En Côte d’Ivoire, visite au « Petit Lourdes de Sobois »

Le village des malades de Paul Dominique

Jeudi 9 et vendredi 10 févier ont été la journée « J » pour poursuivre les travaux du puits de ce village des malades et des pauvres situé à 18 km de Ste-Rita. C’est là que j’ai fêté mes 50 ans de sacerdoce en janvier 2017. Une fête dans la simplicité qui a commencé par le chemin de croix, suivi de la messe et d’un repas partagé avec tous, et s’est clôturée par la prière du chapelet. C’est la force de ce village que j’appelle le « Petit Lourdes de Sobois », où guérisons et libérations de toutes sortes – sorcellerie, envoutements, mauvais sorts, folie, maladies mentales et médicales - sont accomplies par Marie. Mgr Maurice Konan Kouassi, évêque de Daloa, va y célébrer sa première messe en installant et bénissant la statue de « Notre Dame de l’Espérance ». Cela sera précédé de 2 jours de retraite et de prédication.

La particularité de ce campement de prière, c’est que le chapelet y est prié 3 fois par jour, le matin après la prière, le midi et le soir, par la plupart des malades présents ; ils cherchent le réconfort pour supporter leurs souffrances et obtenir la guérison, si Dieu le veut. Malgré le nombre important des malades qui logent sous des apatams de fortune - hangars couverts de bâche en plastique – il règne un silence impressionnant. Des coins de prières sont aménagés pour l’écoute et le repos.

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Le puits de Sobois (Côte d’Ivoire).
Photo Ernest Klur

Paul Dominique, catéchiste, œuvre dans ce campement ; il est reconnu dans le diocèse depuis plus de 10 ans. Il est aussi infirmier de formation et soigne avec persévérance ceux que l’hôpital rejette. Dieu lui a donné un charisme de soins et d’organisation puisqu’il s’est entouré d’un groupe de jeunes, les « Compagnons de St-Paul », qui sont, à mon humble avis, la génération de la nouvelle évangélisation. Ils assurent une présence en se relayant deux par deux toutes les 2 h de 22 h à 6 h du matin devant Jésus Eucharistie et surtout durant les prières de libération en soirée. Chaque jeudi, le St Sacrement est exposé de 9 à 17 h et l’adoration est assurée sans discontinuité.

Depuis mon retour de congé, je me suis efforcé de reprendre la paroisse en main, visitant nos quatre stations secondaires et en y célébrant l’eucharistie. Elles en avaient été privées, sauf pour la veillée du 24 décembre où un jeune prêtre du secteur, Chrysostome Bolou, entouré de 450 personnes venues des trois villages, est venu célébrer une très belle messe sous le toit de la nouvelle chapelle en construction de Bla. Le bâtiment est en partie financé par « Église en Détresse » ; les finitions sont prises en charge par la communauté chrétienne sur place avec l’aide de bienfaiteurs amis de la paroisse.

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Le puits de Sobois (Côte d’Ivoire).
Photo Ernest Klur

L’eau, c’est la vie

Ensuite, je suis allé commander et acheter le matériel pour travailler efficacement au le puits de Sobois. Le groupe électrogène alimente une puissante pompe immergée de 750 watt – 300 l/mn - pour réaliser la mise sous eau de la couronne de 1,50 m de diamètre en béton armé et donner une bonne assise qui puisse recevoir les 22 briques en ciment du corps du puits. L’eau était si abondante qu’il fallait la pomper toutes les 5 mn. Nous attendions le maçon, mais comme il ne venait pas je l’ai remplacé de 9 h à 13 h. Il fallait permettre au ciment de sécher afin de réaliser le premier tour de briques ; il restera 5 à 6 rangées pour parvenir au sommet du puits et faire une bonne margelle. On dépassera ainsi l’argile et le sable et l’on atteindra notre objectif : une eau propre et surtout suffisamment abondante pour cette population qui comprend 17 campements entourés de champs de café, de cacao et autres produits vivriers.

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Le puits de Sobois (Côte d’Ivoire).
Photo Ernest Klur

Nous étions heureux du travail réalisé car le dernier pompage, ce 9 février, a duré 10 mn, avec une quantité de 3 000 l. Ainsi ce puits, commencé avec l’aide de l’association du Zinwald « Une Goutte d’Eau », parvient à sa finalisation. Durant les mois passés, ils ont aménagés 3 WC traditionnels : un puits de 5 m de profondeur surmonté d’un WC à la turque. Quant à la partie technique, l’achat du groupe électrogène et de la pompe immergée a été financé par M. René Gely, de Bennwihr, dans le Haut-Rhin. Nous réfléchissons à la suite afin de faire parvenir l’eau jusqu’au centre du campement, distant de 800 à 1000 m, par une conduite en PVC, avant de songer à réaliser un château d’eau avec des citernes en plastique de 500 à 3000 l.

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Le puits de Sobois (Côte d’Ivoire).
Photo Ernest Klur

Notre autre grand souci, c’est l’aménagement d’une piste de 5 km et la réfection d’un pont en bois sur un petit cours d’eau. Dieu y pourvoira ! A tous, nous vous adressons un chaleureux remerciement au nom de cette population, en vous assurant que nous prions pour vous. Merci de tout cœur !

Publié le 3 juillet 2017 par Ernest Klur