Éditorial

Le trouble actuel des esprits tend à confondre « liberté de pensée » et « liberté d’expression ». Or, s’il faut souhaiter que la première ne connaisse pas de limite – mais c’est bien éloigné de ce que nous vivons aujourd’hui, quoi qu’on en dise -, la seconde ne saurait se concevoir sans restrictions : puisque nous vivons en société, la liberté de chacun est sans cesse confrontée à celles de ses voisins.

Les pays occidentaux aiment se présenter comme les champions de la liberté d’expression. Pourtant, comme beaucoup d’idées toutes faites, elle ne tient guère à l’usage. La pousser à l’extrême, si tant est qu’on imagine une chose aussi ubuesque, ne mènerait qu’au chaos. A moins de n’en privilégier que la forme qui nous arrange… C’est un peu contradictoire, mais les donneurs de leçons et les beaux parleurs s’en accommodent aisément : il faut penser comme ils pensent. On serait « indigné » qu’il en aille autrement !

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Paysage du Bénin.
Photo Jean-Marie Guillaume

On peut, bien sûr, adopter cette attitude « irresponsable » - c’est le mot que Charlie-Hebdo avait glissé dans le titre de son numéro publié après les événements de janvier. La « mondialisation » devrait nous avoir habitués à ouvrir le concept de société au-delà de notre petit lopin de terre ; elle aurait dû nous apprendre la nécessité de la tolérance. Cela explique malheureusement que les nouvelles, d’ordinaire plutôt sereines, que nous recevons des Pères des Missions Africaines, soient cette fois fortement teintées de violences et de pleurs.

Publié le 8 avril 2015 par Marc Heilig