Ascension et promesse

Jésus a bouclé la boucle, mais la route reste ouverte.

Il a terminé sa mission – il a accompli ce que le Père lui avait demandé : se faire homme pour ramener les hommes vers le Père, selon la promesse que Dieu a faite à son peuple pendant des siècles par les prophètes.

Jésus reste parmi nous
Jésus retourne donc vers celui qui l’a envoyé.
Mais, car il y a un mais, il ne laissera pas ceux qui l’ont suivi, sur les routes de Palestine et d’ailleurs, orphelins ou égarés dans un monde hostile.
Non ! Il leur promettra un guide nouveau, celui-là même qui l’a fait naître de la Vierge de Nazareth et qui l’a tiré du tombeau vide, après toutes les angoisses et les injustices de la Passion, et après la dégradation de la mort, nu sur une croix.

Désormais, on ne le verra plus. Mais là où deux ou trois seront réunis en son nom, il sera là… Oui, là où l’on donnera à manger à celui qui a faim, où on logera celui qui a été chassé de chez lui et qui est sans toit, il sera là, dans le pauvre et l’exclu.
On l’a crucifié hors de la ville parce que Jérusalem n’a pas su l’accueillir… Eh bien ! Il montera au ciel hors de la ville, à Béthanie, le village de ses amis, après un dernier repas. Ce n’est pas une raison pour aller en pèlerinage là-bas, puisqu’il est ici-même, avec nous, lorsque nous sommes réunis en son nom, dans la même foi en sa présence. L’esprit qu’il nous a promis ira encore plus loin : il a carrément fait de chacun de nous le temple de sa présence par la consécration baptismale ! La recherche des lieux « chauds » d’une apparition est donc terminée, ou devrait l’être, puisque Jésus est là lorsque nous sommes réunis en son nom.

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Cathédrale de Metz. Portail de la Vierge. L’Ascension.
Photo Marc Heilig

A nous de prendre le relais
Mais il faut toujours nous souvenir d’une chose. Il nous a ouvert et tracé une route, celle qui mène vers le Père. Elle était pleine d’obstacles, il a tout balayé. Désormais, si nous croyons en sa parole, nous ne pourrons plus nous égarer ni nous fourvoyer en chemin. Il suffit de le suivre vers son Royaume selon le code de la route de son évangile.
Toutefois, cela demande plus que de regarder le ciel ou de marteler des prières. Il faut agir et nous organiser, comme le dit Matthieu dans son évangile : « J’étais nu et vous m’avez vêtu, sans abri et vous m’avez hébergé, j’étais un étranger et vous m’avez aimé et accueilli… » C’est la seule route qui mène au ciel, il n’y en pas d’autre, et le pape François essaie de nous donner l’exemple en allant accueillir et saluer les handicapés, les malades, les victimes de la vie sur la place de Saint-Pierre.

La mission vers laquelle le maître nous envoie commence là, et nulle part ailleurs. Car il ne s’agit pas de construire un Royaume, ni même une Église, mais de suivre le maître dans la justice, en faisant du bien aux plus démunis. Pourtant, en avez-vous rencontré beaucoup cette semaine, des démunis ? Non ? Alors, il faut chercher à les rencontrer. Tant qu’on fuira les démunis, la route sera encore longue…

Publié le 26 août 2013 par Jean-Pierre Frey