Angola. Construisons notre Église.

L’Angola est un pays d’Afrique australe limitrophe du Congo-Kinshasa, du Congo-Brazzaville, de la Namibie et de la Zambie. Sa superficie de 1 246 700 km² le place au deuxième rang des pays lusophones après le Brésil, et le troisième par sa population évaluée à 25 789 024 habitants, après le Brésil et le Mozambique. Luanda en est la capitale politique et la ville principale [1].

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Séance de catéchèse à la paroisse Santa Isabel de Kicolo
Photo SMA Media Center

Après son indépendance en 1974, une guerre civile éclate dans le pays, conséquence des rivalités politiques en contestation du régime communiste et des luttes autour des ressources minières. Ce conflit, qui a duré 27 ans, a provoqué plus d’un million de morts et laissé des millions de mines anti-personnelles qui tuent encore aujourd’hui. Il est en grande partie la cause de l’insécurité que l’on peut observer, surtout en banlieue des grands centres urbains. Mais, depuis l’accord de paix signé en avril 2002, un sentiment national et un climat de paix ne cesse de se développer.

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Le P. Angelo Besenzoni, sma italien, curé de Santa Isabel de Kicolo
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La pénétration des missionnaires sma en Angola est à associer à l’arrivée des premiers Pères au Congo-Belge en 1952. La région de Kwilu-Kwango où s’installèrent les sma est proche de la frontière nord de l’Angola. Les missionnaires l’ont franchie à maintes reprises pour des raisons diverses, pastorales y comprises. Cependant, la SMA s’est implantée de façon formelle en Angola en 1999 avec un groupe de Pères italiens, Luigino Frattin, Renzo Adorni et Marco Prada, rejoints quelques années plus tard par un confrère belge, Christian van Bunnen. Depuis 2011, des confrères africains sont missionnaires en Angola ; ils sont aujourd’hui au nombre de cinq. Toutes nos missions sont situées dans le diocèse de Caxito, érigé en 2007, à Luanda. Trois paroisses sur les dix du diocèse sont confiées aux sma : Bom Pastor (Ceferino Cainelli, Jacques Alain Mahutin, Étienne N’guessan, Renzo Adorni) et Santa Isabel (Angelo Besenzoni, Félix Ongaka, Apollinaire Kakhanda, BK Chukubuikem) à Kicolo-Cacuaco, Nossa Senhora da Assunçao (Walter Maccalli). Neuf confrères sma travaillent en Angola.

Notre priorité pastorale est l’animation vocationnelle pour l’Église locale. Actuellement, le diocèse de Caxito, qui s’étend sur 18 916 km², ne compte que sept prêtres diocésains pour une population de 580 000 habitants, dont 48 % de catholiques. La SMA, en accord avec notre charisme de promotion du clergé local, a mis en place un programme d’accompagnement des jeunes dans leur discernement vocationnel. Nous encourageons ceux qui désirent devenir missionnaires avec nous. Ce qui fait que nous avons quatre séminaristes sma qui suivent leur formation au séminaire national.

En tant que sma, nous menons aussi un apostolat urbain qui fait face aux défis qu’engendrent les diverses formes de pauvreté en banlieues. Nous travaillons dans une région densément peuplée par des gens vivant dans des conditions de grande précarité. Les jeunes, en grande partie, n’ont pas d’accès facile à l’éducation ni à l’emploi. Beaucoup d’entre eux rejoignent des gangs de rue violents, ou s’adonnent à l’alcool et à la drogue, participant ainsi à entretenir le climat d’insécurité dans les quartiers. Récemment, à Santa Isabel, les confrères ont été réveillés par un groupe d’hommes armés infiltrés dans la concession de la mission. L’un d’eux, voulant dérober l’autoradio, a appuyé par mégarde sur le klaxon, donnant ainsi l’alerte générale. Ils ont réussi à s’enfuir, emportant avec eux le réfrigérateur d’une chambre située à l’extérieur du presbytère. Pour lutter contre ce genre de comportement, les Pères proposent aux jeunes un chemin de maturité humaine et chrétienne par la catéchèse. Des écoles primaires, secondaires et professionnelles sont construites. Et les statistiques sont explosives. En 2016, à Bom Pastor, 9 000 catéchumènes, 450 catéchistes et 8 000 élèves fréquentent les écoles de la paroisse.

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Les Pères Lionello Melchiori et Luigino Frattin au marché
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Les Pères travaillent également à promouvoir la solidarité et la réconciliation dans le peuple, en faisant des chrétiens des agents actifs du développement. La Caritas est présente aux côtés des plus pauvres, en particulier des malades ; les différents mouvements contribuent au mieux-vivre ensemble ; des centres de santé et des maternités sont créés et gérés par des religieuses qui participent à l’assainissement de l’environnement par des campagnes d’hygiène. Étant située sur une plaine, la zone absorbe difficilement l’eau de pluie qui endommage les routes et cause des dégâts dans les maisons d’habitation. La ville est toujours aux prises avec la tâche herculéenne de la collecte des ordures. Les gens ont à peine fini d’enterrer les victimes d’une épidémie de fièvre jaune et se sentent impuissants lorsque les nuages sombres se rassemblent annonçant la prochaine saison des pluies.

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Groupe d’enfants à la paroisse Bom Pastor de Kicolo (Angola)
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Enfin, il se déroule en Angola une mission d’itinérance et d’évangélisation en zones rurales par la visite des petites communautés chrétiennes. Le Père Walter Maccali, sma italien, travaille dans une région au nord du diocèse de Caxito, à Nossa Senhora da Assunçao. Il participe au redémarrage de l’Église dans un lieu qui porte encore les marques de la guerre civile et n’avait plus reçu la visite d’un prêtre depuis plusieurs décennies. Une vieille maison et un magasin ont été transformés en église et en presbytère. Walter étant lui-même charpentier, il a divisé la grande salle en chambres, aménagé la chapelle, installé un bureau et d’autres pièces. Avec lui, trois religieuses travaillent à fonder une maternité afin de limiter le taux élevé de mortalité lors des accouchements.

L’Angola est un pays en pleine reconstruction. Le champ de l’apostolat est vaste et les possibilités sont infinies. Les Missions Africaines participent, à leur manière, à la croissance du pays pour redonner à chaque citoyen une raison d’être heureux.

[1] Texte rédigé à partir des interviews des confrères travaillant en Angola.

Publié le 29 mars 2017 par André N’koy Odimba