Vivre en témoins de la Vérité

7ième dimanche de Pâques
Textes : Ac 7, 55-60 ; Ap 22, 12-14.16-20 ; Jn 17, 20-26

Le parallélisme entre la mort d’Etienne et celle de Jésus est saisissant. Choisi avec six autres pour constituer le conseil des diacres, Etienne était d’office commis au service des tables au profit des veuves chez les Hellénistes. Il s’émancipa très tôt de son cahier de charge et entreprit d’annoncer la Bonne Nouvelle de la résurrection du Christ. Son témoignage devint dérangeant au point qu’il fut traduit devant le sanhédrin. Aussi bien les grands prêtres que le peuple, tout le monde s’est fermé à la vérité. Ils se sont injustement acharnés contre Etienne. Sur la base de fausses accusations, ce dernier fut condamné à mourir. Tel fut aussi le destin de Jésus entre les mains de ses ennemis.

L’enjeu qui se dégage du récit qui décrit de manière tragique la mort d’Etienne est celui de refus de la vérité. Alors qu’il révèle à ses détracteurs sa vision paradisiaque, « ceux qui étaient là se bouchèrent les oreilles et se mirent à pousser de grands cris ; tous à la fois, ils se précipitèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et commencèrent à lui jeter des pierres [1] ». Ils se sont véritablement obstinés dans leur refus. Disons qu’ils ont fait de la résistance à la vérité, préférant de loin se complaire dans le mensonge et la fausseté. Les adversaires d’Etienne confirmèrent par leur réaction les constats de celui-ci. Lors de son jugement, Etienne reprit l’histoire du peuple d’Israël depuis l’élection d’Abraham, tout en faisant ressortir la réticence du peuple à se soumettre à la volonté de Dieu : « Hommes à la tête dure, votre cœur et vos oreilles ne veulent pas connaître l’Alliance : depuis toujours vous résistez à l’Esprit Saint ; vous êtes bien comme vos pères ! Y a-t-il un prophète que vos pères n’aient pas persécuté ? Ils ont même fait mourir ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, celui-là que vous venez de livrer et de mettre à mort. Vous qui aviez reçu la loi communiquée par les anges, vous ne l’avez pas observée [2] ». Par sa verve et son franc-parler, Etienne s’inscrivit résolument dans la lignée des prophètes qui dénonçaient le faux en Israël.

Alors que le récit des Actes des Apôtres exalte la fidélité qui mena Etienne jusqu’à la mort pour sa foi en Christ, nous ne pouvons qu’admirer son courage et sa détermination. En ce sens, l’histoire d’Etienne confirme avec exactitude les propos que Jésus avait tenus aux Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres [3] ». Mais il convient de le rappeler : en christianisme, la vérité n’est pas un principe philosophique et abstrait. Elle est avant tout une personne. C’est Jésus Christ, auquel s’attachent les chrétiens. Le Christ montre aux hommes la voie vers la Vie. En marchant dans ses pas et en vivant selon ses conseils et commandements, les hommes atteindront le sommet de la perfection et de la liberté. Etre chrétien et vivre dans la vérité, c’est s’engager à la suite du Christ quels que soient les risques auxquels on peut s’exposer.

Le témoignage qu’Etienne donne au prix de sa vie trace la voie à ceux qui s’engagent à la suite du Christ. Le message qu’il nous lance se passe de tout commentaire : suivre le Christ est fondamentalement une question de choix. Saurions-nous sacrifier, comme Etienne, notre confort personnel pour répondre à son invitation et vivre en conformité avec notre conscience et notre foi en lui ?

[1] Ac 7, 57-58a.

[2] Ac 7, 51-53

[3] Jn 8, 31-32

Publié le 17 mai 2010 par Nestor Nongo Aziagbia