En Sierra Leone. L’équipe sma face à Ebola

Depuis le décès de Mgr de Brésillac, fondateur de la Société des Missions Africaines, et de ses quatre compagnons, en juin 1859, la SMA n’avait plus envoyé de missionnaires en Sierra Leone… Mais depuis novembre 2012, elle a repris pied dans le pays en envoyant trois jeunes confrères, heureux de reprendre la mission jadis initiée par le Fondateur. Ils sont basés à Kwama, à une trentaine de kilomètres au nord de Freetown, la capitale : Francis Patrickson, originaire d’Inde, David Agbevanoo, du Ghana, Valéry Aguh du Togo.

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Une rue à Freetown.
Photo Jean-Marie Guillaume

Voilà que le pays, autrefois durement frappé par la fièvre jaune, l’est à présent par le virus Ebola depuis mai 2014. Les statistiques fournies par le ministère de la santé le 27 janvier 2015, faisaient état de 10 560 cas et de 2 842 décès. Le nombre de personnes affectées semble décroître rapidement, mais la contagion est encore intense dans l’ouest du pays, ainsi qu’à Freetown. De nouveaux cas sont apparus à la frontière avec la Guinée, dans les districts de Kambia et de Kenema. Kenema fait partie d’un « secteur unifié » avec le district de Foya au Liberia, où le Père Éric Aka a lancé le projet d’appui alimentaire aux orphelins. Des mesures sanitaires ont été intensifiées dans ce secteur, de même que des restrictions des mouvements de la population. Le 17 septembre 2014, Francis Patrickson décrivait la situation de sa paroisse face à l’évolution du virus : « Nous avons été consignés à résidence ces vendredi, samedi et lundi. Ce furent des jours de prière pour les musulmans, les chrétiens et les Adventistes du 7ème jour. Les gens ne sont pas contents, mais nous allons collaborer avec le gouvernement ».

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Vue de Freetown.
Photo Jean-Marie Guillaume

Le 20 septembre il écrit : « Les nouvelles que je reçois ne sont pas très encourageantes. Nous avons entendu parler de cas d’Ebola en d’autres districts, mais il a maintenant atteint notre propre espace. Nous essayons de gérer la situation avec grand soin et avec nos prières. Mais ce n’est pas juste, pour nous missionnaires, de ne rien faire d’autre que de prier, lorsqu’il y a tant à faire. Il y a dix jours nous avons appris qu’il y a des gens mis en quarantaine, sans eau ni nourriture. Nous avons acheté 50 sacs d’eau et l’avons distribuée dans une zone à 74 personnes. Nous avons fait la même chose dans un autre secteur avec 109 personnes. Plus tard, après avoir parlé avec mon confrère le Père Valery, nous avons utilisé notre allocation personnelle pour acheter 22 sacs de riz de 25 kg pour le distribuer à la population. J’ai fait un appel sur Facebook et le site web des SMA Fathers, Sierra Leone. Nous avons reçu environ 600 $ de mes amis et ma famille en Inde et 500 $ du Nigeria. Les zones de mise en quarantaine se multiplient chaque jour. Nous ne faisons pas que distribuer. Nous étudions la situation avant d’agir. Nous aidons seulement ceux qui ne sont pas aidés par les autres. La police, les soldats et les agents de santé nous soutiennent beaucoup et sont très serviables.

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L’église de Kwama, où est l’équipe sma.
Photo Jean-Marie Guillaume

Une bonne partie de l’argent reçu par le gouvernement et la communauté internationale est utilisée pour monter des centres de traitement du virus Ebola ou des points de contrôle pour tester la température des gens, mais il n’y a aucune annonce sur la maladie. La Caritas est également plus intéressée par une sensibilisation qu’à aider le suspect. Les gens mis en quarantaine sont des porteurs potentiels du virus, ils sont soupçonnés d’Ebola. Ils sont gardés pour observation pendant 21 jours mais ils ne sont guère observés. Ils ne sont pas autorisés à sortir de leur maison. Ils sont gardés par des soldats et des policiers. Les besoins de base, ceux de la nourriture et de l’eau, ne sont pas couverts. Aussi aimerions-nous solliciter le soutien de notre société missionnaire dans l’accomplissement de cette mission.

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L’école catholique de Kwama.
Photo Jean-Marie Guillaume

Nous ne savons pas vraiment de combien nous avons besoin. Il nous faut à peu près un dollar par jour par personne. Cela donc pendant 21 jours. À l’heure actuelle, il y a environ 240 personnes que nous devrions aider, environ 5 000 $. Si de nouvelles zones subissent la même situation dans le futur, la demande augmentera ».

De nombreux centres de contrôle et de prévention, ainsi que plusieurs centres de soins ont été installés à travers le pays. Le Père Patrickson a lancé l’idée de créer un centre d’accueil et de soins pour des personnes non seulement suspectées d’Ebola, mais atteintes par le virus. Les autres congrégations religieuses se sont jointes à ce projet. Ce centre a été inauguré le 17 décembre 2014 à Kwama.

Publié le 8 avril 2015