Tout pour la gloire de Dieu

2ième dimanche du temps ordinaire
Textes : Is 62, 1-5 ; 1 Co 12, 4-11 ; Jn 2, 1-11

Il faut tout pour faire un monde. Cet adage s’applique bien au passage de la première lettre aux Corinthiens où saint Paul exhorte les croyants à reconnaître la diversité des dons qui constituent leur communauté. Nombreux et variés sont les charismes, mais ils viennent d’une même source et servent tous la même cause : « Les activités sont variées, mais c’est partout le même Dieu qui agit en tous. Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous [1] ».

L’esprit qui transparaît de cette lettre se distingue de l’égo et de la suffisance qui peuvent nous caractériser dans les relations que nous entretenons souvent avec les autres. Mais saint Paul nous invite par contre à redécouvrir la vertu de la collaboration et du travail en équipe. Concrètement parlant, cette approche constitue un défi qui nous est lancé aujourd’hui dans notre manière de vivre notre foi en église.

Révolu est le temps où tout le monde se mettait à la botte du curé. La gestion de la communauté paroissiale n’est plus le privilège exclusif d’une seule personne. Heureusement les différentes structures ecclésiales, notamment l’EAP (Equipe d’Animation Pastorale), le CP (Conseil Pastoral), le Conseil de fabrique et les autres acteurs liturgiques qui sont les choristes, les lecteurs, les enfants de chœur, le sacristain, les fleuristes et celles qui entretiennent la propreté de l’église, aident à valoriser l’engagement de chaque croyant. Dans le respect de la vocation de tous, chacun porte autrement le souci de l’Eglise et manifeste à sa manière « l’Esprit en vue du bien de tous [2] ». Quelles que soient nos spécificités, nous sommes tous appelés à mettre nos ressources ensemble et à militer pour la même cause. C’est en ce sens qu’on peut effectivement parler de la diversité des charismes dans l’unité.

Ce texte de saint Paul ne peut laisser personne indifférent. Il constitue un défi qui est lancé à tout baptisé dans la manière de vivre sa foi en Jésus Christ. Quels que sont les charismes que nous avons personnellement reçus du Seigneur, chacun peut se poser la question ? A quels profits sont-ils mis ? Au lieu d’entretenir des jalousies et des concurrences de toute sorte, les dons du Seigneur devraient nous rapprocher les uns des autres et développer en nous une attitude d’action de grâce comme nous le rappelle le psalmiste : « Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière, chantez au Seigneur et bénissez son nom [3] ». En dehors de la reconnaissance de la magnificence de Dieu, les charismes sont vécus comme une mission auprès de nos frères et sœurs. Il s’agit d’ouvrir les yeux sur les besoins de nos frères et d’y pourvoir en vérité. Cette sollicitude a porté Marie à intercéder auprès de son Fils au profit du couple de Cana : « Ils n’ont plus de vin [4] », sous-entendu, fais quelque chose pour ce jeune couple qui manque de vin lors de son repas des noces. Dans la joie des charismes dont le Seigneur nous gratifie, dépassons l’égoïsme et l’esprit de concurrence déloyale qui nous caractérise, ouvrons-nous à l’accueil de nos frères et sœurs et soyons le chemin que Dieu emprunte pour rejoindre l’homme. C’est uniquement de cette manière que nos charismes peuvent porter des fruits et des fruits en abondance.

[1] 1 Co 12, 6-7

[2] 1 Co 12, 7

[3] Ps 96, 1-2

[4] Jn 2, 3b.

Publié le 18 janvier 2010 par Nestor Nongo Aziagbia