District de Strasbourg, qui es-tu ?

Présentation du District à l’Assemblée Générale 2013

Normalement je ne devrais pas être là. Je suis un « accident » de l’histoire de l’Eglise car notre sainte mère l’Eglise — « mater et magistra » - a pris le meilleur d’entre nous pour en faire un évêque-pasteur. Une fois encore, « je suis en gilet de service », comme nous tous d’ailleurs.

Le District de Strasbourg a été créé en 2006. C’était auparavant une « Province », fondée en 1927. Puis il a été déclassé, comme la France officielle mais pas pour les mêmes raisons : la France c’est pour des raisons économiques et le District pour des raisons canoniques. Il contient 46 membres d’une moyenne d’âge de 72 ans et s’étend sur 5 diocèses de l’Est de la France : Strasbourg, Metz, Saint-Dié, Besançon et Belfort.

Nous avons quatre maisons. Nos Pères, pour la majorité, fonctionnent dans les paroisses des diocèses comme collaborateurs pastoraux et ont un salaire ou une retraite. Leur salaire contribue à faire tourner les maisons. Mais, dans toutes les circonstances de leur vie, ils se sentent missionnaires et sont perçus comme tels, surtout par leur simplicité et leur disponibilité. Notre groupe de membres honoraires est très actif. Le cercle de nos bienfaiteurs reste encore étendu, en dépit, bien évidemment, de l’âge des donateurs.

En fait, nous n’avons qu’une seule préoccupation en une double question : sommes-nous encore perçus comme utiles et capables de rendre service pour les jeunes entités ? Si oui, nous demandons qu’il y ait un partenariat par contrat établi entre les futurs districts et le District de Strasbourg. Ce partenariat assurerait que nous pouvons compter en permanence sur au moins quatre jeunes membres, que nous mettrons à la disposition de nos diocèses comme collaborateurs pastoraux rémunérés. Le Père Nestor avait contacté Mgr Lacrampe pour une collaboration avec le diocèse de Besançon. Les grandes lignes semblent avoir été jetées.

Je puis dire que nos jeunes frères sont très bien perçus, aussi bien au niveau des évêchés que dans les paroisses, pour leur disponibilité et leur ouverture. Et, bien sûr dans nos maisons, mais ceci va de soi.

C’est le seul projet que nous ayons pour le moment, avec la sanctification continuelle de nos frères naturellement. Mais ça, c’est affaire d’en haut, comme dirait St Jean...

Il faut dire par ailleurs qu’un courant minoritaire prône la vente de nos maisons. Toutefois, si nous vendons nos propriétés, notre « nom » va également disparaître de la région et notre budget n’augmentera pas de beaucoup pour autant.

Pour le prochain mandat, je pense que nous arriverons encore à trouver une équipe pour les 3 ou 6 prochaines années. Ensuite, c’est vraiment à la grâce de Dieu et à la bonne volonté du « petit reste ».

La désespérance n’est pourtant pas vraiment dans nos cœurs. Nous formons encore une bonne bande qui avons foi dans notre avenir, entre les mains de Dieu.

Quant à moi, je suis venu ici comme l’aîné, le « vieux » de la brousse... Et que fait le « vieux » ? Il s’assied sous un baobab, s’appuie sur son bâton, fume la pipe et observe l’agitation du village. C’est sa vocation, et c’est la mienne...

Fait à Rome le 10 avril 2013

Publié le 21 août 2013 par Jean-Pierre Frey