Jésus ressuscité

Jésus révélé, manifesté, identifié, libéré.

Il faut admirer la discrète politique de Jésus. Il n’aime pas les actions d’éclats (baptême, transfiguration, miracles…) devant la foule qui, avec beaucoup de bruit, est si instable qu’elle va trahir son bienfaiteur devant le palais de Pilate le Vendredi Saint. Jésus aime la discrétion et les lieux retirés.

Une fois encore, c’est dans la discrétion qu’il est sorti du tombeau, sans aucune manifestation céleste comme lors de la nuit de Bethléem. Sauf un petit éclat, au lever du jour, qui a tiré les soldats de leur sommeil matinal alors qu’ils auraient dû veiller.

Depuis le 7e jour de la création, où il s’est retiré, Dieu est discret et muet. Ainsi, en ce matin de Pâques, personne n’était là comme témoin. Personne ne pourra donc se vanter un jour et dire : « J’ai vu, je l’ai vu se lever et sortir ». Nous sommes invités à croire sur parole ! Mais quelle parole ? Celle que Jésus lui-même a dite :
Il ajouta qu’il fallait que le Fils de l’homme souffrît beaucoup, qu’il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour.

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La Cène. Vitrail de l’église abbatiale de St-Quirin (Moselle)
Photo Marc Heilig

Cela ne sera pourtant pas la fin de son parcours. C’est pour cela qu’à Pâques, Jésus ressuscité nous invite à entrer dans un autre monde et à faire à une nouvelle naissance. Il est vivant, mais il sera désormais invisible ; il est à nos côtés, mais il n’intervient pas et reste apparemment inactif. Il est venu et s’est fait chair pour ressusciter et être présent. Ce Jésus ressuscité sera désormais notre route vers le Père. C’est pourquoi il dit à chacun : « Toi, suis-moi ! »

C’est ainsi qu’à Pâques, Jésus ressuscité nous invite à une route nouvelle qui a été tracée avec chacun de nous pendant ces quarante jours de Carême. Tout cela, c’est une affaire de foi et de confiance dans la présence du Ressuscité.

Marie Madeleine, en ce matin de Pâques, vivait encore dans l’esprit d’avant la résurrection, lorsque Jésus, après avoir chassé les démons qui la possédaient, lui a proposé de prendre à sa suite un nouveau chemin sous sa protection. Mais dans son trouble, elle a confondu son Rabbouni, le petit maître de son cœur, avec le jardinier. C’est un peu fort !

C’est la voix du Christ, et non son apparence humaine de ressuscité, qui l’a rappelée à la réalité et lui a proposé, une fois encore, d’aller vers le Père. Comme à chacun d’entre nous en ce matin de Pâques.

Pâques, c’est regarder le monde autrement. Pâques, c’est purifier son cœur, car on ne voit bien qu’avec son cœur [1]. Ainsi, dans l’évangile de Jean, l’apôtre que Jésus aimait est arrivé au tombeau. Il a vu les linges et le tombeau vide et il a cru… En silence [2] - le silence de son cœur !

[1] Selon le livre de Saint-Exupéry Le petit Prince.

[2] Jean 20. 8.

Publié le 29 mars 2017 par Jean-Pierre Frey