Hymne du Jubilé de la Miséricorde

Hymne du Jubilé de la Miséricorde

Misericordes sicut Pater ! in aeternum misericordia eius [1] – Miséricordieux comme le Père , la devise du Jubilé.

Le logo et la devise de l’année de la Miséricorde
Le logo et la devise, les deux ensemble, offrent une heureuse synthèse de l’Année jubilaire. Dans la devise « Misericordes sicut Pater », « Miséricordieux comme le Père », tirée de l’Evangile de Luc [2], il nous est proposé de vivre la miséricorde à l’exemple du Père qui demande de ne pas juger et ne pas condamner, mais de pardonner et donner l’amour et le pardon sans mesure :
« Ne vous posez pas en juges et vous ne serez pas jugés, ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés, acquittez et vous serez acquittés.
Donnez et on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante qu’on versera dans le pan de votre vêtement, car c’est la mesure dont vous vous servez qui servira aussi de mesure pour vous [3] ».

Le logo, (œuvre du Père Jésuite Marko I. Rupnik, se présente comme une petite somme théologique du thème de la miséricorde. Il montre, en effet, le Fils qui charge sur ses épaules l’homme égaré, reprenant une image bien chère à l’Église ancienne, celle du Bon Pasteur, portant sur ses épaules la brebis blessée, exprimant l’amour du Christ dans son humanité. Le Bon Pasteur accueille sur sa joue, comme dans un baiser, l’homme égaré avec un tel amour qu’il lui change la vie. En prenant sur ses épaules cet homme égaré qui a besoin d’être soutenu, d’être porté, le Bon Pasteur charge sur lui, avec une miséricorde infinie, l’humanité entière. L’œil droit du Bon Pasteur se confond avec l’œil gauche de l’homme, comme si le Christ empruntait cet œil de l’homme pour voir sa misère. L’inverse aussi se manifeste : l’œil de l’homme devient l’œil du Christ et l’homme peut alors voir toute la sollicitude, tout l’amour du Christ pour lui. Le Christ voit par les yeux de l’homme, et l’homme voit par les yeux du Christ, à un point tel que le visage de l’homme ressemble au visage du Christ.

Les stigmates de la passion bien en évidence sur les mains et les pieds de Jésus rappelle que le Christ a souffert jusqu’au don de sa vie sur la croix pour l’humanité en voie d’égarement. D’ailleurs, le Christ est encore sur la Croix, ses deux jambes sont en effet disposées sur deux poutres de bois noires qui pourraient très bien suggérer les bras de la croix.

Cette scène se situe à l’intérieur d’une forme géométrique qui rappelle celle de l’amande, un symbole particulier de l’iconographie ancienne et du Moyen-âge, signifiant la coprésence des deux natures, la nature divine et la nature humaine, dans le Christ. Les trois ovales concentriques de couleur, qui deviennent de plus en plus clairs quand on vient de l’intérieur vers l’extérieur, évoquent le mouvement du Christ tirant l’homme en dehors de la nuit du péché et de la mort. En plus, la profondeur de la couleur plus foncée évoque aussi l’impénétrabilité de l’amour du Père qui pardonne tout. L’homme a été revêtu d’une tunique de couleur orange-jaune, couleur de lumière. Le regard du Christ qui le transforme l’a revêtu de lumière.

[1] Cf. Ps 135/6 ; Lc 6,36.

[2] Lc 6, 36 : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ».

[3] Lc, 6, 37-38.

Publié le 8 mars 2016 par Jean-Marie Guillaume