Tous appelés à la sainteté

Solennité de tous les saints
Textes : Ap. 7, 2-4.9-14 ; 1 Jn 3, 1-3 ; Mt 5, 1-12a.

La solennité de la Toussaint nous fait réfléchir au statut des saints. Qui sont-ils ces hommes et ces femmes qui se tiennent sans cesse en présence de Dieu et intercèdent pour nous ? La tradition de l’Église distingue entre les saints martyrs qui ont donné leur vie en témoignage de leur foi, les confesseurs de la foi qui ont répandu la Bonne Nouvelle et fait connaître l’amour de Dieu aux hommes, les vierges qui ont tenu à leur virginité, bien souvent au prix de leur vie, en guise de leur consécration au Seigneur, les docteurs de l’Église qui ont défendu la vérité de la foi. Il y a aussi l’immense foule des anonymes qui ont passé leur ciel à faire le bien sur la terre comme le dirait sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Ce sont des hommes et des femmes qui ont donné un visage humain à l’amour de Dieu. Beaucoup n’apparaissent pas sur la liste sanctorale ; ils ne sont ni publiquement, ni officiellement invoqués. Mais leur mémoire n’est pas pour autant oubliée. Dieu les aime et se souvient d’eux dans son grand amour. Il les couronne de gloire et les admet en sa présence vivifiante.

Les textes de la liturgie nous donnent aujourd’hui quelques indications précises sur la personnalité du saint(e). Saint Jean, dans l’Apocalypse, le décrit comme un serviteur de Dieu, celui qui se complaît à faire la volonté du Seigneur. Il proclame la gloire de Dieu et il est avant tout le témoin de l’amour de Dieu auprès de ses frères et sœurs. Cet amour identifie le croyant et le distingue des autres hommes. En ce sens la sainteté est le couronnement d’une vie pleine, vécue sous le regard de Dieu. C’est la béatitude dont est comblé le croyant : « Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux [1] ! »

En commémorant les saints, nous nous rappelons notre vocation de baptisés qui nous détermine à participer à la sainteté divine par le culte véritable et le saint sacrifice. La sainteté des chrétiens exige d’eux la rupture avec le péché et avec les mœurs païennes : ils doivent agir selon la sainteté qui vient de Dieu et non selon une sagesse charnelle. Cette exigence de vie sainte repose non sur l’idéal d’une loi encore extérieure, mais sur le fait que le chrétien, saisi par le Christ, doit communier à ses souffrances et à sa mort pour parvenir à sa résurrection.

La célébration de tous les saints, loin d’être un triste événement, est par contre la réalisation de la promesse divine en faveur de ceux et celles qui marchent dans la voie du Seigneur. C’est l’avant-goût des bienfaits que le Seigneur prépare à chacun de ses enfants. Les saints nous rappellent l’immensité de l’amour de Dieu qui se déploie dans la faiblesse de l’homme. Ils nous donnent déjà de contempler les merveilles du Père céleste qui fait bon accueil à tout le monde à l’image de cette foule immense et innombrable qui se tient devant le Trône et proclame la gloire de Dieu. En effet le Père ne fait pas de différence entre les hommes. Il nous fait participer de sa vie. Que la célébration de cette solennité ravive aujourd’hui en nos cœurs le désir de nous conformer chaque jour à la volonté de Dieu afin que nous soyons trouvés dignes, à notre tour, de partager sa gloire.

[1] Mt 5, 12a.

Publié le 2 novembre 2009 par Nestor Nongo Aziagbia