Se réjouir dans le Christ

3ième dimanche de l’Avent
Textes : So 3, 14-18a ; Ph 4, 4-7 ; Lc 3, 10-18

Les mots retentissent avec force ; le motif revient avec insistance : « Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Eclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, tressaille d’allégresse, fille de Jérusalem [1] ». A cette invitation, répondent en écho le cantique d’Isaïe et la lettre de saint Paul aux Philippiens : « Jubilez, criez de joie, habitants de Sion [2] » et « Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie [3] ». Par leur exhortation, ils encouragent à constamment demeurer dans la joie du Seigneur. De cette insistance particulière, ce troisième dimanche de l’Avent est traditionnellement connu comme le dimanche de la joie, d’où son nom : dimanche de Gaudete, ce qui veut dire réjouissez-vous !

Comment entendre cette invitation à la joie dans le contexte délétère qui est le nôtre ? La crise économique mondiale aggrave la précarité et renvoie des milliers de gens dans la rue. L’incertitude d’un lendemain aléatoire les tient dans la peur de perdre leur emploi et de se retrouver du jour au lendemain au chômage sans aucune garantie. Ailleurs l’insécurité politique causée par des guerres et des rebellions de tout genre obligent des familles entières à s’exiler loin de chez elles dans des conditions abominables. Il est entendu que dans de pareilles circonstances la dignité humaine est bafouée et l’homme est soumis à une affreuse angoisse. Comment peut-il donc se réjouir ? De quelle joie s’agit-il ?

Loin de la fuite des réalités qui font le quotidien de notre vie, le vrai motif de la joie est à trouver en Jésus Christ qui vient réconcilier l’homme avec Dieu, avec lui-même et avec son frère. C’est ainsi que nous comprenons l’annonce du prophète Sophonie au peuple d’Israël alors que ce dernier se préparait à accueillir le Messie. Les peurs sont vaincues en Jésus Christ qui apporte aux hommes la paix de Dieu. C’est pourquoi l’exhortation du prophète est rassurante et pleine de confiance : « Ne crains pas, Sion ! Ne laisse pas tes mains défaillir ! Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête [4] ».

Comment continuer à attendre ce que nous possédons déjà ? Voilà la double dimension de l’attente : Jésus est déjà présent en nous, enfoui au plus profond de notre cœur, mais nous attendons qu’il ne se manifeste pleinement dans nos options de vie, dans notre manière de témoigner concrètement de l’Evangile au milieu des hommes. Aussi la conversion à laquelle nous invite Jean-Baptiste est une manière concrète de répandre tout autour de nous la joie qui nous habite. En effet la joie est comme une contagion qui se propage. Elle ne peut se suffire à elle-même. Elle a besoin de se communiquer dans l’attention au plus petit, dans l’amour, dans le partage et dans la justice. C’est à ce titre que le message de Jean-Baptiste nous concerne encore aujourd’hui.

[1] So 3, 14

[2] Is 12, 6

[3] Ph 4, 4

[4] So 3, 5b-6

Publié le 14 décembre 2009 par Nestor Nongo Aziagbia