Célébration tamoule à Strasbourg

Retour sur les pas de Brésillac en Inde

Après la célébration d’entrée, le 2 décembre 2013 à Saint-Pierre, dans l’année du bicentenaire de la naissance de Melchior de Marion Brésillac, c’est la communauté tamoule chrétienne d’Alsace qui invitait ses membres et les amis alsaciens de la Société des Missions Africaines à retourner sur les pas du fondateur de la SMA dans l’État indien du Tamil Nadu au cours d’une journée festive, dimanche 4 mai 2014, à l’église et au foyer Saint-Antoine de Strasbourg-Cronenbourg.

Les Tamouls d’Alsace se répartissent en trois grandes communautés fortes d’environ 500 familles au total. La plus importante, celle de Strasbourg, en compte 350, dont 150 catholiques et 200 hindoues ; celle de Mulhouse en rassemble 120, dont 70 catholiques et 50 hindoues, et celle de Colmar 32, dont 25 catholiques et 7 hindoues.

Pour marquer le bicentenaire de la naissance du fondateur de la SMA, l’aumônerie tamoule catholique d’Alsace, animée par le Père sma indien Francis Kalan, avait proposé de réunir la communauté tamoule de Strasbourg et les amis des Missions Africaines pour une célébration eucharistique essentiellement en langue tamoule et selon les rites indiens.

Les amis alsaciens présents ont été d’emblée agréablement surpris par la belle décoration de l’autel et du chœur. Sur les marches de l’autel trônait la Sainte Vierge, avec une longue traînée blanche et, à ses pieds, un arc de bougies et un bouquet de tulipes blanches. Devant l’autel, derrière un kollam dessiné au sol avec art et adresse par une femme tamoule avec de la poudre de riz, se dressait un chandelier dont les lumières ont été allumées par les prêtres célébrants et des laïcs. Sur un présentoir à côté du cierge pascal était exposé un portrait de Melchior de Marion Brésillac.

L’exemple du fondateur
La célébration eucharistique présidée par le Père Jean-Marie Guillaume, Supérieur du District sma de Strasbourg, a été introduite par une procession aux bougies de deux enfants et deux adultes tamouls vers l’autel. Elle a été animée par une chorale mixte de la communauté tamoule de Strasbourg, dont les chants étaient accompagnés à l’harmonium mais aussi rythmés par des instruments à percussion traditionnels indiens tels que le tabla [1]) et le taalam.
« Dieu est ressuscité, nous en avons été témoins. Il nous a donné l’Esprit Saint » : c’est sur la base de ce témoignage des disciples d’Emmaüs rapporté par l’évangile du jour que le Père Guillaume a évoqué « la mission évangélisatrice » de Brésillac durant douze ans au Tamil Nadu où il a été « proche des gens, soucieux de l’éducation des jeunes et des enfants ». Brésillac a œuvré à Salem, à Pondichéry et à Coïmbatore comme vicaire épiscopal, puis comme évêque. « En 1984, la Société des Missions Africaines est retournée en Inde sur les pas de son fondateur pour y ouvrir des maisons de formation missionnaire. Aujourd’hui, 41 prêtres tamouls font partie de la SMA. » Donnant le cheminement missionnaire de Brésillac en exemple, le prédicateur a conclu : « Le cheminement de la vie chrétienne nous est tracé dans l’évangile d’aujourd’hui, celui des disciples d’Emmaüs à qui Dieu a donné l’Esprit Saint pour suivre les pas du Christ. »

Rites et repas tamouls
A l’offertoire, des jeunes tamouls ont apporté en offrande à l’autel les fruits de la terre (agrumes, pain, fleurs, encens) et trois jeunes filles ont à leur tour, dans un rituel dansé, offert fleurs, encens et lumière. Les fruits sont le don et la richesse de la terre ; les fleurs représentent la beauté et sont offertes pour obtenir de la déesse hindoue Lakshmi toutes grâces et richesse ; enfin, l’encens est le symbole de l’immortalité.
Pour clore la célébration, toute l’assemblée a été invitée à réciter la prière pour l’obtention de la glorification de Melchior de Marion-Brésillac.
Tamouls et amis alsaciens des Missions Africaines se sont retrouvés après la célébration dans le foyer paroissial, au sous-sol de l’église St-Antoine, pour un riche et succulent repas indien agrémenté de chants et de danses tamouls qui ont ravi l’assemblée.

[1] Une sorte de timbale.

Publié le 31 mars 2015 par Etienne Weibel