Communautés tamoules dans le diocèse de Strasbourg

Les Tamouls du diocèse de Strasbourg, dispersés dans différentes paroisses, se réunissent au sein de trois communautés chrétiennes pour lire la Parole de Dieu et y réfléchir. Ils se soutiennent mutuellement comme le faisaient les premiers chrétiens des Actes des Apôtres [1].

JPEG - 138.2 ko
Communauté tamoule de Strasbourg : offertoire de la messe
Photo Pakiadhasse Fleurentin

Les membres de la communauté tamoule de Strasbourg sont originaires du Tamil Nadu et du Sri Lanka. Bien que de traditions diverses, ils ont des célébrations liturgiques dans leur propre langue. Certains maîtrisent bien le français, d’autres ont encore des difficultés. Les parents tiennent à donner à leurs enfants de bonnes notions de la culture tamoule. Nous prions à Saint-Antoine de Cronenbourg et nous réunissons pour les événements importants de la vie personnelle et familiale.

JPEG - 105.7 ko
La communauté tamoule de Colmar
Photo Pakiadhasse Fleurentin

A Colmar, les Tamouls, qui viennent de l’Inde du Sud, prient à l’église Saint-Paul, qu’ils partagent avec d’autres communautés, française, vietnamienne ou africaine. En janvier, ils ont remercié Dieu lors de la célébration du Pongal. Cette fête agricole nous rappelle que tout vient de Dieu, que nous devons lui en être reconnaissants et rester proches de la nature. En Inde, les villages organisent des courses de vaches pour cette fête que viennent agrémenter la canne à sucre et le curcuma. S’il n’est guère possible de transposer cela en France, les Tamouls ont néanmoins conservé les kôlams, ces jolis motifs que l’on réalise avec des poudres colorées.

JPEG - 49.4 ko
Oli Vizha, la fête des enfants, à Mulhouse
Photo Pakiadhasse Fleurentin

Les Tamouls de Mulhouse sont principalement des Sri Lankais qui ont fui leur pays à cause de la guerre civile. Ils ont connu des expériences difficiles et traumatisantes, mais ils font tout leur possible pour s’adapter à leur pays d’adoption et pour que leurs enfants y trouvent une vie meilleure.

Il faut aussi mentionner la présence de nos frères hindous. Un lien très fort les rapproche des chrétiens et, bien qu’ils soient en France, ils célèbrent les fêtes nationales et religieuses indiennes.

JPEG - 179.2 ko
Le P. Gérard Forst (à dr.) et M. Xavier
Photo Pakiadhasse Fleurentin

C’est le Père rédemptoriste Gérard Forst qui, à partir de 1970, a entrepris de réunir les Tamouls d’Alsace. Ils ont pu grâce à lui prier et célébrer la messe dans leur langue maternelle. Il a beaucoup fait pour obtenir les documents officiels nécessaires aux ressortissants du Sri Lanka. La communauté de Strasbourg a même eu le privilège de la visite de Mgr Casimir Gnanadhicam S J, Archevêque de Madras-Mylapore.
Au début, des prêtres tamouls qui étudiaient la théologie en Allemagne et à Paris ont été invités en Alsace pour célébrer en tamoul. Le Père capucin Anthony Dhass a ensuite assuré la permanence à Strasbourg durant cinq ans ; en compagnie du P. Frost, il a partagé beaucoup de choses avec les Tamouls d’Alsace. J’ai quant à moi la joie de les accompagner depuis septembre 2011.

Nous entretenons avec les paroisses qui nous accueillent des relations très sympathiques. Le programme de l’année est fixé avec le conseil pastoral et nous travaillons avec les prêtres pour accompagner nos membres le mieux possible. Les Maristes, en particulier, sont fort proches de notre communauté : ils visitent les familles tamoules de Mulhouse et nous aident pour les célébrations. Baptêmes et mariages sont célébrés à la mode indienne. Nous avons déjà eu le plaisir de consacrer plusieurs mariages entre Indiens et Français.

JPEG - 76.7 ko
La fête de N.-D. de Véilankanni à Colmar
Photo Pakiadhasse Fleurentin

Parmi les événements qui nous réunissent, le pèlerinage de Marienthal, le 15 août, tient une place de premier plan. Nous nous joignons à la communauté alsacienne pour la messe et les célébrations qui ont lieu tout au long de la journée. En même temps, nous fêtons l’indépendance de l’Inde. Chaque famille apporte quelque chose pour le repas que nous partageons tous ensemble.
Les Tamouls ont une grande dévotion pour Marie, en particulier en tant que Mère de la Bonne Santé de Véilankanni. Nous la vénérons en septembre à Strasbourg et à Colmar. La communauté de Mulhouse a une fête équivalente avec la Vierge de Madu Madhu [2], qu’elle célèbre avec faste en invitant les Tamouls d’Alsace et de Suisse.
Après Noël, Strasbourg et Mulhouse fêtent Oli Vizha, la Fête des Lumières. Chants, danses et pièces de théâtre révèlent le talent des participants. Les programmes sont meilleurs que ceux de Bollywood !
Des retraites sont organisées pendant le Carême et pour Pâques. Cette année, celle des adultes a été prêchée en tamoul par le P. David Michael, du diocèse de Kottar en Inde du Sud. Le P. Marcel Schneider, des Missions Africaines, s’est adressé aux jeunes en français. Il avait pris pour thème la spiritualité indienne et sa connaissance de l’Inde a surpris les participants.
Nous nous associons aux autres communautés pour la Fête du Peuple. Les costumes et les saris chamarrés, la musique indienne et les mets épicés donnent une touche joyeuse à ce moment de fraternité.

L’Inde a reçu la Bonne Nouvelle de saint Thomas, de saint François Xavier et des missionnaires européens. Les Tamouls de France gardent un lien étroit avec leurs familles en Inde et au Sri Lanka. Il n’est certes pas facile d’y être chrétien aujourd’hui, mais nous sommes appelés partout où nous sommes à partager la joie, l’amour et la paix, comme Jésus l’a fait avec nous.

[1] Cf Ac. 2, 42 et suiv : Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières…

[2] Dans le diocèse de Mannar, au Sri Lanka, l’église de Madhu est aussi célèbre que N.-D. de Lourdes ou N.-D. de Velankanni. Elle est fréquentée par les chrétiens, mais aussi par les hindous.

Publié le 5 septembre 2012 par Francis Kalan Madhan