Entre attentes et réalités : défis de la mission

Conformément aux dispositions des Constitutions et Lois qui régissent la Société des Missions Africaines, le Conseil Plénier 2011 a été convoqué du 30 mai au 8 juin par le Supérieur Général à Tenafly. Les membres constitués de cette assemblée ont joui de l’hospitalité légendaire de la Province des Etats-Unis. Les participants ont unanimement apprécié l’attention qui leur a été portée et le désir manifeste de rendre leur séjour aussi agréable que possible. Tout était fait dans la finesse. Depuis l’étiquetage de la bouteille d’eau au nom de chaque participant jusqu’aux drapeaux qui flottaient en l’air, rien n’a été négligé.

L’étendard de l’Alsace ondulait fièrement à côté du drapeau français dans cet arc-en-ciel de drapeaux multicolores. Je ne pouvais dissimuler ma profonde joie à cette vue. La SMA, dans chacun des pays où nous sommes présents, était effectivement au cœur de nos prières, de nos discussions et de nos préoccupations. Tel a été le contexte de ce Conseil qui a innové dans l’organisation d’une réunion sans papier. Les participants s’étaient préparés à cette nouveauté. Chacun a apporté son ordinateur et sa clé USB pour la bonne tenue des travaux. Les documents de travail étaient mis en ligne sur le serveur Martha.

En dehors de l’ambiance fraternelle qui a caractérisé ces rencontres, la visite de New York et la célébration eucharistique avec la communauté afro-américaine de la paroisse Queen of Angels de Newark, je relèverai quelques préoccupations qui ont constitué autant de défis pour toute la Société des Missions Africaines. Il s’agit d’une part de l’avenir des vieilles entités d’Occident et, d’autre part, de l’autofinancement des jeunes entités. De part et d’autre, les besoins sont réels, mais ils ne sont pas de même nature : manque en personnel pour les uns et souci de sécurité financière pour les autres. La fragilité n’épargne personne. Néanmoins, dans une parfaite réciprocité, la survie de chacun dépend de l’effective solidarité qui est engagée par les uns et les autres.

Au-delà de la solidarité financière qui ne se dément pas, l’Assemblée Générale 2007 a ouvert des pistes intéressantes en ce qui concerne les liens entre les Provinces, Districts et Districts-en-formation [1].

Cette perspective favorise et intensifie la collaboration et l’interdépendance entre toutes les entités SMA. Le Conseil plénier s’est inscrit dans cette optique lorsqu’il a approuvé, dans le cadre du processus de préparation à l’Assemblée Générale 2013, l’émargement des membres secondés [2] soit sur la liste électorale de leur entité d’origine, soit de celle où ils sont en mission.

Ce qui se joue ici va au-delà d’une simple volonté de survie des entités. Les enjeux sont d’autant plus importants qu’ils engagent l’avenir de toute la Société. La vraie question qui se pose est celle de la mission. En tenant compte des nombreux défis auxquels les entités doivent désormais faire face, quelles formes donner à la présence missionnaire sma dans l’Eglise d’aujourd’hui ? Nous sommes sans doute appelés à lire les signes des temps et à y discerner la volonté de Dieu.

C’est en ce sens que le Conseil Plénier a invité tous les membres et associés sma à réfléchir sur La Mission SMA aujourd’hui : ses défis et sa vision pour l’avenir. C’est le thème directeur de la prochaine Assemblée Générale 2013. Chacun est invité à se joindre à cet effort de réflexion par une contribution écrite adressée au Secrétariat général à Rome.

La réorganisation de la mission de la SMA s’impose de plus en plus comme une nécessité. Cette perspective induit une évaluation sans complaisance des ressources matérielles et des ressources en personnel dont dispose la Société des Missions Africaines. A la lumière de cette évaluation, il convient alors de dresser une liste des priorités à poursuivre dans le domaine de la mission. Des choix seront nécessaires. Mais que faudrait-il sacrifier ou retenir, et dans quel intérêt ?

Au delà de la première évangélisation en milieu rural, de l’évangélisation en milieu urbain et de la demande de personnel de la part des vieilles entités, le souci premier doit rester le service de et à la mission. Dans les circonstances actuelles, comment répondre à cette double exigence ?

En attendant que l’Assemblée Générale 2013 balise le chemin en définissant des orientations précises, je suis, pour ma part, profondément convaincu que seule la mutualisation de nos moyens rendra une visibilité à nos engagements missionnaires et à notre présence dans l’Eglise et dans le monde. La mission se poursuivra ici et ailleurs grâce à une forte internationalisation de nos structures.

[1] AG 2007, Gouvernement, Administration et Structures, Plan d’action : 3, 3.1-3.4 ; 4, 4.1-4.2.

[2] Les membres secondés sont des confrères qui exercent en dehors de leur entité d’origine et sont mis à la disposition d’une autre entité SMA.

Publié le 25 août 2011 par Nestor Nongo Aziagbia