Vive Dieu !

A partir des textes du dimanche des Rameaux de l’année B, 5 avril 2009 :
1e lecture : Mc 11, 1-10 ;
2e lecture : Is 50, 4-7 ;
Évangile : Mc 14, 1-15, 47.

« Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni le Règne qui vient, celui de notre Père David. Hosanna au plus haut des cieux [1], s’exclame la foule au passage de Jésus.
L’événement que nous décrit l’évangile de saint Marc est grandiose. La mise en scène n’a rien à envier à l’enthousiasme qu’a suscité la visite de Barack Obama lors du sommet de l’OTAN à Strasbourg. Beaucoup se sont levés de bon matin et ont attendu des heures durant au soleil dans l’espoir de le voir passer. Les plus chanceux ont pu lui serrer la main. Tous étaient enthousiasmés par ce moment qu’ils qualifient d’historique. Cette attitude frisait une certaine hystérie générale. L’envie de voir un homme dont les médias parlent tant et qui suscite énormément d’espoir dans le monde.

Toute proportion gardée, dans un certain rapprochement, cet accueil fait au président américain peut nous permettre de mieux nous représenter l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem. « Beaucoup de gens étendirent sur le chemin leurs manteaux, d’autres, des feuillages coupés dans la campagne [2]. Qui est donc celui qui est acclamé avec autant de chaleur par la foule et qui suscite tant d’intérêt et d’enthousiasme ? Quel est cet homme dont le pouvoir charismatique est tel que personne ne peut rester insensible à sa rencontre ?
Il se pose vraisemblablement la question de l’identité de Jésus. Pour certains, c’est le fils du charpentier de Nazareth ; pour d’autres, c’est un habitant de Nazareth dont les parents, les frères et les sœurs sont connus. C’est plutôt un homme ordinaire. Mais de diverses manières, dans ses faits et gestes, Jésus laisse transparaître qui il est. Il guérit les malades, chasse les mauvais esprits, rend la vue aux aveugles, libère les opprimés et nourrit les affamés. Il se révèle dans toute sa magnificence à Pierre, Jacques et Jean lorsque son apparence devint tout autre. Il n’hésite pas à affirmer sa filiation divine dans les controverses qui l’opposent le plus souvent aux scribes et aux pharisiens.

L’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem consacre sa reconnaissance par la foule. Il est proclamé comme le fils de David. Ce titre messianique insiste sur la dignité de Jésus qui est inscrit dans la lignée du roi David. La figure de ce dernier demeure comme le type du messie qui doit naître de la race d’Israël [3]. « Derrière la figure du fils de David se profile donc le souci de la communauté judéo-chrétienne hellénistique de démontrer que Jésus est celui qui accomplit la promesse faite à David : que de sa descendance sortirait le messie [4] ». La foule voit donc en Jésus celui qui inaugure et réalise les temps du salut. C’est justement ce qu’elle énonce lorsqu’elle proclame : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni le Règne qui vient, celui de notre Père David [5].

Cette entrée solennelle de Jésus à Jérusalem constitue un long préambule à l’événement du salut dont les éléments seront déclinés tout au long de la semaine sainte : l’institution de l’eucharistie, la passion et la mort de Jésus, la résurrection du Christ. Avec Jésus, nous entreprenons un chemin qui nous mène des souffrances à la joie et de la mort à la vie. Rentrons dans cette dynamique pour nous réjouir avec le Seigneur en chantons notre joie : Hosanna au fils de David !

[1] Mc 11, 9b-10.

[2] Mc 11, 8.

[3] René MOTTE, « David », dans Xavier LEON-DUROUR, Vocabulaire de Théologie biblique, Paris, Cerf, 1966, col. 189.

[4] Michel DENEKEN, La foi pascale, Paris, Cerf, 2002, p. 180.

[5] Mc 11, 9b-10a.

Publié le 6 avril 2009 par Nestor Nongo Aziagbia