Résurrection, signe d’espérance du monde.

A partir des textes du dimanche de Pâques de l’année B, 12 avril 2009 :
1e lecture : Ac 10, 34a.37-43.
2e lecture : Col 3, 1-4.
Evangile : Jn 20, 1-9.

Quel rapport avons-nous encore avec la fête de Pâques ? Se limite-t-il au souvenir d’un passé lointain qui n’a aucune prise sur notre vie ? La question est d’une importance capitale, d’autant plus qu’elle touche au fondement du christianisme. Même si l’on constate avec désarroi l’effritement de la pratique religieuse, il est évident que la célébration de Pâques fait partie de notre patrimoine culturel.

Au-delà des différentes traditions associées à la fête de Pâques, à savoir le lapin ou les œufs, qu’évoque pour nous la résurrection ? En termes très simples, Le Petit Larousse définit la résurrection comme « le retour de la mort à la vie ». C’est le mot par excellence pour dire l’expérience faite par Jésus. De quelle expérience s’agit-il ? Jésus a été faussement accusé, il a été condamné à subir un supplice qu’il ne méritait pas ; il est mort sur le bois de la croix ; il a été enseveli. Mais dans son amour, Dieu l’a relevé des morts et lui a donné la vie. A la suite de Jésus, tous ceux qui croient en lui, même s’ils meurent, partagent la vie de Dieu. C’est d’ailleurs la promesse que Jésus a faite aux siens.

Voilà ce qu’il en est brièvement de la résurrection. Et si je vous demandais maintenant d’associer une couleur à la résurrection, laquelle choisiriez-vous ? Les évangélistes, c’est-à-dire les écrivains qui ont rapporté les événements de la vie de Jésus, s’accordent à dire que le monde s’est plongé dans les ténèbres à la mort de Jésus. Evoquant cette mort tragique, saint Luc précise : « Il était environ midi quand le soleil cessa de briller : l’obscurité se fit sur tout le pays et dura jusqu’à trois heures de l’après-midi [1] ». Mais au matin de la résurrection, une lueur resplendit de la tombe vide et inonde le monde de sa lumière. Tout baigne désormais dans la clarté. Aux ténèbres s’oppose la clarté, à l’obscurité la lumière, à la nuit le jour. Pour répondre enfin à la question, je dirai que la couleur associée à la résurrection est celle du soleil, qui dissipe les ténèbres de la mort et fait luire la lumière de la vie. Au-delà de la couleur, la résurrection est un signe d’espérance pour toute personne qui croit en Jésus Christ. Avec Jésus, nous entreprenons un chemin qui nous mène des souffrances à la joie et de la mort à la vie.

Quelle expérience faisons-nous personnellement de la résurrection et en quoi est-elle source d’espérance pour chacun de nous ? Il m’est arrivé de rencontrer des personnes qui doutent de tout, d’elles-mêmes et de Dieu. Elles sont révoltées par les circonstances de leur vie qu’elles considèrent comme une injustice. Elles en ont si gros sur le cœur qu’elles ne s’en prennent à toute personne qu’elles rencontrent. Elles s’enferment dans leur souci quotidien au point qu’elles oublient d’apprécier et de savourer les merveilles de la vie.

Comme la vie naît de la mort à l’exemple du grain porté en terre, la célébration de Pâques nous invite à garder confiance. En dépit des difficultés, des déceptions et des trahisons que nous pouvons connaître dans notre vie, l’espérance d’un lendemain meilleur reste plus forte. Tout ne se termine pas dans l’échec. Même le malheur peut être parfois source de bonheur. Entrons dans cette dynamique pour nous réjouir avec le Seigneur en chantons notre joie : alléluia, il est ressuscité ! Et laissons la lumière de la résurrection illuminer nos pas et nous orienter sur les chemins de la vie. Osons devenir pour nos frères et sœurs ce rayon de soleil qui réchauffe et donne espoir.

[1] Lc 23, 44.

Publié le 14 avril 2009 par Nestor Nongo Aziagbia