Evolution des soins de l’organisme humain

L’organisme humain est un ensemble qui s’adapte lentement, progressivement, et ce depuis des siècles. Il est sensible à son alimentation et à son environnement. Au XVe siècle, pour maintenir l’équilibre du corps, il existait des préceptes pour le nourrir et le baigner en fonction des saisons.

L’alimentation s’est modifiée sous la pression de l’accroissement de la population et de l’impact des dérèglements climatiques. Ces facteurs interfèrent de plus en plus sur le corps et accroissent les dysfonctionnements. Des éléments étrangers (bactéries, toxines…) jouent désormais un rôle important dans notre métabolisme.
Le médicament est souvent appelé à combattre de véritables pathologies, telles que les infections provoquées par des bactéries, les désordres d’organes qui entraînent le diabète, etc. Aujourd’hui, l’objectif est également de prévenir les effets du vieillissement.

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Le corps humain tel qu’on le représentait à la fin du Moyen Age
Illustration d’un ouvrage de médecine de la fin du XVe s.

En réalité, les mécanismes sont complexes. Notre organisme est programmé pour se défaire plus ou moins rapidement de toute substance introduite artificiellement en son sein, en augmentant son élimination ou sa transformation métabolique. Un médicament destiné à traiter un état pathologique, à la dose thérapeutique indiquée, va réagir différemment selon les malades, et ce en fonction, par exemple, du bagage enzymatique propre à chacun. Si le produit est rapidement transformé, son effet curatif sera amoindri ; dans le cas contraire, il risque d’avoir des effets secondaires, voire nocifs. De ce fait, l’automédication doit être envisagée avec prudence ; elle est à manier sous couvert de personnels formés et compétents. De même, les éventuelles impuretés présentes dans les médicaments d’origine douteuse, achetés sur Internet, peuvent être à l’origine de troubles gênants.
La peau, tissu de l’organisme humain, constitue une barrière qui fonctionne selon différents processus d’adaptation. Sous l’effet du rayonnement solaire, elle produit une substance, l’acide trans-urocanique, qui absorbe les photons et les transforme en chaleur. La publicité peut influencer notre mode de vie en préconisant des douches fréquentes, avec des produits « efficaces » mais décapants qui éliminent cette protection naturelle. Douches et bains doivent donc être pratiqués intelligemment et sans excès.

On ne saurait résoudre tous les problèmes... Ainsi l’organisme, pour produire des hormones spécifiques, a besoin d’un certain taux d’iode au niveau de la thyroïde. Dans l’ensemble des pays d’Europe, l’alimentation n’en apporte pas suffisamment. Le déficit est plus important encore en Afrique, où l’on remarque la présence de goitres sévères dans certaines contrées. Or la déficience en iode a un retentissement majeur sur la santé des femmes enceintes et des jeunes enfants, dont le développement intellectuel peut être perturbé. Des campagnes de distribution de sel iodé sont organisées, mais leurs résultats sont inconstants. La situation dans les pays développés n’est pas parfaite non plus. En cas d’accident nucléaire, comme le nuage de Tchernobyl ou la catastrophe de Fukushima, le défaut d’iode de la thyroïde entraîne la fixation d’iode radioactif, ce qui est à l’origine de cancers. L’Organisation Mondiale de la Santé a prévu d’administrer des comprimés d’iodure de potassium, mais elle estime qu’ils ne sont pas recommandés pour les adultes de plus de 40 ans car les effets secondaires augmentent avec l’âge et peuvent dépasser les effets protecteurs.

L’équilibre de notre organisme est chose subtile et les solutions pour le conserver ne seront jamais complètes.

Publié le 5 septembre 2012 par Louis Jung