Rendons grâce au Seigneur

A partir des textes du 12ème dimanche du temps ordinaire de l’année B, 21 juin 2009 :
1e lecture : Jb 38, 1.8-11.
2e lecture : 2 Co 5, 14-17.
Evangile : Mc 4, 35-41.

Quels rapports entretenons-nous avec le Seigneur dans les différentes sphères de notre vie ? La question mérite d’être posée, mais la réponse n’est pas évidente. Les réalités de la vie nous façonnent et déterminent notre attitude vis-à-vis de Dieu. Alors que beaucoup peuvent sombrer dans la révolte, le psalmiste nous exhorte aujourd’hui à plus de confiance dans le Seigneur qui ne nous abandonne pas : « Dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur, et lui les a tirés de la détresse, réduisant la tempête au silence, faisant taire les vagues [1] ». Le Seigneur est à jamais présent dans les différentes réalités qui constituent notre vie.

Les apôtres ont fait l’expérience de cette incommensurable bonté de Jésus alors qu’ils étaient en danger imminent de mort. Prisonniers des eaux en furie, leur vie ne tenait qu’à un fil. Ils se débattaient alors que Jésus semblait ne pas se soucier de leur sort. Cette impression justifie la réflexion des disciples : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? [2] » En face de la mort, ils ont pris conscience de leur impuissance. Par ailleurs ils ont le sentiment d’être abandonnés. Ils se sont sentis tout seuls face à la puissance maléfique. En effet dans l’imaginaire juif, la mer était vue comme l’incarnation du Mal absolu.

Combien de foi ne partageons-nous pas ce sentiment ? L’incompréhension face à la mort d’un être cher, la révolte devant la maladie, l’anéantissement dû aux échecs de tout genre, les blessures d’une trahison ou d’une déception sont autant d’exemples où nous doutons parfois de l’amour de Dieu et de sa sollicitude envers l’homme. La barque de notre vie est ainsi secouée par des vents contraires qui nous bousculent et nous font parfois reculer. Le doute s’empare de nous et il nous fragilise.

Quels que soient la violence et les acharnements de ces événements qui nous déstabilisent, l’amour du Christ nous saisit quand nous nous y attendons le moins. Nous ne sommes jamais livrés à nous-mêmes. Comme Job, Dieu se tient de notre côté ; il lutte avec nous. Et comme pour les disciples dans leur désarroi, la Parole de Dieu nous rassure ; elle nous apporte la sérénité. Jésus dissipe nos craintes et nos peurs. Il nous exhorte à lui faire entièrement confiance. Aussi pouvons-nous confesser avec saint Paul que « le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux [3] ». Nous sommes désormais invités à nous libérer des peurs qui nous enferment sur nous-mêmes et qui nous asphyxient. Notre foi nous porte à vivre les situations tragiques ou difficiles, non dans le désarroi, mais dans la solidité d’une confiance au Christ. Dans la certitude que nous ne sommes jamais seuls, nous pouvons nous tourner vers le Christ et nous laisser porter par lui.

Voilà pourquoi nous devons continuellement rendre grâce au Seigneur pour son amour et pour ses merveilles. Vivre dans l’action de grâce est exigeant à bien des égards. Loin de fuir les réalités concrètes qui sont parfois dures et cruelles, c’est plutôt reconnaître et célébrer la présence de Dieu en chacun de nous. Sommes-nous sensibles à cette présence de Dieu en nos vies ? Pour toutes les marques d’affection reçues, pour ta présence silencieuse à nos côtés, Seigneur, nous te disons merci !

[1] Ps 106, 28-29.

[2] Mc 4, 38b.

[3] 2 Co 5, 15.

Publié le 22 juin 2009 par Nestor Nongo Aziagbia