Échos du Conseil Plénier

à Rome du 26 mai au 5 juin 2014

Le conseil plénier fait partie des structures habituelles de la SMA. Il se réunit au minimum quatre fois durant le mandat de six ans. Les participants sont au nombre de vingt deux : les quatre membres du conseil général, les neuf provinciaux et supérieurs de districts, les six supérieurs des districts-en-formation et trois supérieurs régionaux venant des trois-districts-en-formation d’Afrique. Mais Jean-Baptiste Musa, supérieur du district-en-formation des Grands Lacs n’a pas pu venir. Parmi les 21 membres présents, neuf n’avaient pas participé à l’assemblée générale et treize participaient pour la première fois à un tel conseil, les autres étant de vieux routiers. Comme de coutume, l’ambiance était fraternelle, la parole circulait facilement, les questions posées aidant sans doute à faire ressortir des éléments plus délicats à exposer [1].

Les sessions de travail étaient ajustées au rythme de la maison dont l’accueil est superbe, au rythme aussi de la liturgie eucharistique et de la prière. La prière du matin a été le plus souvent avantageusement remplacée par la « Lectio Divina » en petits groupes sur certains textes du temps pascal, comme appui pour nos travaux. Le dimanche 1er juin, nous avons participé à la sortie annuelle de la communauté et visité le monastère de Subiaco où Saint Benoît a débuté sa vie monacale, dans une nature majestueuse, une atmosphère de paix et de découvertes. Le samedi suivant le conseil plénier, veille de la Pentecôte, était la fête de Notre Dame des Apôtres, occasion pour ceux qui étaient encore sur place de se joindre aux sœurs NDA pour leur célébration et pour confier encore notre Société et les travaux du Conseil Plénier à Notre Dame.

Quelques ouvertures sur « la mission »

Nous n’avons guère parlé de la mission proprement dite, le Conseil Plénier étant surtout un organe de planification et de décisions pratiques. Cependant, dans son mot d’ouverture, Fachtna O’Driscoll, supérieur général, a souligné quelques points, j’aimerais citer deux de ses réflexions.

1. Le témoignage de la mission
« Notre rassemblement, comme beaucoup de ces rencontres au cours des dernières décennies, est situé dans le contexte des réalités politiques turbulentes en beaucoup de nos pays de mission. Je viens de terminer une visite en Centrafrique : la situation politique demeure périlleuse là-bas et on ne peut pas être bien sûr de la volonté des forces internationales de parvenir à un impact positif. Le témoignage de nos missionnaires est impressionnant – on peut évoquer avec une fierté mêlée d’humilité l’enlèvement traumatisant de Mgr Nestor Nongo-Aziagbia (un ancien membre du Conseil Plénier lors du mandat précédent dans son rôle de supérieur de Strasbourg) et sa bravoure persistante en dépit de tout, de même que le témoignage de Mgr Dennis Kofi Agbenyadzi, qui a ouvert son évêché à plus de 600 familles musulmanes en fuite, et le témoignage de chacun des membres et laïcs associés. Ce témoignage va de pair avec d’autres actes de bravoures accomplis dans des missions au nord Nigeria, en Égypte et autres endroits qui ne retiennent pas l’attention des media en ce moment.
Qu’il suffise de dire que nos missionnaires continuent de témoigner de jour en jour, en Afrique et ailleurs, dans les maisons de retraite, le ministère paroissial, l’animation missionnaire et vocationnelle et dans diverses fonctions administratives, de l’espérance qui est en eux engendrée par leur la foi en la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts. Ceux d’entre nous dans des rôles de leaders peuvent souvent se rendre compte que c’est la foi convaincue de ceux que nous essayons de servir qui nous soutient dans notre propre ministère particulier ».

2. La mission depuis la périphérie
« Il y a quelques semaines, j’ai participé à une réunion du MISAL [2] à Londres. Nous avons eu d’excellentes conférences sur la Mission aujourd’hui. Le point qui m’a le plus touché provient d’un récent document sur la Mission issu du Conseil Œcuménique des Eglises [3], qui parle de la mission à partir des périphéries. Nous sommes très familiers avec le concept de mission pour les marginalisés, mais la notion de mission à partir de la périphérie pourrait être un peu nouveau. À la lumière de l’AG 2013 qui appelle le Supérieur Général et son Conseil à continuer la réflexion et la recherche d’un consensus sur la mission SMA, je pense que ce concept de mission à partir de la périphérie mérite une réflexion profonde de notre part. C’est une autre façon de regarder la mission et je me demande si nous pouvons l’adopter pour la mission au sein de la SMA ».
Voici une citation du document du Conseil Œcuménique des Églises [4] « La mission depuis la périphérie cherche à faire obstacle aux injustices dans la vie, dans l’Église, et dans la mission. Elle cherche à être un mouvement missionnaire alternatif contre la perception que la mission puisse être faite seulement du puissant à l’impuissant, du riche au pauvre, ou du privilégié au marginalisé. De telles approches peuvent contribuer à l’oppression et à la marginalisation. La mission depuis la périphérie reconnaît qu’être au centre veut dire avoir accès à un système qui garantisse les droits, la liberté et l’individu comme reconnu et respecté ; vivre à la périphérie veut dire être privé de justice et de dignité. Vivre à la périphérie, cependant, peut fournir ses propres leçons. Les gens en périphérie ont l’agir, et peuvent souvent voir ce qui, du centre, est hors de vue. Les gens en périphérie, vivant des situations vulnérables, savent souvent quelles forces d’exclusion menacent leur survie et peuvent discerner au mieux l’urgence de leur lutte ; les gens en situation de privilège ont beaucoup à apprendre des luttes journalières des personnes qui vivent dans les conditions périphériques. »

[1] Les textes du Conseil Plénier restent accessibles à tout membre SMA, soit sur demande au supérieur de son entité qui a participé aux travaux, soit par l’intermédiaire du Centre Media SMA international, soit probablement, par une publication écrite venant du secrétariat SMA général de Rome.

[2] Instituts missionnaires de Sociétés de Vie Apostolique.

[3] Kirsteen Kim, Ensemble vers la vie : mission et évangélisation dans les contextes en évolution – septembre 12.

[4] § 38.

[5] AG 2013, Mission sma : Priorités 1.

[6] Association autonome qui gère actuellement le musée.

Publié le 31 mars 2015 par Jean-Marie Guillaume