Gilbert Anthony, légionnaire du Christ et de Marie 1932 – 2011

Né en 1932 à Pérouse (Territoire de Belfort), Gilbert Anthony fit ses études au collège St Etienne et à l’Ecole Normale de Strasbourg, puis au collège des Missions Africaines de Haguenau. Après la théologie, à Lyon et à St-Pierre, il est ordonné prêtre le 3 janvier 1960 à St-Pierre par Mgr Weber. En 1961, il part pour une année pastorale à Lomé-Bè, avant de rejoindre la Côte d’Ivoire, où il passera toute sa vie missionnaire : Ferkessédougou, Kouassi-Datèkro, Tanda et enfin Tabagne. En avril 1989, il est fait officier de l’Ordre National ivoirien. Depuis son retour en France, il assurait le poste d’aumônier à la Maison de retraite St Joseph à Strasbourg, tenue par les Frères de la Charité de Marie Auxiliatrice.

Fondateur de la mission de Tabagne

Lorsqu’en 1971 Mgr Kwakou Abissa, Evêque d’Abengourou, érigea Tabagne en paroisse, il y nomma deux prêtres sma : le P. Gilbert Anthony, responsable de la mission, et le P. Albert Lirot. Ils y travaillèrent ensemble de 1971 à 1982. Leur pastorale comprenait la visite régulière des villages, la formation des catéchistes et l’ouverture de nouvelles communautés dans les villages. Ils insistaient auprès des fidèles pour qu’ils construisent rapidement des chapelles. Les célébrations liturgiques avaient lieu en divers endroits afin que les différents villages en bénéficient.

Le P. Anthony, entre le P. Fuchs (à g.) et le P. Romaniak.

De 1982 à 1983, Gilbert Anthony eut l’aide de Dario Dozio, un confrère sma italien en stage pastoral, travailla à l’inculturation de la foi chrétienne en milieu abron-koulango et organisa les jeunes de la paroisse en groupes de prière.
Gilbert Anthony continua ensuite seul jusqu’en 1985. Il rentra alors en congé, laissant la paroisse à l’abbé Kouakou Kré. De retour en 1986, le Père Anthony eut le P. Romaniak comme collaborateur. Leur programme pastoral insistait sur la visite des villages, la prière dans les quartiers et dans les communautés villageoises, et sur l’éveil des vocations. Puis le P. Anthony tomba gravement malade et dut être rapatrié [1].

La Légion de Marie

La Légion de Marie fut créée à Tabagne dès 1972, sous l’impulsion du Père Anthony, qui était l’aumônier diocésain de ce mouvement. Elle regroupait au départ une douzaine de membres, et connut une période faste entre 1972 et 1976. Outre les activités de prière, de réflexion et de rencontre propres au mouvement, les légionnaires se rendaient en groupe dans les villages où l’Eglise était tombée ou avait du mal à s’implanter. Après avoir salué tout le village, ils visitaient les anciens chrétiens, en essayant de les convaincre de se rendre à une réunion de concertation. Là, on cherchait les moyens de surmonter le problème. Dans les villages où il n’y avait jamais eu de chrétiens et l’évangélisation n’avait pas été faite, les légionnaires demandaient au chef du village la permission de faire des réunions chez lui. Les Légionnaires proclamaient un évangile sur la résurrection, parlaient de la vie après la mort, du pardon des péchés, etc. Ces réunions vespérales pouvaient se reproduire deux ou trois jours de suite. Il était rare de ne pas recueillir quelques inscriptions à l’issue de ces tournées.

Missionnaires à l'honneur : le P. Anthony et le P. Romaniak.

Dès son arrivée en Côte d’Ivoire, Gilbert Anthony avait dévoilé sa profonde dévotion à Marie, la mère des prêtres. Il est resté jusqu’au bout un frère fidèle et un animateur fervent de la Légion de Marie. C’est de cela que témoignait le faire-part de la Légion de Marie dans les Dernières Nouvelles d’Alsace : « Il a été pour les membres de la Légion de Marie un aumônier fidèle, généreux et d’une constante disponibilité et ils voudraient lui témoigner leur reconnaissance. »

Je ne suis plus avec vous que pour peu de temps. Vous me chercherez et comme j’ai dit aux Juifs : « Là où je vais, vous ne pouvez venir », à vous aussi maintenant je le dis. Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres [2].

[1] Le Père Romaniak, quant à lui, se retira à la Maison de retraite SMA à Saint-Pierre. De 1989 à 1992, ce furent l’Abbé Pierre Kouakou Kré et le Père André Fuchs, venant de Nassian, qui assurèrent l’animation de la paroisse.

[2] Jn 13, 33-35.

Publié le 28 juin 2011 par Jean-Paul Eschlimann