Aide alimentaire aux orphelins des familles victimes du virus Ebola

Au Liberia, District de Foya

Le Liberia a été fondé en 1821 comme « Colonie de Noirs libres » par la Société américaine de colonisation, sur un territoire déjà occupé par seize importants groupes ethniques ayant chacun leur langue. Trois navires, l’Élisabeth, l’USA Alligator et le Nautilus, accostèrent en Afrique de l’Ouest sur la Côte des Graines le 7 janvier 1822. Les premiers colons débarquèrent sur une petite île à l’embouchure de la rivière Mesurado. Ils la nommèrent l’Île de la Providence, et de là s’établirent progressivement sur le continent. Le 26 juillet 1847, des représentants des différents établissements d’émigrés, réunis en Assemblée Constituante, signèrent une Déclaration d’Indépendance, créant un pays libre et souverain, la première république noire indépendante en Afrique . La population aujourd’hui approche des 4 millions d’habitants.

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Orphelins du virus Ebola au Liberia.
Photo SMA

La Société des Missions Africaines y est présente depuis 1911. Plusieurs missionnaires alsaciens y ont passé une bonne partie de leur vie, dont Mgr Ogé, d’Ettendorf, préfet apostolique de 1911 à 1931. Une dizaine de membres sma avec plusieurs laïcs sma associés y sont actuellement présents, originaires du Pays de Galles, Liberia, Togo, Bénin, Nigeria. Le virus Ebola ne les a pas fait fuir du pays, au contraire ils ont tenu à rester présents et à soutenir la population comme ils le peuvent. Le plus jeune d’entre eux, qui était en congé, est revenu presque incognito dans le pays en décembre dernier. Parmi eux, le Père Éric Aka, 45 ans, originaire de Côte d’Ivoire. Il est là-bas depuis 2011, au nord du pays, dans le diocèse de Gbarnga, District de Foya, actif dans l’animation des communautés catholiques mais très impliqué aussi dans les œuvres de développement. Le District de Foya est situé dans la région de Lofa, l’une des 15 régions que compte le Liberia. Il est en bordure de la Guinée et de la Sierra Leone. Avant la crise de l’épidémie du virus Ebola, 40% de la population de la région de Lofa se trouvait dans le district de Foya. Elle est majoritairement formée de cultivateurs. La région était connue comme le « grenier de la nation ». En mai 2014, le virus Ebola a fait éruption dans le District de Foya et s’est répandu par la suite dans d’autres régions du Liberia. L’OMS, le 22 octobre dernier, recensait officiellement 9 936 cas, dont 4 877 décès, pour tout le pays, plus de 800 dans la région de Lofa.

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Orphelins du virus Ebola au Liberia.
Photo SMA

Grâce à l’effort conjoint de la communauté nationale et internationale, le taux de contamination est réduit à 1% dans le pays. À Foya, où Médecins Sans Frontière a installé son premier centre de traitement, on note zéro contamination depuis début novembre 2014. Toutefois, pour ne pas baisser de vigilance, les programmes de sensibilisation initiés par le gouvernement et des ONG continuent. Selon les statistiques données par l’ONG « Ebola Survivors INC », du 1er septembre au 23 octobre 2014 on a dénombré 567 orphelins dans le District de Foya, dont 373 ont moins de 10 ans. À cela s’ajoutent 27 veuves et 11 veufs. L’effort fourni par le Programme Mondial Alimentaire pour venir en aide aux victimes s’avère insuffisant. Le conseil pastoral de la communauté catholique de la paroisse St Jean-Marie Vianney a initié le projet d’appui alimentaire aux orphelins des familles victimes de l’épidémie Ebola dans le District de Foya. Il consiste à leur fournir le nécessaire pour l’alimentation de base de ces enfants jusqu’aux prochaines récoltes, étant donné que celles de cette année ne suffisent pas. Alors que cette région est le grenier à riz du Liberia, les cultures sont presque à l’arrêt, à l’image de l’économie de tout le pays, totalement paralysée par les effets de la contagion.

L’objectif du projet est de contribuer à nourrir 100 orphelins pendant 10 mois. Ce n’est pas ambitieux, mais réalisable et pratique. Le budget prévu est estimé à 10 000 €. Grâce aux dons de nos bienfaiteurs à l’occasion de Noël, nous avons pu envoyer d’urgence la moitié de la somme. Il a été facile de repérer ces 100 orphelins, mais il y en a beaucoup d’autres qui sont dans la nécessité. Le père Éric Aka, qui nous a communiqué ces informations, est chargé de superviser le projet. Il tient à rendre compte du déroulement du projet et du rapport final à tous les partenaires.

Publié le 8 avril 2015