De Kolowaré (Togo)

Moni moni moni : joie et partage
Je suis assis sous la véranda de la boutique de Lintam, dans le cœur du village de Kotokoli. C’est un petit magasin où l’on vend des produits de première nécessité ; on y recharge aussi les cellulaires. A Kolowaré, nous avons deux gestionnaires : Togocel et Moov. Avant, j’allais a Sokodé pour recharger, ou bien j’achetais des cartes. Maintenant, je préfère venir ici. Façon de laisser quelques sous à Kolowaré.

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Le Père Silvano Galli

Aujourd’hui, je dois recharger Moov. Habituellement, Agoro, un des fils du propriétaire, le fait immédiatement et sans problèmes. Mais il se rend compte qu’il ne dispose plus de crédits. Il envoye un message à Moov de Sokodé. Et voilà ! Ils ne veulent pas envoyer le crédit avant d’être payés. Alors il attend. Et moi aussi, j’attends, assis sous la véranda.

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Enfants de Kolowaré
Photo Silvano Galli

Autour de moi se forme une troupe d’enfants dirigée par Maradja. Ils m’entourent, me bousculent, me serrent, me caressent les bras, l’un d’eux s’est assis sur mes genoux… Ils crient : Bonbon, bonbon, bonbon… Bonbon fèy. Je leurs réponds : Pas de bonbons ! Mais je fouille dans mes poches et j’en trouve un. Ils se le partagent en quatre petits morceaux. Je prends quelques photos. Alors un grand cri : Moni moni moni. C’est-à-dire : Moi aussi, moi aussi, moi aussi. Tout le monde veut être photographié !

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Enfants de Kolowaré
Photo Silvano Galli

Les voici sur cette page, ces enfants. Ils sont tous musulmans et font partie de tous les autres enfants du monde. Regardez leurs visages, leurs sourires, leur amour de la vie, leur enthousiasme. Comment puis-je alors partager ce qu’on a écrit sur le Togo ces derniers temps, que c’est le pays le plus triste du monde ? Quels que soient ton travail, ta situation ou les circonstances de ta vie, ne fais qu’une seule chose : aime ! L’amour transforme le petit morceau de terre qui t’a été confié en un environnement de justice et de paix.

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Enfants de Kolowaré
Photo Silvano Galli

Pélé Enfants 2016 : dans les fermes de Sazirè
Comme tous les samedis à six heures, je célèbre la messe pour les malades, les grands handicapés et mutilés, dans leur chapelle, au cœur du village. Au retour à la mission, je trouve plusieurs enfants devant la grotte. Aujourd’hui, c’est leur fête, leur Pélé. Peu à peu, d’autres arrivent. Ils sont environ 70, accompagnés par le catéchiste Sylvain, sœur Catherine et d’autres. Catherine, très prévoyante, porte à la mission des assiettes, une glacière, des gobelets, un haut parleur mobile... Nous nous regroupons tous devant la grotte pour une prière. Nous demandons à Marie de nous accompagner, d’être à nos côtés. Vers 8h arrivent Iroko et Gaulé, les responsables de l’entreprise qui a fait le forage à Sazirè. On charge la camionnette tout-terrain et on s’en va. Ces temps-ci, il y a eu beaucoup de feux de brousse et la piste est nettoyée et dégagée. Nous devons parcourir une vingtaine de km. Une douzaine sur le goudron, et le reste par la piste.

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Devant la grotte
Photo Silvano Galli

Vers 9h nous sommes devant l’église à Sazirè, un groupe de fermes de Kolowaré éparpillées dans la brousse. Des adultes et des enfants sont là à nous attendre. Avec eux le catéchiste Simon Pierre. Après quelque moment voilà au loin le groupe d’Atchibodow. Vers 9h 30 on entend au loin des chants. C’est Kolowaré qui arrive. Ils s’arrêtent à l’entrée du village sous de petits arbres pour une dizaine de chapelet. Après, ils font leur entrée solennelle en chantant. Voilà les retrouvailles, et la fête commence ! Nous nous déplaçons tous vers le nouveau forage. Tous veulent en boire l’eau fraîche, claire, propre, pure. On se regroupe autour du point d’eau : on pompe, on pompe, l’eau coule, on remplit une grande marmite. Il y en a pour tout le monde !

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Le forage de Sazirè
Photo Silvano Galli

Nous commençons la messe. Ils l’avaient prévue à la chapelle, mais celle-ci ne pouvait pas contenir tout le monde. Nous nous mettons sous les arbres, tout près du point d’eau. L’endroit est frais et assez grand. Il y a place pour tous.

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La messe du pèlerinage
Photo Silvano Galli

J’avais demandé aux animateurs de faire réagir les enfants sur les paraboles de la miséricorde de l’évangile de Luc, surtout celle du berger qui va à la recherche de la brebis perdue. Mais ils ont préféré chanter et prier. Je reprends la parabole à l’homélie et leur demande si l’on peut se perdre en brousse, s’il est prudent d’y aller la nuit sans une lampe. Puis je leur pose une question : Quelle est notre lampe, pour nous les chrétiens, qui nous aide à voir la route et à ne pas nous perdre ? Jésus, crie un enfant, l’Esprit Saint dit un autre… L’amour, suggère Gaulé, c’est lui qui nous tient unis et nous empêche de nous perdre en route. Et enfin, j’entends au loin : la Parole de Dieu. Alors je fais répéter à tous : Ta Parole, Seigneur, est la lumière de mes pas, la lampe de ma route. Une parole à apprendre par cœur... et à ruminer !

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Partage du repas
Photo Silvano Galli
Publié le 1er juin 2016 par Silvano Galli