En mémoire de Jean-Paul Pariseau

Le Père François Gnonhossou sma, membre du district-en-formation de la Baie du Bénin, actuellement en service dans le district du Canada, a présidé la messe d’enterrement du Père Jean-Paul Pariseau sma, décédé à Montréal le 22 mars 2012. Voici un extrait de son homélie.

Le Père Jean-Paul a fidèlement gardé et nourri dans son cœur la parole de son ami Jésus. En effet, il n’est pas mort, il est entré dans la plénitude de la vie. Celui qui garde ma parole ne verra jamais la mort. Ce bon et bienveillant Jean-Paul, ami de tous, a fait route dans ce monde avec nous pendant plus de cinquante ans de vie sacerdotale, et plus de quatre-vingts ans de voyage d’un bout à l’autre à travers la vie…

Pour lui rendre l’hommage qu’il mérite, chez nous, ses amis Africains qu’il aimait tant par le cœur que par le don de sa vie missionnaire, nous l’appelons Le vieux Jean-Paul. Cela veut tout simplement dire en d’autres termes le sage Jean-Paul. Pour nous, il fut un sage. C’est-à-dire celui qui donne de bons conseils, qui ne fait la guerre avec personne, qui aime vivre en paix avec tous et partage sa joie de vivre avec tout le monde autour de lui. Il savait écouter et donner son temps pour servir et rendre les services qui pouvaient faire les autres heureux.

Je peux dire sans ambages et sans me tromper qu’il fut un homme affable, convivial, conciliant, doux et paisible, fraternel et amical. Un homme ni conflictuel ni belliqueux, un homme de paix, un ami de tout le monde. En Afrique, on dirait qu’il était un baobab, ce gros arbre géant qui résiste à tout et qui donne tout ce qu’il a de vertueux pour satisfaire les besoins des populations. Ses feuilles servent à faire des médicaments, ses fruits à préparer des jus tonifiants ; ses branches servent de reposoir pour les oiseaux qui chantent des mélodies suaves dès le lever du soleil pour réveiller le village. Et quand le baobab tombe, après son long cycle de vie, son bois sert à faire le feu qui nourrit les gens des villages alentour ; il réchauffe le cercle des jeunes gens réunis le soir autour du vieux sage pour écouter les contes, vraie source de philosophie en Afrique. Les vieux ont le secret d’en passer la connaissance aux jeunes gens. Nous pouvons symboliquement comparer notre grand ami Jean-Paul à un baobab, cet arbre africain, géant par sa taille et son endurance à tout.

Car le Père Jean-Paul fut et reste par sa foi, par son amitié, par son cœur et par sa vocation sacerdotale et missionnaire, un Africain. Il a aimé et donné à ses amis et frères africains ce qu’il avait de plus précieux : sa vie, qu’il a vouée au Seigneur et aux autres comme une brillante lumière qui tire sa source en Dieu, comme le sel qui donne goût à tout ce qu’il touche. Il savait apprécier et entretenir les relations d’amitié. Ses amis africains l’aimaient et garderont certainement le souvenir ce de ce bon et sage missionnaire qu’il fut parmi eux…

Il a tout donné à la mission qu’il a servie partout avec amour et affection, notamment en Afrique. Il a aimé les populations, autant rurales qu’urbaines, avec beaucoup de générosité, sans mesure et sans ménagement. Ce fut un grand voyageur de la vie. Lui-même avait bien titré sa biographie, écrite pour rendre grâce à Dieu, lors de son jubilé sacerdotal Ma vie comme un voyage

Notre langage humain ne rend pas toujours adéquatement compte de notre foi en Jésus. Lorsque nous quitte un être qui nous est cher, comme Jean-Paul, la tristesse de la séparation et les peines que nous inflige ce lugubre mystère dont nous ne comprenons par la raison, nous font dire que cette personne est morte ou encore qu’elle a disparu de la vie. Pour nous chrétiens, qui avons mis notre foi en Jésus, lui qui est le chemin, la vie et la résurrection, nous ne mourons pas, nous transitons. Nous ne disparaissons pas totalement de la vie, nous rentrons dans la plénitude de la vie en Jésus…

Car en Jésus notre vie n’est jamais perdue, elle est transformée. En effet, par le baptême nous sommes devenus des enfants de Dieu, nous sommes dans ce monde en attente de rentrer dans la gloire de Dieu un jour. Par conséquent, notre cher ami, confrère et oncle Jean-Paul n’est pas mort mais nous a quittés pour rentrer dans la vraie vie sans fin. Et nous espérons le rejoindre un jour dans la vie éternelle où il nous a devancés et où il intercède pour nous auprès de Dieu.

Jean-Paul s’est paisiblement endormi dans le Seigneur la nuit du 22 au 23 mars 2012. La nouvelle de son départ vers la maison du Père Eternel ne nous a pas seulement attristés et éprouvés, mais elle a surtout déclenché de partout une multitude de messages de condoléances. Ils saluent la mémoire de ce grand homme qui fut si discret. Nous, SMA du District du Canada, sommes profondément touchés par les marques de sympathie reçues de tous, et nous vous remercions pour votre geste de communion fraternelle dans la foi en Jésus.

Publié le 18 septembre 2012 par François Gnonhossou