Frère Albert (1925 – 2010)

Le Frère Albert Weber nous a quittés. Pendant de nombreuses années, inlassablement, il a sillonné les routes de nos régions pour vous parler de Terre d’Afrique. Il le faisait déjà alors que notre revue s’appelait encore Missionsglöcklein. Mais il était plus que cela… Pour beaucoup d’entre vous, il était un ami qui vous visitait régulièrement, il faisait pour ainsi dire partie de votre famille. Oui, Frère Albert savait écouter…

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Frère Albert Weber
Photo sma Est

C’était un vrai missionnaire, dans tous les sens du terme, même s’il n’a jamais œuvré en Afrique. C’est le prophète qui est l’ancêtre du missionnaire. Et le prophète, c’est un routard, un itinérant. Albert était un routard et un itinérant… Le prêtre reste lié à sa divinité. Il est attaché, cloué en quelque sorte à son sanctuaire et, souvent, il a du mal à s’en détacher. Il en est le gardien et c’est son gagne-pain. Mais le missionnaire – comme un migrant - va vers l’homme, son frère, par monts et par vaux, et sans frontières. C’était vraiment là le charisme de Frère Albert. Il savait écouter, conseiller, consoler, encourager, partager les joies et les peines. Guérir même, s’il le fallait… Dans une proximité toute fraternelle et très prophétique. L’homme de Dieu proche de l’homme de la terre.

Il était à l’image de l’envoyé de l’évangile, qui se livre, selon l’aventure de sa foi, à l’accueil, à la porte ouverte ou entre-ouverte, à la disponibilité hospitalière de ses frères. Sur la demande de son maître, l’envoyé du Christ est parti sans rien, ni tunique de rechange, ni sandales, ni argent. Pas même un bâton pour se défendre ! Ainsi, Albert, au nom de sa mission, était un vrai « routard ». Il a commencé par un vélo, qui n’était même pas neuf, puis par une moto essoufflée qu’il devait pousser dans les montées – sans bâton ni sandales dit l’évangile ! Il a dû revendiquer pendant des années un véhicule décent pour ses tournées dans la campagne d’Alsace et de Lorraine. Elles étaient pourtant indispensables, tant pour la revue du « Messager » que pour la reconnaissance de la SMA, à laquelle il a contribué puissamment, jusque dans ses vieux jours.

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Frère Albert Weber
Photo sma Est

C’était un bagarreur – c’est sûr – et un bagarreur qui savait être hargneux… Pascal disait que l’homme n’est qu’un roseau. Même l’homme chrétien est un roseau tourmenté par le vent de toutes les passions ; il est donc fragile et susceptible, pas toujours maître de lui-même. Comme beaucoup d’autres, et sans doute avec raisons, Albert se sentait victime de cette discrimination institutionnelle si courante dans nos instituts, qui divise alors qu’elle devrait unir en fraternité, qui oppose alors quelle devrait créer un esprit communautaire. Mais c’était un bagarreur pour la bonne cause, et un bagarreur consciencieux. Chaque samedi il faisait minutieusement ses comptes et envoyait l’argent par le bureau de poste le plus proche…

A chaque eucharistie qui nous réunit, nous célébrons le mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur. Cette célébration a un triple but : réconcilier, remercier et partager, afin que nous soyons régénérés, individuellement en tant que baptisés et communautairement comme les fils et filles du même Père, sans barrières ni frontières. Aussi, remercions le Seigneur pour tout ce qu’il a fait avec Albert et par Albert. Nous devons beaucoup à notre Frère Albert. Que le Seigneur donne maintenant à son fidèle serviteur la place qu’il lui a réservée dans son Royaume.

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Frère Albert Weber
Photo Marc Heilig

Bruder Albert - in memoriam

Damals gab es noch – wie nannte man sie schon : die Hausierer-und an manchem Tor stand folgendes : „Betteln und Hausieren verboten !“ Und sie kamen von allen Himmelsrichtungen und jeder Stammesherkunft : mit Tuch und Stoff, Nadeln und Fingerhut, Garn und Spule zum Nähen und Flicken, und später dann kamen sie noch mit Teppichen.

Geklingelt wurde noch nicht, aber angeklopft, ja, bei bellendem Hund… Und da stand er, unser Bruder Albert mit seinem breiten, freudigen und freundlichen Lächeln, und mit seinem Missionsheftchen - Missionsglöcklein genannt - in der Hand, wie andere vor ihm, so wie Bruder Xavier Welterlin und René Wach. Denn unter allen, die damals noch vom Hausieren lebten, standen auch die Missions Africaines. Es waren karge Zeiten, und unsere Propaganda-Brüder waren unentbehrlich. Sie fuhren mit dem Fahrrad noch über Berg und Tal, bei Wind und Regen oder unter brennender Sonne ! Und so wurde Bruder Albert vom Hausierer zum Bekannten, und vom Bekannten zum Freund, und öfters zum Familienfreund, zum engen Freund… der Freund, der Freud und Leid mit allen teilte und tiefsten Anteil nahm an jeglicher Familienangelegenheit.

Mit ihm konnte man reden, und ich würde sagen, er wurde auserkoren und berufen vom Herrn zu dieser Mission, weil er die nötigen Fähigkeiten dazu hatte… Er war so zu sagen zur Hausierer-Mission ausgesandt. Sein Amt übte er aus mit Eifer, Einsatz, Begeisterung, Arbeitslust und Ergebenheit… Manchmal knurrte er, hauptsächlich mit der Redaktion, weil die Dinge nicht vor sich gingen wie er es wollte… Kundendienst oder Dienst am Kunden nannte er das. Er wollte jedem gleich dienen und ihn bedienen. Und der Kunde ist ja herrschender König, aber er leistete auch großen Dienst am Nächsten und nicht nur am Kunden. Er war für jeden da und in jeder Angelegenheit : eine echte Hausierer-Mission !

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Frère Albert Weber
Photo Nestor Nongo Aziagbia

Und nun hat er uns verlassen um weiter hinauf zu pilgern, und da oben brauchte er nicht lange anzuklopfen : sein Platz war bereitet für den treuen Diener… Eines ist sicher : Hunderte von Freunden warteten auf ihn… Viele konnten nicht zur Trauerfeier kommen. Das Wetter war ja an diesem Mittwoch, dem 15. Dezember, so schlecht, aber mitgetragen am Sarg ihres Freundes haben sie alle ! Ruhe in Frieden, Bruder Albert !

Publié le 29 mars 2011 par Jean-Pierre Frey