D’aventure en aventure avec Dieu !

La vie est comme une aventure qui mène les hommes de découverte en découverte. L’idée même d’aventure suppose l’acceptation de partir de chez soi, de se mettre en route, de quitter ce qui constitue sa sécurité pour un hypothétique avenir. En ce sens, l’aventure renvoie plutôt à une prise de risques inconsidérés.

C’est en ce sens que le langage populaire en Afrique considère l’aventurier comme un inconscient qui ne mesure pas toujours les conséquences de ses actes, quelqu’un en qui on ne peut entièrement mettre sa confiance.

Au-delà de ces précautions qui relèvent du bon sens, on ne peut ne pas ignorer le caractère explorateur de l’aventure et les avancées qu’elle apporte à l’humanité. Les domaines sont divers et variés. L’aventure contribue de manière non négligeable à la connaissance humaine. Elle se présente d’ailleurs comme une grande passion qui pousse l’homme à aller au terme de ses projets, en dépit des obstacles et des difficultés qui en empêchent parfois la pleine réalisation.

On ne peut pas s’empêcher de penser aux grandes explorations des siècles passés et à toutes les découvertes qui ont suivi. On peut aujourd’hui regretter certaines idéologies qui ont abouti à l’exploitation des Noirs et des Indiens et qui ont terni par ailleurs ce grand élan d’humanisme. En dépit de ces options qui constituent autant d’échecs et d’erreurs, la roue de l’histoire continue à aller de l’avant. L’homme se projette de plus en plus loin dans le temps, dans l’espace et même dans les profondeurs des mers. Dans cette perspective, l’aventure suscite une immense excitation.
Telle est l’épopée dans laquelle nous emportent des mages venus d’Orient. Ces sages ont en effet vu se lever l’astre du roi des Juifs qui venait de naître et ils sont venus lui rendre hommage. L’aventure les a inéluctablement conduits aux pieds de l’Enfant de la crèche et à la rencontre de Dieu qui a pris chair de notre chair. Ce qui est donc caractéristique de cette aventure, c’est l’établissement d’une alliance nouvelle étendue à toute l’humanité, dans laquelle Dieu se manifeste en son amour.

L’essentiel dans cette aventure qui met l’homme en route c’est l’invitation à établir des relations, à s’ouvrir à l’accueil de l’autre, en un mot à constituer une vraie fraternité. Au-delà des spécificités de chacun et de ses différences constitutives, la fraternité rapproche les hommes et elle renforce les liens qui les unissent. C’est en cela qu’on peut dire qu’elle établit des ponts dans les relations humaines : « Bâtir des ponts est une expression qui traduit parfaitement le désir d’entrer en relation, la volonté d’aller sur le territoire de quelqu’un d’autre, le bonheur d’établir la jonction entre deux rives. Le pont symbolise, avec un brin d’idéalisme, la relation, la communication facilitée, les événements qui rapprochent et unissent les hommes [1]. »

L’aventure à laquelle nous sommes aujourd’hui associés est celle de bâtir non seulement des ponts, mais aussi de manifester le visage de Dieu aux hommes. Etre le reflet de l’amour de Dieu, telle est notre vocation. Cette mission est exigeante. Entretenons-nous des doutes quant à notre capacité de réussite ? Point n’est besoin de paniquer et de désespérer. Jésus nous précède sur les chemins de la vie et il nous rassure. En toute confiance et dans la joie en ce Dieu qui se révèle au monde, marchons dans sa lumière.

[1] Hubert Herbreteau, La fraternité : entre utopie et réalité, Paris, Les Editions de l’Atelier, 2009, p. 47.

Publié le 24 mars 2011 par Nestor Nongo Aziagbia