Emouvant A-Dieu à Jean Bouhelier

Une assemblée considérable a assisté, vendredi 22 avril 2016 à Besançon, aux funérailles de Jean Bouhelier, membre laïc de la Société des Missions Africaines, décédé subitement trois jours plus tôt à l’âge de 79 ans des suites d’une longue et pénible maladie à l’hôpital Minjoz du chef-lieu du Doubs. L’eucharistie de son passage vers le Père a été une émouvante manifestation de sympathie pour la grande famille du défunt, d’estime et de respect pour un homme droit, travailleur et généreux, qui a mis toute sa vie sa bonté et son ardeur au service de l’autre, de l’humanité.

Une cloison mobile a dû être repliée à l’arrière de la nef de l’église Saint-François d’Assise dans le quartier de Planoise à Besançon pour pouvoir accueillir non seulement les nombreux proches, mais encore plusieurs centaines d’amis et de connaissances de Jean Bouhelier qui ont tenu à lui rendre un dernier hommage. Tous les membres de la famille en deuil sont entrés en procession dans l’église avec, chacun, une rose dans la main qu’ils ont piquée autour du cercueil.

C’est l’abbé Christophe Jacquinot, nouveau chargé d’âmes de la communauté paroissiale Saint-François d’Assise, qui a présidé la célébration des funérailles ; il était assisté d’une demi-douzaine de confrères, dont d’anciens curés de la paroisse et du village natal du défunt ainsi que du Père Marcel Schneider, du district de la Société des Missions Africaines de Strasbourg. Après le mot d’accueil de l’officiant, qui n’a personnellement guère eu le temps de mieux connaître le défunt mais a pu recueillir de nombreux témoignages de paroissiens sur les valeurs chrétiennes et humanistes qu’il incarnait, Jérôme Bouhelier, un neveu de Jean, a retracé le chemin de vie du disparu.

Né comme septième enfant d’une grande fratrie de quatorze le 10 avril 1937 dans le village d’Eysson, dans le Haut-Doubs, Jean a prolongé sa scolarité durant deux ans à l’école familiale du bourg voisin de Vercel, puis aidé ses parents dans l’exploitation agricole. Incorporé pour le service militaire dans un régiment français en Allemagne, il a dû vivre durant huit mois la douloureuse expérience de la guerre d’Algérie ; c’est à ce titre que deux porte-drapeaux des anciens combattants en Afrique du Nord et de l’Union nationale des anciens combattants lui ont rendu les honneurs pendant la célébration des funérailles. Après sa libération, il a repris l’exploitation familiale pendant quelque temps, avant d’être engagé comme chauffeur de camion chez un fromager de Vercel jusqu’en 1966.

Dans le village de Grandfontaine-sur-Creuse, à un kilomètre et demi de distance à peine de son village natal, Jean a trouvé son âme sœur en la personne de Bernadette Cuche, avec qui il a convolé en justes noces en 1964. De leur union sont issus trois enfants : Philippe, Pascal et Marie-Pierre. Huit petites-filles et quatre arrière-petits-enfants (dont une fille née le 20 avril dernier, le lendemain-même du décès de leur aïeul !) sont venus agrandir le cercle familial. Jeunes époux, Jean et Bernadette Bouhelier ont encore exercé les fonctions de métayers durant quelques années, de 1966 à 1971, dans diverses communes (Valdahon, Le Russey et Samson), avant que Jean ne soit engagé comme chauffeur-livreur dans la société Vins Union de Besançon. En 1976, il est embauché comme conducteur de poids lourd par la Ville de Besançon, au service de laquelle il restera une vingtaine d’années avant de prendre une retraite bien méritée.

« Le devoir du service à l’autre »
Le Père Maurice Bez, ancien curé de la paroisse Saint-François d’Assise et qui donc connaissait bien Jean Bouhelier, a introduit son admirable homélie en citant Antoine de Saint-Exupéry : « Dans ma cité, je mettrai des prêtres et des poètes. Ils feront s’épanouir les cœurs ». Jean Bouhelier était pétri de leur glaise. C’était un homme de cœur, un cœur grand ouvert au prochain, à son épouse, à ses enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, à ses collègues de travail, à ses amis et autres connaissances. C’était un homme dur à la besogne, son ardeur et sa détermination étaient entraînantes et forçaient le respect. C’était un homme bon et généreux, envers les siens comme envers les autres. Avec sa chaude voix rocailleuse au timbre clair, il avait toujours un bon mot sur ses lèvres, aimait mettre du sel à ses propos, échanger et partager avec ses interlocuteurs. Sa joie de vivre et sa bonne humeur étaient communicatives. « La bonté, la générosité, la miséricorde du Seigneur, il les mettait en pratique au quotidien, et il accomplissait sans relâche le devoir du service à l’autre, à l’humanité », a conclu le prédicateur en rappelant que le défunt a, durant de longues années, rendu visite aux malades et personnes âgées, que ce soit à domicile, à l’hôpital ou en maison de retraite, à Besançon et alentour, pour leur apporter réconfort et espoir.

Les poignants témoignages de trois petites-filles exprimant leur amour et leur reconnaissance à leur cher grand-papa ont mis un émouvant point final à cette célébration rehaussée de façon remarquable par la participation de la chorale paroissiale, dont un membre ténor a interprété avec brio à l’issue de la communion l’admirable chant méditatif « Oh ! Gethsémani ! La lune danse dans les arbres. Oh ! Gethsémani ! Le vieux pressoir est plein de fruits ».

Membre laïc de la SMA
Pour Jean Bouhelier, qui était depuis 2009 membre laïc de la Société des Missions Africaines au sein du district de Strasbourg, la SMA était comme une seconde famille. Tout comme son épouse Bernadette, elle aussi membre laïc, qui remplit aujourd’hui encore les fonctions de secrétaire du Groupe Amitié SMA de Franche-Comté. Elle est depuis de longues années la cheville ouvrière de la rencontre annuelle des amis de la SMA de ladite région que cette association organise d’ordinaire début août (exceptionnellement fin juillet cette année). Il y a quatre ans, cette rencontre s’était déroulée, pour la célébration eucharistique, à Eysson, le village natal de la grande fratrie des Bouhelier dont un membre, André, était Père des Missions Africaines ; les participants à cette rencontre commémoraient alors le 10e anniversaire de sa mort prématurée.

Publié le 23 août 2016 par Etienne Weibel