Entre misères et espoirs

Citoyen de la République démocratique du Congo et curé de la communauté de paroisses du Piémont de Barr, Alain Bikini sma, titulaire d’un master sur la sociologie de l’immigration, vient d’écrire un ouvrage sur l’exode des jeunes d’Afrique [1]. Lors de son interview par Guillaume Muller, journaliste aux Dernières Nouvelles d’Alsace [2], il a exprimé sa tristesse devant les naufrages en Méditerranée, alors que les media africains ne s’en font pas l’écho. Les migrants, dit-il, ne sont pas informés qu’ils seront entassés pour de l’argent sur des bateaux de fortune. Ils ne voient que ceux qui réussissent. Et les dirigeants s’en moquent alors que le départ massif de ces jeunes est un facteur de sous-développement.

Cette émigration concerne en particulier des jeunes gens de l’Afrique subsaharienne, dont elle affecte fortement le développement. C’est un phénomène que connaît bien Alain Bikini. Ces jeunes, précise-t-il, ruinent l’économie de leur famille et même parfois du clan, qui vend ses terres pour financer un voyage qui dure parfois trois ans et coûte 5 000 € depuis le Congo. Il y a de nombreux pays à traverser, il faut se loger et au final payer les passeurs. Mon conseil est d’utiliser cet argent pour monter un petit commerce en Afrique, ils en vivront mieux.

Mais il conclut amèrement : Rien n’est idéal et aucun mur ne peut mettre fin à l’immigration. Quelle que soit la solution retenue, il faut y mettre de l’humanité. Ces cadavres n’ont pas de couleur.

[1] Florent-Alain BIKINI MUSINI, L’Afrique saigne, entre misères et espoirs. En vente sur Amazon au prix de 6,68 €.

[2] Article paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace le samedi 25 avril 2015.

Publié le 21 août 2015