Haguenau : belle fête du centenaire de la chapelle des Missions Africaines

La communauté des fidèles du quartier des Missions Africaines de Haguenau a vécu, dimanche 26 juin 2016, un temps fort de fête et d’action de grâces avec la célébration des 100 ans de leur discret et intime sanctuaire, la chapelle des Missions. Une centenaire bien portante qui fait le plein pratiquement chaque dimanche.

La messe solennelle d’action de grâces à 10 heures a été présidée par le curé-doyen Stanislas Kupszak de la communauté de paroisses St-Georges de Haguenau et St-Joseph de Marienthal, à laquelle la chapelle est rattachée. Il était entouré d’une dizaine de confrères diocésains et religieux de la Société des Missions Africaines, alors que la remarquable chorale du chœur de la chapelle a rehaussé la célébration avec un florilège de chants sous la direction d’Hubert Wohlfrom. Le Père Jacques Noirot, officiant de la chapelle, a pu saluer d’entrée le député-maire Claude Sturni, le premier adjoint et conseiller départemental André Erbs, et d’autres édiles de Haguenau qui ont honoré de leur présence les organisateurs et la communauté de fidèles. Le directeur du collège St-Arbogast des Missions Africaines, Olivier Bady, s’est également joint plus tard à l’assemblée.

Témoin discret de la vie de la famille sma
Dans son homélie, le Père Jean-Marie Guillaume, supérieur du district SMA de Strasbourg, a souligné que « cet anniversaire était l’occasion de rendre grâce par la prière pour la fidélité centenaire de tous ceux qui ont fréquenté cette chapelle et qui l’ont entretenue en toute simplicité et modestie. C’est une grande joie de pouvoir célébrer ce centenaire dans une chapelle entièrement rénovée et nouvellement illuminée ». Il a tenu à saluer « le dynamisme et l’esprit d’initiative et d’entreprise » de l’Association St-Arbogast des Missions Africaines de Haguenau qui s’occupe de l’entretien de ce lieu de culte. Celui-ci, depuis près de 90 ans, est « un témoin discret de la vie de la grande famille sma. En effet, de nombreux missionnaires ont été formés ici, et ont été de passage ici pour témoigner de leur vie et action en Afrique. Nombreux aussi ont été les élèves qui ont passé et prié dans cette chapelle qui est également, aujourd’hui et depuis de nombreuses années, le lieu de beaucoup de mariages et de baptêmes », notamment dans les familles d’anciens élèves du collège St-Arbogast.

Le prédicateur a ensuite consacré une bonne partie de son homélie à la présentation historique, architecturale et ornementale de la chapelle centenaire, sur la base des recherches effectuées par le weitbruchois Bruno Gester, un habitué des lieux dès sa jeunesse en tant qu’élève de l’ancienne école (aujourd’hui collège) St-Arbogast au tournant des années 1950-60 ; il est actuellement membre honoraire de la SMA et membre du comité de l’Association St-Arbogast citée plus haut.

Edifiée à l’ombre du bâtiment massif du collège des Missions, cette chapelle a partie liée avec ce qu’était le collège actuel au temps du Reichsland : un établissement de l’État impérial allemand pour l’éducation et le redressement des garçons. Ouvert dès 1875, cet établissement public, comme tous ceux du même genre à l’époque (hôpitaux, établissements scolaires, prisons...) se devait d’avoir un lieu de culte. A l’origine, cette chapelle se trouvait à l’intérieur du bâtiment principal, à l’étage supérieur, entre les deux frontons centraux. Elle fut détruite par un incendie en 1885 et néanmoins restaurée à la même place.

Deux cultes sous un clocheton
Cependant, devant le besoin de place dans le bâtiment principal, l’idée fit son chemin de construire une nouvelle chapelle à l’extérieur. Les appels d’offres furent lancés en janvier 1914, à la veille de la Grande Guerre, et le chantier fut achevé en 1916 dans la discrétion, les priorités du moment se situant ailleurs. Le nouvel édifice, qui a gardé jusqu’à ce jour ses caractéristiques extérieures, comporte une grande nef pour les offices catholiques (230 places assises actuellement) et une chapelle protestante abritant aujourd’hui un musée d’art et artisanat africain, les deux se croisant à angle droit avec un clocheton commun.

En 1919, l’ensemble de l’établissement passa d’abord entre les mains de l’administration pénitentiaire française, avant d’être remis aux Domaines après une fermeture programmée. Lorsque la Société des Missions Africaines acquit l’ensemble en 1927, la chapelle changea de fonctions et devint un lieu de culte pour une communauté de prêtres et d’élèves de ce qu’on appelait alors l’École St-Arbogast des Missions Africaines. Et aussi un lieu de service paroissial pour les habitants du quartier, ce qu’elle est encore aujourd’hui.

Le bâtiment est d’une architecture assez éclectique. Il a été adapté profondément à ses fonctions nouvelles dans les années 1930 (autels, statuaire, vitraux...), puis a été ponctuellement modifié. Comme en témoigne la statue de la Vierge dans la niche illuminée du chœur, le sanctuaire a été placé sous le patronage de Notre Dame en son image de l’Immaculée Conception. Elle est la patronne de la SMA, qui fut fondée le 8 décembre 1856, fête de l’Immaculée-Conception.

Des vitraux remarquables
Les éléments les plus remarquables en sont les vitraux, et d’abord ceux de la nef, réalisés en 1937 par l’atelier verrier haguenovien Bohl, repris plus tard par le maître verrier Tristan Ruhlmann. Ils représentent Saint Arbogast, patron de l’école puis collège des Missions, St-François-Xavier et St-Pierre-Claver, deux saints missionnaires, et St-Louis de Gonzague, patron des jeunes gens.
Les deux vitraux du chœur proviennent de l’ancienne chapelle intérieure. Ils ont été réalisés par Jean-Paul Schur, élève de Tristan Ruhlmann, et représentent les symboles eucharistiques du blé et de la vigne. Ils semblent fortement inspirés par une œuvre du maître dans la chapelle de l’institution Ste-Philomène de Haguenau. Ils font actuellement l’objet d’une édition de timbres par La Poste sur commande des Missions Africaines [1]. A remarquer par ailleurs la statuaire en pierre blanche : St-Joseph, Ste-Thérèse et les bas-reliefs du chemin de croix.

Une rénovation récente
La chapelle a bénéficié récemment d’une rénovation intérieure importante portée par l’Association St-Arbogast qui veille depuis plus de trente ans à la restauration et à l’entretien de l’édifice. Une rénovation de l’empoutrerie dans le clocheton s’imposerait toutefois pour rendre sa voix à la petite cloche… Cette célébration du centenaire s’est poursuivie, à l’issue de la messe, par la bénédiction de la statue fraîchement repeinte de St-Joseph à l’Enfant Jésus, qui vient de trouver un nouveau piédestal dans l’entrée de la chapelle, après avoir trôné durant des décennies sur un pignon des imposants bâtiments de l’ancienne ferme des jésuites voisine. Sa remise en couleurs a été réalisée par des élèves du lycée professionnel Heinrich Nessel de Haguenau dans le cadre d’un projet défini avec leur professeur de peinture. La matinée festive s’est achevée par le verre de l’amitié offert aux invités et à toute l’assemblée.

[1] Après les peintures des Pères Woelffel et Varoqui, les Missions Africaines ont fait éditer ce troisième carnet de timbres qui reproduisent des détails des deux vitraux que le Père Schur a composés pour la chapelle des Missions Africaines de Haguenau. Dans la continuité technique et artistique de maître-verrier Tristan Ruhlmann, ces deux vitraux sont parmi les plus réussis que le Père Schur ait réalisés.
Comme les précédents, il s’agit de timbres autocollants pour lettre prioritaire 20 g. Ils sont vendus en carnet de 4 pièces (2 de chaque) au prix de 7 €. On peut se procurer ce carnet auprès des Missions Africaines, 4 rue Le Nôtre, 67000 STRASBOURG.

Publié le 27 octobre 2016 par Etienne Weibel