Témoins de la résurrection

A partir des textes du troisième dimanche de Pâques de l’année B, 26 avril 2009 :
1e lecture : Ac 3, 13-15.17-19.
2e lecture : 1 Jn 2, 1-5a.
Evangile : Lc 24, 35-48.

En ce troisième dimanche de Pâques, la liturgie nous présente la figure de quelques témoins de la résurrection. Qui sont-ils ? Pierre, les disciples d’Emmaüs, les onze, ce sont les premiers compagnons de Jésus. Il les a choisis et il les a intimement associés à son ministère. Pendant près de trois ans, les disciples ont suivi le maître dans chacun de ses déplacements. Ils ont été préparés à prendre la relève.
Voilà qu’arrive la passion. Déboussolés par les événements, les disciples ne comprennent pas ce qui leur arrive. Ce Jésus en qui ils avaient mis leur espérance a été arrêté, jugé et condamné à subir une mort infâme sur le bois de la croix. Apparemment rien ne s’est passe comme il l’avait annoncé.

A quoi faut-il croire ? La confiance des disciples s’est peu à peu dissipée. Ils sont désormais confrontés au doute. A cause des chefs religieux et par instinct de survie, ils se sont enfermés. Ils sont arrivés à un tel degré de découragement que certains ont même pris la résolution de tout lâcher. Pourquoi continuer à perdre son temps alors qu’ils croyaient à cette aventure ? C’est ainsi que les disciples d’Emmaüs ont décidé de rentrer chez eux et de reprendre le fil de leur vie.
Que peut-on attendre de ces hommes qui sont désabusés et déçus de leur expérience ? Du point de vue humaine, pas grand-chose. On pourrait même les traiter avec dédain et les considérer comme des incapables sur qui on ne peut pas compter.

Et pourtant la rencontre avec le Ressuscité a transformé ces timorés en témoins convaincus de la Bonne Nouvelle. Qui pourrait croire que Pierre, le traître, celui qui a renié Jésus à trois reprises, puisse publiquement le confesser comme le messie de Dieu ? Il en fut ainsi des onze que le Christ a constitués témoins de sa résurrection : « C’est bien ce qui était annoncé par l’Ecriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d’entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C’est vous qui en êtes les témoins [1] ». Dans le dépassement de la peur qui les emprisonnait, ils peuvent désormais rendre compte de leur foi et de l’espérance qui les anime.

Comment pouvons-nous aujourd’hui, chacun en ce qui le concerne, nous approprier cette mission d’être témoins de la résurrection ? La résurrection n’est pas un déni des réalités concrètes de notre existence. En dépit des difficultés, des souffrances et des blessures qui émaillent notre vie au quotidien, le message de la résurrection est une constante invitation à vivre de l’espérance. Si nous savons répandre autour de nous la sérénité et susciter l’espoir dans les cœurs abattus, nous renouvelons pour nos frères et sœurs l’expérience de la résurrection. Voilà en quoi nous pouvons être aujourd’hui des témoins. Non pas tant dans notre éloquence, mais plutôt dans la qualité de notre présence et de l’accompagnement que nous pouvons offrir à ceux de nos frères et sœurs qui sont dans le besoin. Soyons pour tous ceux qui nous entourent des porteurs d’espérance et des rayons de lumière qui réchauffent et illuminent.

[1] Lc 24, 46-48.

Publié le 27 avril 2009 par Nestor Nongo Aziagbia