« Et il vit et il crut. »

C’est ainsi que l’Apôtre saint Jean décrit son premier regard dans le tombeau vide. En réalité, il a été simplement confirmé dans sa foi, car la Vierge Marie et lui-même n’avaient jamais douté. Mais qu’a-t-il vu ?... Je me souviens d’un dessin, destiné pourtant aux fidèles, et dont l’auteur était évidemment de bonne foi, mais qui avait de quoi troubler quiconque le regardait avec réflexion. Ce dessin représentait l’intérieur du tombeau et les deux Apôtres regardant le lit de pierre où Jésus avait été déposé. Or ce lit était dépouillé ! Cela aurait troublé même saint Jean ! C’était donc le tombeau d’un Jésus dont le cadavre aurait été enlevé, avec tout ce qui l’enveloppait, par des disciples, comme Marie-Madeleine en était persuadée !

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Plaque de l’ancien chemin de croix de Seltz.
Photo Marc Heilig

Laissons-nous instruire, au sujet du tombeau vide, par le Docteur Pierre Barbet, qui a eu l’occasion d’examiner en médecin le Saint Suaire de Turin et a su y lire toute la Passion [1]. Ce Suaire est une pièce de plus de 4 mètres, destinée à envelopper le Corps « en portefeuille », comme en témoignent les traces des caillots de sang qu’on y voit aujourd’hui. Il n’y a pas eu de bandelettes à la manière des Egyptiens. Mais où voulait-on mettre le mélange de myrrhe et d’aloès de Nicodème, sinon sur de grands linges étalés sur le Suaire et le couvrant ? Ce sont donc ces linges-là (othonia) que Jean a vus, tombés à plat avec le Suaire qu’ils couvraient ; ce sont eux qu’il aurait fallu dessiner, le tout affaissé sur ce lit de pierre ! C’est ce que Jean a vu, et c’était pour lui une nouvelle preuve irréfutable.

Pour moi, le verset 7 du chapitre 20 de saint Jean désigne un linge différent des linges à embaumer. Il est appelé « suaire », mais il n’avait couvert que « l’endroit de la tête », probablement selon une pieuse coutume de dévotion, et ce petit suaire était seul rangé à part.

En effet, par sa Résurrection, après avoir projeté les traces de ses Plaies sur le grand Suaire, le Saint Mort s’en est échappé sans le bouger, en transformant son Corps en Esprit présent partout, comblant tout d’un coup l’Univers ! Alleluia !

[1] Le Docteur Pierre Barbet est l’auteur de l’ouvrage La Passion de Jésus-Christ selon le chirurgien.

Publié le 4 avril 2013 par André Fuchs