Un pèlerin missionnaire en Éthiopie.

Les Hauts plateaux d’Abyssinie, la terre chrétienne la plus ancienne de l’Afrique noire.

Cette région d’Afrique de l’Est, que j’ai eu la chance de visiter en circulant entre 1600 et 2800 mètres d’altitude, m’a médusé. Bien callé au centre de l’Éthiopie et grand comme la France, le massif montagneux abyssin est volcanique. Il présente des paysages époustouflants comme le massif du Simien et les chutes du Nil Bleu [1].

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Le massif du Simien.
Photo D. Syren
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Le massif du Simien.
Photo D. Syren
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Les chutes du Nil Bleu.
Photo A. Erondel
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Les chutes du Nil Bleu.
Photo D. Syren

La population, en grande majorité chrétienne, cultive les terres et élève son bétail comme s’il s’agissait du paradis. Le pays est rude et la vie y est difficile, mais assumée avec cette sorte de noblesse propre aux gens qui savent protéger avec soin leurs ressources vitales. La modernité suit lentement le rythme de l’électrification et du goudronnage des routes. L’éducation est proposée gratuitement à tous mais selon les convenances de chacun. On peut quitter l’école et y revenir, il n’y a pas de clivage d’âge pour les enfants…

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Photo A. Erondel

Bref : par ce qu’il m’a été donné de voir, je ne m’étonne pas que ce pays fournisse autant de champions pour le marathon… Pour y vivre, il faut autant de volonté que d’endurance ! Et ce n’est pas un missionnaire qui va se gêner pour dire aussi que, comme partout ailleurs, ces Africains-là, sont aussi très beaux ! Je ne sais pas si un chrétien peu dire qu’il aime Dieu s’il n’aime pas les humains qui sont faits à son image, et plus encore s’ils sont des frères dans la foi.

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Photo A. Erondel
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Photo A. Erondel

Axoum, plus haut que le septième ciel.

Certaines mauvaises langues qualifient la culture chrétienne éthiopienne de pratique mythique qui s’est attardée dans un réduit naturellement protégé par ses volcans et barres rocheuses en dépit de toute modernité. Il se trouve que la culture la plus ancienne qui y soit reconnue est sabéenne, c’est à dire de l’antique Yémen, qui est le pays d’origine de la reine de Saba.

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Obélisques à Axoum.
Photo A. Erondel
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Obélisque à Axoum.
Photo A. Erondel

Il faut aller à Axoum pour s’en rendre compte. Les premiers rois d’Axoum étaient des Sabéens. Il n’y avait pas de frontières comme nous le concevons aujourd’hui. La reine de Saba n’est jamais venue en Éthiopie mais ses descendants en ont fait un royaume indépendant. Si la reine de Saba a voulu rencontrer Salomon, il lui a suffi de suivre la piste caravanière de la côte est de la mer Rouge. Il lui a certainement suffi de franchir tout simplement le Jourdain pour venir de chez elle (son royaume) pour rencontrer Salomon en bon voisinage. Les déserts de Jordanie et le site de Pétra conservent des traces importantes de cette culture sabéenne.

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Obélisque à Axoum.
Photo A. Erondel

Les stèles et obélisques d’Axoum révèlent bien la mentalité religieuse sabéenne, où l’on doit gravir des empilement d’appartements comme autant d’étages à gravir dans le ciel pour être plus proche de Dieu. A Pétra ce sont des terrasses qui surplombent les tombes qui ont cette fonction symbolique. Mais Saint Paul ne dit-il pas lui-même, comme les zoroastriens et les mithriaques, qu’il fut ravi jusqu’au septième ciel lors de sa conversion ? Quant à Mohamed, il fit la même expérience, guidé par Gabriel à partir du rocher de Jérusalem, et c’est parce qu’il a vu Dieu face à face au dernier étage du ciel que son visage est représenté voilé, car transfiguré comme le fut celui de Moïse au Sinaï… L’imaginaire des cultures religieuses est précieux, et fort respectable. C’est une bonne chose, dans cet ordre d’idées, que l’obélisque axoumite de Rome retrouve enfin sa place dans son humble pays d’origine.

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Érection à Axoum de l’obélisque que les Italiens avaient transporté à Rome.
Photo A. Erondel

[1] Les photos de ce reportage sont de M. et Me. Abel Erondel, Daniel Syren et Jacques Varoqui.

Publié le 15 mars 2009 par Jacques Varoqui