Rencontre dans la joie de l’Esprit Saint

4ième dimanche de l’Avent (c)
Textes : Mi 5, 1-4a ; Hb 10, 5-10 ; Lc 1, 39-45

L’Evangile respire la joie de la rencontre de Dieu avec les hommes. Dans les contraintes qu’impose la nature humaine, Dieu rejoint l’homme dans les conditions concrètes de son existence. En effet la main de Dieu ne laisse personne insensible. Marie et sa cousine Elisabeth en ont fait l’expérience dans leur propre chair. Bien qu’elle soit vierge, Marie est devenue l’habitacle des grâces du Seigneur, portant en son sein le Fils de Dieu. Le Seigneur a par ailleurs porté son regard sur Elisabeth, celle dont on disait qu’elle était stérile. L’une et l’autre ont trouvé faveur aux yeux du Seigneur qui les a gratifiées de ses bienfaits. C’est ce bonheur que Marie compte partager avec sa cousine lorsqu’elle s’est mise « en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée [1] ».

Il se passe quelque chose de grandiose dans la rencontre des deux femmes. Leur corps frémit de joie à la reconnaissance des merveilles que le Seigneur a opérées en chacune d’elle. C’est pourquoi Elisabeth peut laisser éclater sa joie : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi. Heureuse, celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur [2] ». Cette grande exclamation d’Elisabeth à l’endroit de sa jeune cousine n’est que la reconnaissance des grâces de Dieu dans leur vie. Dieu les a visitées et il a semé en chacune d’elles la source du bonheur.

Ce bonheur tel qu’elles l’ont reçu ne se garde pas pour soi. Il se communique, se transmet ; il est essentiellement contagieux dans son expansion en ce sens qu’il se propage et affecte toute personne. Il est promis à tout homme qui, comme Marie, place sa foi dans le Seigneur. Rien ne peut nous détourner de ce bonheur. C’est d’ailleurs la grande promesse que le Christ a faite à ses disciples lorsqu’il proclame bienheureux les affligés et ceux qui sont persécutés pour la justice (cf. Mt 5, 5.10). Tous seront invités, comme nous le sommes à chaque Eucharistie, à partager le bonheur de prendre le repas dans le Royaume de Dieu. Dès maintenant à quelques jours de Noël, nous sommes invités à retrouver ce bonheur enfoui au plus profond de notre cœur. En cela, nous imitons Elisabeth qui, dans l’Esprit Saint, n’a pas attendu d’autres explications pour reconnaître en l’enfant que porte Marie le Messie que le monde attendait. Guidée par son intuition spirituelle, elle a su voir en cet enfant le berger, jadis annoncé par les prophètes, qui veillera sur Israël. Le bonheur des deux femmes est celui de la réalisation des promesses que le Seigneur a faites à son peuple.

A quelques jours de la célébration de Noël, le récit de la visitation rappelle à tout homme la présence agissante de Dieu dans sa vie. Quelle que soit la manière, quel que soit le mode, Dieu se dit dans notre vie. Il nous comble dès lors de sa joie et nous invite à la rayonner tout autour de nous. Célébrer donc Noël dans l’esprit de la visitation, c’est reconnaître les bienfaits qui nous viennent de la part de Dieu, porter attention aux besoins de l’autre, et partager avec nos frères et sœurs la joie qui nous vient de lui. Comme Marie qui se met en route rapidement, que l’empressement de notre cœur nous rende attentifs à la voix du Seigneur et solidaires des besoins de nos frères et sœurs.

[1] Lc 1, 39

[2] Lc 1, 42-45

Publié le 21 décembre 2009 par Nestor Nongo Aziagbia