Digne fête des jubilaires à Saint-Pierre

Empreinte cette année d’une certaine dignité et solennité, avec la présence du vicaire général de la SMA, la fête des jubilaires a réuni la grande famille des Pères, Frères et amis des Missions Africaines du district de Strasbourg le vendredi, 8 juillet 2016. La belle célébration eucharistique à la maison de Saint-Pierre fut suivie d’un repas en toute convivialité.

La rencontre a commencé par un temps d’informations, avec notamment des échos rapportés par le Père Justin Kette [1] du récent Conseil plénier qui s’est tenu du 30 mai au 11 juin dernier dans la capitale ghanéenne, Accra. La messe d’action de grâces, dans la grande chapelle, a été présidée ensuite par le Père Louis Kuntz, qui comptait parmi les jubilaires. Voici de larges extraits de son mot d’introduction.

Pourquoi célébrer les Jubilés ?

« Pour être sincère, je dois vous dire que je n’aime pas du tout célébrer des jubilés et des anniversaires... Car ça vous donne un sacré coup de vieux (même si on se fait couper les cheveux pour que cela ne se remarque pas trop). C’est toujours revenir sur le passé, et le passé, comme les médailles, les décorations ou inversement les condamnations, ça ne m’intéresse pas. Seul l’avenir m’intéresse vraiment !

Attention, il ne faut pas me faire dire ce que je n’ai pas dit. Le passé est important. Dieu nous l’a donné et il faut lui être reconnaissant. Sans lui, nous ne serions pas là, et il peut nous apprendre à mieux faire. Mais le futur est plus important que le passé : il nous invite à réfléchir et à agir autrement. Je ne crois pas, par exemple, que notre fondateur, qui était intelligent, nous dirait ou ferait aujourd’hui exactement la même chose que ce qu’il nous a dit et a fait hier...

D’ailleurs, puisqu’il est question aujourd’hui de jubilé, j’ai découvert que l’origine étymologique du mot jubilé provient de l’hébreu « yôbhêi ». Il veut dire « bélier » ou « corne de bélier », et désine la trompette en corne de bélier dont se servaient hier les Juifs lors des grandes célébrations, et tout particulièrement à l’occasion de la fête de la remise des péchés, des peines et des dettes, c’est à dire les jubilés. Les papes les ont christianisés en accordant une indulgence plénière à l’occasion des années saintes ou au cinquantième anniversaire de la profession des religieux ! « Faire son jubilé », c’était faire le nécessaire pour obtenir l’indulgence plénière à l’occasion du cinquantième anniversaire de son entrée en fonction. Autrement dit, ce jour-là, on a le droit de sonner (ou pourquoi pas de porter) des cornes...
Tout cela, à mon avis, ne cadre pas très bien avec les paroles du Christ dans les évangiles. Alors, en cette célébration, sans sonner de la trompette, on va demander pardon au Seigneur pour toutes nos fautes, que nous ayons plus ou moins de 50 ans de service, pour que nous ayons le courage d’aller toujours de l’avant et non pas seulement de répéter le passé. Un passé aujourd’hui complètement dépassé !... »

Une trentaine de confrères ont participé à la concélébration de cette Eucharistie de fête. Parmi eux, les Pères Antonio Porcellato, en tant que Vicaire Général et bras droit du Supérieur Général Fachtna O’Driscoll à Rome ; Jean-Marie Guillaume, ancien Supérieur Général et Supérieur du District de Strasbourg qui a passé la main à Justin Kette le 2 juillet 2016 ; et Georges Klein, responsable de la communauté sma de Saint-Pierre. Plusieurs membres honoraires sma du district et de nombreux autres amis laïques des Missions, du village-même et des environs, avaient tenu, par leur présence au sein de l’assemblée de prière, à honorer les huit jubilaires pour respectivement 65 ans, 60 ans et 50 ans d’engagement missionnaire et sacerdotal. Ce temps de recueillement, de paix et d’action de grâces a été soutenu à l’orgue par Frère Matthieu, qui a entraîné l’assemblée de louange dans des chants de circonstance.

L’homélie du Père George Klein

Dans sa brève homélie chargée d’émotion, le Père Georges Klein s’est fondé sur les textes de la messe votive pour l’évangélisation des peuples afin de souligner que tous les chrétiens, tous les membres de l’Église universelle, sont appelés, par le don et la grâce du baptême, à devenir missionnaires et semeurs de la Bonne Nouvelle à travers le monde entier. Comme les y a exhortés le chant « Un grand champ à moissonner, une vigne à vendanger (…), Dieu appelle maintenant ses ouvriers ». Cette fête des jubilaires est « le moment de faire monter vers Dieu une immense action de grâces, a insisté le prédicateur. C’est aussi le moment de remercier tous ceux – parents, proches, amis, connaissances, les nombreux amis des Missions – qui nous ont accompagnés et soutenus durant de nombreuses années dans notre œuvre d’évangélisation et de propagation de la Bonne Nouvelle » en terre africaine, lointaine et parfois hostile, dans des circonstances et des conditions souvent pénibles dans bien des domaines. Le vicaire général Antonio Porcellato, qui n’était pas en terre inconnue dans le district de Strasbourg pour s’y être rendu l’une ou l’autre fois, a pour sa part transmis aux jubilaires les félicitations et la reconnaissance du Généralat à Rome.

Les états de service des jubilaires

Le chant d’accueil a été suivi par la présentation des jubilaires par le Père Jean-Marie Guillaume, qui en faisait partie lui aussi. Il a commencé par les deux confrères qui célèbrent 65 ans de sacerdoce. Ils ont été ordonnés prêtres le 12 juillet 1951 à Haguenau par Mgr Jean-Julien Weber. Il s’agit des Pères André Fuchs et Jean Perrin, qui ont tous deux 91 ans.

Le Père Jean Perrin a passé toute sa carrière missionnaire au Togo, dans les diocèses de Sokodé et d’Atakpamé. Il est actuellement à Sotouboua, où il trouve la force de suivre encore la construction de ce qui devrait devenir une université. Aux dernières nouvelles, il ne célèbre plus dans le sanctuaire marial qu’il avait inauguré en 2011 et ne quitte plus guère sa maison car il a de difficultés pour se déplacer.

Après 44 ans de mission dans le nord-est de la Côte d’Ivoire, dans ce qui est devenu le diocèse de Bondoukou, le Père André Fuchs a été aumônier à la maison St-Charles des Sœurs de la Toussaint à Schiltigheim. C’est là qu’il a officiellement pris sa retraite. Il s’excusait récemment de ne pouvoir participer à la célébration des jubilaires du 8 juillet. Lui aussi, en effet ne peut presque plus se déplacer et il était hospitalisé depuis le 5 juillet, à Strasbourg-Hautepierre.

Le Père Joseph Folmer , décédé le 5 avril dernier et qui devait également célébrer ses 65 ans de sacerdoce, a été associé à ce temps d’action de grâces. Il a été ordonné prêtre le 12 février 1951 [2].

Le Frère Antoine Brungard fête ses 60 ans d’engagement. Son parcours missionnaire est facile à résumer puisqu’il n’a eu qu’une seule nomination, celle de la promotion de l’œuvre missionnaire de la SMA surtout au moyen de la revue Terre d’Afrique Messager et des calendriers. Cette unique nomination ne veut pas dire qu’Antoine est resté inactif... Pendant plus de 50 ans, il a sillonné les routes du Haut-Rhin dont il est originaire et a rencontré beaucoup de monde. Rattaché à la communauté sma de Saint-Pierre durant son activité, il aimait y passer quelques jours et rendre aussi service à la maison où, désormais, il s’est fixé définitivement.

Antoine était de la même promotion que le Frère Jean-Paul Baumann , décédé le 9 août 2006 à l’âge de 67 ans.

Le Père Louis Kuntz célèbre ses 60 ans de sacerdoce. Il a d’abord été professeur, passant de l’enseignement de la théologie au grand séminaire des Missions Africaines de Lyon à celui des mathématiques au collège Saint-Joseph de Lomé, mais aussi au Zinswald et à Haguenau. Il a été conseiller général à Rome de 1968 à 1973, de nouveau en service de la SMA en Alsace, puis dans diverses paroisses au nord de Strasbourg. Le 13 mars, il a célébré de façon solennelle ses 60 ans de sacerdoce dans la paroisse de Bilwisheim, dans le Kochersberg, où il réside depuis plus de vingt ans.

Trois jubilaires ont célébré leurs 50 ans de sacerdoce. Le Père Robert Wolff a d’abord passé 23 ans dans le nord de la Côte d’Ivoire. Il œuvre depuis 1991 en Tanzanie, où il a servi en plusieurs missions dans le diocèsede Shinyanga (Ng’wandoya - Kilulu). Il est actuellement hôtelier et maître d’accueil à la maison régionale sma de Tanzanie à Mwanza, au bord du lac Victoria.

Le Père Georges Klein a passé la majeure partie de sa carrière missionnaire au Togo, de 1969 jusqu’en 2012. Depuis 2013, il est responsable de la communauté sma à Saint-Pierre. Il allait brièvement prolonger lui-même son témoignage dans son homélie lors de cette célébration des jubilaires.

Enfin, le Père Jean-Marie Guillaume est le troisième jubilaire fêtant ses 50 ans de sacerdoce. Il a passé quelques années au Nigeria et en Côte d’Ivoire. Il a ensuite été appelé au service de la SMA, une première fois en tant que Provincial de la Province de l’Est, puis comme Supérieur Général à Rome, et finalement une seconde fois en tant que Supérieur du District [3] de Strasbourg.

Ont aussi été associées à cette action de grâces du 8 juillet dernier des personnes qui, tout en n’étant pas membres des Missions Africaines, vivent avec les religieux sma à Saint-Pierre, à savoir l’abbé Antoine Fassel, qui célèbre ses 60 ans de sacerdoce, et Sœur Bernadette de Montgolfier, qui célèbre ses 60 ans de vie religieuse.

« Félicitations et meilleurs vœux à tous les jubilaires, bonne célébration, bonne fête à tout le monde », a souhaité le Père Guillaume en conclusion de la présentation des jubilaires.

[1] En charge de la communauté de paroisses « Terre de Mission » à Weitbruch.

[2] Et non le 21, comme le signalait par erreur le Ralliement n° 3.2016, page 19.

[3] Anciennement Province.

Publié le 27 octobre 2016 par Etienne Weibel