’horizon de la vitalité de notre District et des confrères qui le composent. Strasbourg est une portion bien vivante de la SMA en France et dans le monde. Puis, j’ai exposé et argumenté nos options fondamentales pour demeurer vivants et ne pas enterrer le capital de sympathie, de relations et d’aide de nos généreux amis et bienfaiteurs. Notre souci majeur demeure celui de porter et de servir la mission universelle dans les Eglises locales, à travers la SMA. J’ai principalement souligné deux axes : l’internationalité, grâce à notre foyer pour étudiants à Strasbourg, et l’implication plus forte des membres honoraires qui désireraient devenir membres actifs. Je crois que le discours a porté et positivement impressionné nos confrères lyonnais.

Le soir du jeudi, Renzo Mandirola nous fit un compte-rendu vivant et précis du pèlerinage SMA à Freetown. Diaporama à l’appui, il nous expliqua combien l’Eglise locale s’était investie pour célébrer leur « premier » évêque, et combien les 14 pèlerins SMA étaient émerveillés du rayonnement posthume de leur fondateur.

La journée du samedi fut consacrée à honorer Brésillac à Fourvière et au 150 Cours Gambetta. Nous avons débuté par une eucharistie d’action de grâce dans la chapelle où le Fondateur consacra la Société à la Vierge. La présidence et l’homélie étaient assurées par Pierre Richaud. Puis, nous nous sommes regroupés autour des restes de Brésillac au 150. Une brève liturgie de la Parole, animée par notre confrère André N’koy, y fut célébrée.

Nous nous sommes rendus ensuite à l’apéro et à la table festifs que nous ont offerts la Province de Lyon. Vers la fin du repas, le Provincial accueillit deux nouveaux membres honoraires : l’abbé Jean Comby, qu’un certain nombre d’entre nous connaissent pour l’avoir eu comme professeur d’histoire de l’Eglise ou pour avoir lu ses ouvrages, et Mlle Anne d’Audiffret, qui passa sa vie en Afrique (surtout au Bénin et au Niger) et qui, en collaboration avec le Père Babinet, conçut les dessins « catéchétiques » que nous avons peut-être utilisés dans nos missions respectives.

Ce même jour, nous entourions un jubilaire, bien connu de nous tous : le P. Pierre Trichet. Il rendait grâce pour 50 ans de vie sacerdotale et missionnaire. Pour l’occasion, il avait quitté les archives de la Nocetta, pour se laisser entourer et féliciter par les confrères présents. Discours et remerciements de circonstance donnèrent à chacun l’occasion de dire la part de vie et de bonheur qui lui est arrivée par la SMA.

Je ne suis pas resté à la retraite, alors que les trois autres confrères y sont demeurés. Dans le train du retour, je me suis dit que nous formons deux portions de la SMA bien vivantes, et qui auraient tout à gagner à se rapprocher et à échanger plus souvent ensemble. C’est sûr que nous trimbalons, chacun dans notre coin, une histoire, une culture et des réalisations différentes. Mais nous n’allons quand même pas nous laisser paralyser par notre passé ; ce serait vraiment gamin ! Nous n’allons pas perpétuellement rejouer la même histoire, qui a transformé les entités SMA en forces centrifuges. C’est si sympa de se fréquenter, d’échanger, de jouer aux cartes ensemble, de sortir chacun de son coin et de faire encore quelque projet. En tout cas, moi, je ne l’ai pas regretté et je m’associerai toujours à tous ceux qui voudront regarder dans la même direction. Et si nous nous invitions mutuellement à chaque réunion de Lyon ou de Strasbourg ?

Publié le 20 septembre 2009 par Jean-Paul Eschlimann