Conseil Plénier à Chaponost

Le Conseil Plénier annuel a eu lieu du 2 au 11 juin 2015 aux Missions Africaines de Chaponost, lieu idéal, dans un cadre reposant de verdure, pour penser et échanger ! Nous étions 19 participants : les membres du Conseil Général, les responsables des provinces, districts et districts-en-formation et deux supérieurs régionaux. Le supérieur du district de la Baie du Bénin, n’ayant pu obtenir son visa, n’est pas venu, et le supérieur régional de l’Afrique du Sud, délégué par les supérieurs régionaux comprenant le district-en-formation des Grands Lacs, n’est jamais arrivé.

À ces membres de droit se sont joints les trois membres du Media Center, André N’Koy, Joseph Guvvala et Gérard Sagnol, pour la technique informatique et la traduction lors des assemblées plénières. Suite à l’Assemblée Générale 2013 et aux précédents conseils pléniers, le déroulement de ce conseil se faisait « sans papier », les communications ayant lieu à partir d’un serveur sur des écrans disposés dans les salles de réunion et accessibles sur les ordinateurs privés… Vue la faiblesse locale du réseau pour un nombre trop grand de consommateurs, les échanges étaient parfois fluctuants ou non existants, ce qui a permis d’apprécier la patience des participants et des trois spécialistes s’essayant à raffiner la technique.

Mot d’ouverture du supérieur général :
contexte global du Conseil Plénier

« Depuis que nous nous sommes réunis à Rome il y a un an, notre monde, comme toujours, a connu de nombreuses joies et peines. La plus grande joie, c’est le leadership extraordinaire du Pape François. Il ne se passe aucune semaine sans qu’il ne nous surprenne avec une nouvelle vision et un nouveau défi. Il continue de défier toute l’Église pour qu’elle sorte d’elle-même et évangélise le monde, non par prosélytisme mais par souci de témoignage… Le Pape François a apporté une nouvelle actualité, une nouvelle passion et, je dirais, une nouvelle authenticité à cette mission. Le monde et l’Église aiment le Pape François parce qu’il est un témoin… Il a une passion pour les pauvres, les immigrés, les oubliés, et les « marginalisés ». Il a une passion pour les gens en périphérie, sur les franges et aux frontières de la vie…

Le monde de notre mission a été spécialement nourri durant la dernière année par des phénomènes différents.
Les peines
1 - La poursuite des violences subies par les fidèles chrétiens venant des fondamentalistes islamiques qui semblent devenir plus barbares de jour en jour. En effet, on entend ces derniers temps qu’en Inde le rejet de tout ce qui n’est pas pur hindouisme pousse à la fois de plus en plus les communautés chrétiennes et musulmanes aux périphéries et déstabilise leur vécu quotidien et surtout leur liberté de culte. Nous avons assisté à l’horrible violence et à la destruction totale des biens de l’Église au Niger. Face à de telles attaques, le dialogue semble plus difficile. Et pourtant, nous savons que la vengeance, si notre nature humaine peut nous tenter d’aller vers elle, n’est jamais la réponse. Les efforts de dialogue - en particulier le dialogue de la vie – sont le seul espoir pour une coexistence pacifique. Nous pouvons être fiers de nos nombreux missionnaires qui pratiquent un tel dialogue de la vie sur une base quotidienne. Et nous devons améliorer nos efforts de dialogue au niveau institutionnel.
2 - La pandémie du virus Ebola, qui a frappé en particulier les pays du Liberia, de la Sierra Leone et de la Guinée. Nous remercions Dieu que tous nos membres aient survécu et nous sympathisons avec les familles de tous ceux qui ont perdu des êtres chers… Nous pouvons être fiers aussi de l’excellent travail accompli par nos missionnaires sma au Liberia et en Sierra Leone au cœur de cette crise. Ils ont fait face à la situation avec prudence, sans jamais se dérober à la tâche risquée de fournir du secours à ceux qui en avaient besoin…
3 - L’insécurité personnelle demeure dans nos territoires de mission. Le récent enlèvement dans le Vicariat de Kontagora, au Nigeria, du Père Billy Sheridan est juste un exemple parmi tant d’autres. Nous remercions Dieu pour sa libération et son retour en toute sécurité dans sa paroisse. De nombreuses leçons, et non des moindres, peuvent être tirées de cette expérience, à savoir l’importance de renforcer les méthodes de sécurité et la reconnaissance des rôles clefs qui doivent être joués par les dirigeants de l’Église locale et par le personnel de l’ambassade du pays d’origine.

Les joies
À coté des histoires douloureuses, il y a eu beaucoup d’histoires joyeuses et de bonheur. La plupart de ces dernières sont peu remarquées par le grand public. Un événement dont nous nous réjouissions fut l’ordination du Père François Gnonhossou comme évêque de Dassa Zoumè au Bénin.
Une autre joie évidente est que nous aurons vingt-cinq ordinations sacerdotales et dix-huit serments permanents et ordinations diaconales cette année. Nous rendons grâce à Dieu pour cela et reconnaissons le bon travail accompli par nos formateurs.

Les visites br>Les membres du Conseil Général ont fait plusieurs visites dans les entités et les régions au cours de la dernière année. J’en fais une synthèse en me basant sur la réflexion du Conseil Général :

- d’une part la tension, pour les nouvelles entités qui veulent établir une structure administrative solide visant à l’autosuffisance et, d’autre part, placer les membres dans les zones de première évangélisation ;
- d’une part la tension entre une détermination à rechercher de nombreuses vocations au sacerdoce à la SMA et, d’autre part, la nécessité de mettre sur pied un solide discernement afin que la qualité prime sur la quantité ;
- d’une part la tension entre le désir de chaque District-en-formation de nommer le personnel où les membres peuvent apporter leur meilleure contribution… et, d’autre part, la volonté du Conseil Général de voir respectées les priorités de la mission, en assumant le mandat donné à l’AG 2013 de coordonner l’ensemble de la Société ;
- d’une part la tension entre accepter les demandes de retour dans les diocèses où la SMA a eu une longue tradition et où les ressources locales peuvent être suffisantes mais où les besoins de la « mission » ne sont plus très évidents et, d’autre part, aller aux périphéries, ce qui va inévitablement occasionner un fardeau financier ;
- d’une part la tension, entre l’exercice de la compassion et de la patience envers les membres peinant à accepter une affectation et, d’autre part exiger qu’ils répondent dans un esprit d’obéissance ;
- d’une part la tension, dans certaines entités plus anciennes, de garder vivante la présence de la SMA dans les pays qui ont eu une longue présence SMA et, d’autre part, le fait d’être réaliste en choisissant des supérieurs qui peuvent faire avancer la vision de la SMA même si l’entité elle-même est en quelque sorte reconfigurée… »

[1] Voir G. Babinet, Mgr Paul Pellet (1858-1914), une vie au service de l’Afrique, éd. Bellier, Lyon, 2009, p 139.

Publié le 5 février 2016 par Jean-Marie Guillaume