Avec le premier « aujourd’hui » commence une nouvelle vie

31ème Dimanche du Temps ordinaire

Première lecture
Lecture du livre de la Sagesse
Dieu aime toutes ses créatures. (Sg 11, 23-26 ; 12, 1-2)

Seigneur, tu as pitié de tous les hommes, parce que tu peux tout. Tu fermes les yeux sur leurs péchés, pour qu’ils se convertissent.
Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres, car tu n’aurais pas créé un être en ayant de la haine envers lui.
Et comment aurait-il subsisté, si tu ne l’avais pas voulu ? Comment aurait-il conservé l’existence, si tu ne l’y avais pas appelé ?
Mais tu épargnes tous les êtres, parce qu’ils sont à toi, Maître qui aimes la vie, toi dont le souffle impérissable anime tous les êtres.
Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu, tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent, pour qu’ils se détournent du mal, et qu’ils puissent croire en toi, Seigneur.

Psaume
(Ps 144, 1-2, 8-9, 10-11, 13cd-14)

R/ La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant !

Je t’exalterai, mon Dieu, mon Roi,
je bénirai ton nom toujours et à jamais !
Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.

Le Seigneur est vrai en tout ce qu’il dit,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent,
il redresse tous les accablés.

Deuxième lecture
Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens
Préparer dans la paix la venue du Seigneur. (2Th 1, 11-12 ; 2, 1-2)

Frères,
nous prions continuellement pour vous, afin que notre Dieu vous trouve dignes de l’appel qu’il vous a adressé ; par sa puissance, qu’il vous donne d’accomplir tout le bien que vous désirez, et qu’il rende active votre foi. Ainsi, notre Seigneur Jésus aura sa gloire en vous, et vous en lui ; voilà ce que nous réserve la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus Christ.

Frères, nous voulons vous demander une chose, au sujet de la venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui : si l’on nous attribue une révélation, une parole ou une lettre prétendant que le jour du Seigneur est arrivé, n’allez pas aussitôt perdre la tête, ne vous laissez pas effrayer.

Evangile
Évangile selon Saint Luc
Zachée : la conversion d’un riche. (Lc 19, 1-10)

Jésus traversait la ville de Jéricho.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il n’y arrivait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là.
Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l’interpella : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Vite, il descendit, et reçut Jésus avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un pécheur. »

Mais Zachée, s’avançant, dit au Seigneur : « Voilà, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. » Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Textes liturgiques © AELF
AELF

Homélie
Avec le premier « aujourd’hui » commence une nouvelle vie
Jésus était bien un homme de chair comme chacun d’entre nous, avec toutes les faiblesses humaines, sauf le péché. Il avait donc des copains comme tout le monde. Et ses copains étaient les publicains, encore appelés pécheurs publics, et voleurs naturellement. Cela ne veut pas dire qu’il ne fréquentait pas les pharisiens. Mais ses repas avec ceux-ci tournaient à la controverse, alors que ceux avec les publicains produisaient un partage comme dans l’évangile de ce jour.

Il va, Zachée, il court, il vient, il grimpe… un notable, riche en plus, qui va, court, vient, grimpe… ça ne se voit pas tous les jours. Mais il n’en a cure !
Et Jésus passe et le regarde. Un regard qui appelle. Le même regard qui a appelé les quatre pêcheurs au bord du lac, et Matthieu dans sa cambuse de douanier, et beaucoup d’autres… Aujourd’hui, il faut que je vienne chez toi.

En hâte et sans gêne une fois encore, Zachée descend avec empressement pour accueillir le Messie dans sa maison : il s’est laissé interpeler « aujourd’hui ». On appelle encore cela l’urgence du Royaume, ou de la venue de Dieu qui s’invite. C’est ainsi depuis la Genèse qui nous dit : Il y eut un soir et il y eut un matin. C’était le premier « aujourd’hui ». C’était à l’origine de la création.

Et « aujourd’hui », pour Zachée, c’est l’origine d’une nouvelle vie, d’un nouveau départ, d’un nouveau monde fait d’hospitalité et de partage… Tout à coup, cette histoire devient sublime. Une histoire de conversion, de retournement et de dépouillement. Le voleur est devenu un mécène bienfaiteur. Un vrai disciple, en un mot. C’est la rupture avec son passé, sa richesse, son rang et c’est le partage de sa fortune.

Un beau parcours et un bel exemple. Zachée rompt avec son passé, il partage sa fortune, il devient simple disciple. Et il entre dans le Royaume. C’est un parcours qui nous est proposé à tous. A chacun d’y apporter les ajustements qui conviennent. Tout le reste est littérature ou prière.

Une prière :
Merci pour Zachée
Nous te louons, Père très bon,
pour l’univers façonné par ta Parole.
Il y eut un soir et il y eut un matin,
et ce fut le premier « aujourd’hui ».

Nous te louons, Père très bon
pour l’humanité créé par ta Sagesse.
Nous te louons, Père très saint,
d’avoir choisi des prophètes
qui ont porté ta Parole qui guide nos pas
et soutient notre fidélité à te suivre.

Nous te remercions, Père très bon,
d’avoir fait de ta Parole, Jésus,
un être de chair comme nous.
Nous te remercions, Père très bon
d’avoir ainsi donné à ta Parole
un cœur, des mains et des pieds,
pour être la Bonne Nouvelle qui nous interpelle
et nous accompagne
sur la route du quotidien
Comme Zachée le publicain
chez qui le salut est entré
aujourd’hui.

Publié le 1er novembre 2013 par Jean-Pierre Frey