Témoignage à la vérité

Christ Roi de l’univers (B)
Textes : Dn 7, 13-14 ; Ap 1, 5-8 ; Jn 18, 33b-37.

Amateur de foot ou pas, personne n’a été insensible au match par lequel l’équipe de France a été qualifiée pour la prochaine coupe du monde en Afrique du Sud. De par le monde, les commentaires n’ont cessé de fuser sur la main de Thierry Henri. Au-delà de l’événement sportif, il est intéressant de remarquer l’importance accordée dans les débats à la dimension éthique du geste. Se pose en d’autres termes et de manière concrète la question de la vérité. C’est à ce niveau qu’on peut faire le lien avec la réaction de Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui : Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix [1].

De quelle vérité s’agit-il ? Elle apparaît en plusieurs endroits comme un chemin qui mène inexorablement l’homme à une sainteté de vie : s’abstenir d’un faux témoignage, éviter de mentir. Par ailleurs, la vérité est identifiée à la Parole de Dieu et plus encore au Fils de Dieu lui-même. En effet, pour apaiser le doute de Thomas, Jésus s’est présenté comme le Chemin, la Vérité et la Vie [2]. La Vérité porte ainsi en Jésus Christ un visage humain. C’est par lui que les hommes ont la vie éternelle. En dépit de la grande discrétion que Jésus a manifestée au sujet de son identité, il n’hésite pas à afficher publiquement devant Pilate son caractère royal.

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, nous sommes invités à contempler Jésus dans sa grandeur et dans toute sa magnificence. La célébration du Christ Roi de l’univers rappelle à tout homme la dignité royale conférée à tout croyant dans le baptême. Comme le souligne l’apôtre Pierre, tout baptisé est investi de cette triple dignité : Nous sommes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu [3].

A l’opposé de l’idée que certains peuvent se faire de l’autorité, Jésus nous met en garde contre la tentation de domination et d’assujettissement. L’autorité reste d’abord et avant tout un service au profit de nos frères et sœurs. Elle s’exprime dans le don total de soi. C’est l’exemple que le Christ nous donne, lui qui n’a pas hésité à se dessaisir de sa vie pour notre salut. Il a libéré la puissance d’aimer qui est tenue captive dans le cœur de tout homme. Ainsi nous a-t-il donné part à sa propre royauté qui est de servir comme le Fils bien-aimé du Père.

Comment manifestons-nous ce sacerdoce royal dans le quotidien de notre vie et dans les différents rapports que nous entretenons les uns avec les autres ? La royauté de Jésus n’est pas une question de dogme, ni de pure représentation intellectuelle. Elle nous engage dans le témoignage que nous donnons de notre foi et dans notre manière de vivre de l’Evangile au quotidien. A l’exemple de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts, le souverain des rois de la terre [4], humilié et bafoué par les hommes, apprenons à vivre la dignité sacerdotale de notre royauté en nous mettant au service les uns des autres dans un esprit d’humilité et de complémentarité.

[1] Jn 18, 37b.

[2] Jn 14, 6a.

[3] 1 P 2, 9a.

[4] Ap 1, 5a.

Publié le 23 novembre 2009 par Nestor Nongo Aziagbia