Kong : une nouvelle paroisse au diocèse de Katiola

La bonne chèvre sait brouter là où on l’attache. Ce proverbe africain montre que tout être a la possibilité de s’épanouir là où les contingences de la vie l’obligent à demeurer.

J’ai pris officiellement fonction, en tant que curé de Kong, depuis le 11 septembre dernier. Fonder une paroisse signifie d’abord bâtir une communauté chrétienne. Les bâtiments viennent ensuite : construction d’un presbytère, de salles de réunion et de catéchèse, d’un préau et de l’église paroissiale.

Il n’y a pas de bonne route pour accéder à Kong : 69km de piste à parcourir pendant 3h pour rejoindre la route internationale par Ngolodougou-Tafiré, ou 106km par Ferké. Il faudrait dans tous les cas une moto, à défaut d’une auto.

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La marche des Rois Mages. Art chrétien senoufo.
Dessin Jacques Varoqui

J’ai décidé de loger dans un premier temps à Tafiré, la paroisse la plus proche (75km) avec des confrères prêtres pour former communauté avec eux pendant que j’essaierais d’engager quelques travaux de réfection d’une petite maison de deux pièces accolée à l’ancienne chapelle construite par Mgr Jean-Marie Kélétigui. J’y logerai en attendant la construction du presbytère.

Au niveau du travail pastoral, les choses ont très bien démarré. Les quelques fidèles qui fréquentent la chapelle sont très contents de mon arrivée. Leur enthousiasme me stimule. Nous avons lancé officiellement l’année pastorale le 20 novembre dernier. Pendant la messe, je leur ai lancé un appel en insistant sur leur participation à l’édification de la nouvelle paroisse.

Celle-ci est dédiée au Christ-Roi de l’Univers. Elle s’étend d’un bout à l’autre de Sikolo à Gorowi sur 175km environ et elle compte 67 villages. La tournée que j’ai faite, dès mon arrivée, avec les catéchistes, nous a fait découvrir seulement 23 villages où il y a une présence chrétienne, les autres étant musulmans ; la ville de Kong elle-même ne compte à ce jour que 3 catéchumènes. Les autres qui fréquentent l’église sont des Lobis venus de Nassian, Dorokpo, Bouna et Tihini, et ils habitent les campements environnants pour leurs cultures d’ignames.

Quant à mon orphelinat, les soucis ne manquent pas. Une fois par semaine, je pars de Kong pour passer la journée de mardi et de mercredi avec les enfants de l’orphelinat. Ils sont épanouis et les plus âgés s’occupent des plus jeunes. J’y remarque une vraie vie de famille, et cela me comble de joie. A ce jour, c’est une maison réhabilitée de 8 pièces qui sert d’orphelinat. Elle se situe dans un quartier de Katiola. Mais elle ne peut abriter que 24 enfants avec l’équipe qui les encadre.

Mon évêque, Mgr Ignace Bessi, à qui j’ai remis un exemplaire des statuts, m’a félicité pour le travail qui est fait pour ces enfants en difficulté. Mais il m’a encouragé à éduquer plutôt les consciences, afin que les traditions inhumaines n’obligent plus à éliminer les enfants handicapés ou ceux dont la maman meurt en couches.

Publié le 22 mars 2012 par Germain Coulibaly Kalari