A la Grâce-Dieu : rencontre et partage avec les Travailleuses missionnaires

Parents et amis SMA de Franche-Comté, mais aussi d’Alsace, ont été les hôtes, mercredi 5 août 2015, des Travailleuses missionnaires de l’Immaculée dans l’ancienne abbaye de la Grâce-Dieu, dans le Doubs, pour leur rencontre annuelle qui sert en même temps de cadre à l’assemblée générale du Groupe d’amitié SMA de Franche-Comté [1]. Cette journée de fraternité et de partage a connu un beau succès de participation ; à l’instar de la journée de rencontre précédente [2], une centaine de parents et proches de missionnaires et autres amis laïques de la SMA avaient répondu à l’invitation.

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Abbaye de la Grâce-Dieu
Photo wikimedia

Une journée festive

La journée de retrouvailles a été introduite par une messe d’action de grâces en l’église de l’ancienne abbaye de la Grâce-Dieu, sur le ban communal de Chaux-lès-Passavant. L’architecture de ce lumineux sanctuaire, doté dans son vaste chœur d’une cinquantaine de loges en bois sculpté sur doubles rangées latérales étagées, se distingue par la diversité et le mariage de styles roman, néo-gothique et même mauresque !
L’eucharistie a été concélébrée par les Pères sma francs-comtois Jean-Marie Guillaume, Supérieur du district de Strasbourg, Jacques Noirot, officiant de la chapelle des Missions Africaines de Haguenau et engagé dans la pastorale de la communauté de paroisses St-Georges de Haguenau et St-Joseph de Marienthal, et Bernard Bardouillet, missionnaire à Sokodé au Togo et en congé cet été dans sa famille jurassienne.
Fondant son homélie sur les textes de la liturgie du jour, le Père Guillaume a invité l’assemblée à méditer sur la première lecture tirée du livre des Nombres, un des cinq livres du Pentateuque qui rapportent comment des tribus sémites dispersées au Proche-Orient sont devenues le peuple hébreu élu par Dieu pour devenir « témoin de l’existence et de la sollicitude de Dieu non seulement pour Israël, mais pour toute l’humanité ». « Ce sont des textes fondateurs (…) qui disent combien Dieu a conduit et aimé son peuple, combien aussi il conduit l’histoire humaine ». Ce peuple choisi se préparait à entrer dans la terre promise, mais Dieu ne put accepter son manque de confiance et le peuple continua d’errer dans le désert pour une plus grande purification.
Au-delà de cette lecture s’impose l’idée que « la terre est un don de Dieu, que tous les peuples ont droit à une terre, à une patrie, que la terre est donnée pour être partagée ». Dans son encyclique du 20 mai dernier, intitulée Laudato si’, le pape François développe cette notion [3] : lorsqu’il parle de la terre, il parle de « la sauvegarde de la maison commune ».

Des signes d’espérance sur notre route

Le prédicateur s’est également étendu sur le message que transmettait l’évangile dans lequel saint Matthieu raconte la rencontre de Jésus dans la région de Tyr et de Sidon avec une Cananéenne, donc une non-juive, une païenne, qui vient l’implorer de guérir sa fille tourmentée par un esprit impur. « Pour nous, missionnaires », a observé le Père Guillaume, « cette histoire est très significative, car elle montre que l’Évangile et son pouvoir de guérison ne sont pas seulement adressés au peuple de Dieu ou aux croyants de l’Église que nous sommes, mais aussi à ceux que nous appelions les païens, c’est-à-dire les non-chrétiens ». Jésus se laisse toucher par la foi de cette femme, par l’amour de cette mère pour sa fille malade, par sa force de persuasion : « Femme, lui répond-il, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu veux ! » Et de conclure : « Dans nos aventures missionnaires et nos vies de chrétiens, il nous est probablement arrivé de rencontrer des gens, qui ne sont pas membres de nos communautés chrétiennes, animés d’une telle foi. (…) Nous avons été touchés par la foi et la charité de telles personnes qui ont été pour nous comme autant de signes sur notre route. Tout cela est signe que Dieu est présent sur notre terre, signe d’espérance. »
Ce temps de ferveur et d’action de grâces [4], a également été un temps fort de souvenir et de recueillement pour les proches des participants et les missionnaires sma décédés durant l’année écoulée. En leur mémoire, plusieurs bougies ont été allumées et alignées sur l’autel par leurs parents ou confrères. A la fin de la célébration eucharistique, le Père Guillaume a invité l’assemblée à réciter une prière commune pour obtenir la glorification du fondateur de la SMA, Mgr Melchior de Marion Brésillac.

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Abbaye de la Grâce-Dieu
Photo mapio-cz

Au service des frères et sœurs dans le désespoir

La communauté locale des Travailleuses missionnaires, sous la direction de Régine, la Supérieure, compte actuellement une cinquantaine de membres, en grande majorité des femmes jeunes originaires d’Asie du Sud-Est (en particulier du Vietnam) mais aussi d’autres continents. Elles suivent là une formation de trois ans, après une initiation au Centre spirituel de Domrémy et avant une année terminale à Rome. Elles occupent l’abbaye de la Grâce-Dieu depuis 2008, après le départ des dernières moniales cisterciennes qui avaient réinvesti le lieu en 1929.
La Famille missionnaire Donum Dei, comme elle s’appelle actuellement, fonde une grande partie de sa spiritualité sur la vie et l’exemple de sainte Thérèse de Lisieux. Les Travailleuses missionnaires de l’Immaculée étaient à l’origine uniquement des jeunes filles qui offraient leur premier amour à Jésus. Leur fondateur, le Père Marcel Roussel-Galle [5], un apôtre des temps modernes, voulait qu’elles travaillent à redonner espoir aux hommes face aux misères engendrées par les ravages de la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, la communauté a des missions sur les cinq continents, qui regroupent des personnes de toute origine et condition. Ce ne sont pas des sœurs au sens canonique du terme. Elles ne prononcent pas de vœux, sinon celui d’être toujours et partout fidèles au Christ et à son enseignement qu’elles s’attachent à mettre en pratique au service des frères et sœurs dans le besoin, nécessiteux, malades, abandonnés, persécutés… Et c’est en particulier à partir de cet ancien monastère de la Grâce-Dieu que les Travailleuses missionnaires de l’Immaculée sont appelées à essaimer partout dans le monde.

Étienne WEIBEL

Un don généreux

Le 5 août, les Amis des Missions Africaines de Franche Comté se sont retrouvés à L’Abbaye de La Grâce Dieu, à Chaux-les-Passavant, dans le Doubs, pour leur rencontre annuelle. A cette occasion Mme Bucher a remis au Père Bernard Bardouillet et à Sœur Régine, Supérieure des Travailleuses Missionnaires, la collection de vêtements offerte par la Sté EVALINKA de Marseille. Le P. Bernard remettra ces vêtements à son retour au Togo au « Village Renaissance » de Sokodé.

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Remise de la collection de vêtements offerte par le Sté Evalinka
Photo Roby Bucher

Les Missions Africaines remercient de tout cœur la Sté Evalinka pour sa générosité.

Lilli BUCHER

[1] Le Groupe d’amitié SMA de Franche-Comté, qui compte une bonne trentaine de membres, a mis ce temps de partage à profit pour tenir son assemblée générale statutaire sous la présidence du Dr Michel Bourgeois et approuver notamment le procès-verbal de l’A.G. 2014 de la secrétaire Bernadette Bouhelier et le bilan comptable satisfaisant présenté par son trésorier Guy Billotte.

[2] Elle s’était tenue non loin de là, à Sancey-le-Long, le 6 août 2014. Voir Terre d’Afrique Messager, septembre 2014, p. 18.

[3] Le Pape François a ajouté deux prières à la fin de son encyclique Laudato si’ (Loué sois-tu). Le Père Guillaume a invité l’assistance à dire ensemble comme credo celle écrite pour la terre et que nous donnons dans ce numéro.

[4] La liturgie en avait été préparée avec soin par des membres du Groupe d’amitié SMA de Franche-Comté sous la direction du président Michel Bourgeois qui, avec son épouse Christiane, a animé la célébration en accompagnant de sa guitare l’assemblée dans les chants de circonstance.

[5] Le Père Marcel Roussel-Galle (1910-1984) était originaire du village des Fins, près de Morteau. Il fonda La Famille missionnaire Donum Dei en 1950.

Publié le 25 janvier 2016 par Étienne Weibel et Lilli Bucher