L’efficacité de la Parole de Dieu

4ème dimanche ordinaire

1 – Lectures [1]

Première lecture
Lecture du livre du Deutéronome (Dt 18, 15-20)
Moïse annonce le prophète des temps à venir

Moïse dit au peuple d’Israël : « Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez. C’est bien ce que vous avez demandé au Seigneur votre Dieu, au mont Horeb, le jour de l’assemblée, quand vous disiez : Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur mon Dieu, je ne veux plus voir cette grande flamme, je ne veux pas mourir !
Et le Seigneur me dit alors : Ils ont raison. Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai. Si quelqu’un n’écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, moi-même je lui en demanderai compte. Mais un prophète qui oserait dire en mon nom une parole que je ne lui aurais pas prescrite, ou qui parlerait au nom d’autres dieux, ce prophète-là mourra.  »

Psaume : Ps 94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9

R/ Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur.

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il conduit.

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
où vos pères m’ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

Deuxième lecture
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 7, 32-35)
La virginité pour le Seigneur

Frères,
j’aimerais vous voir libres de tout souci. Celui qui n’est pas marié a le souci des affaires du Seigneur, il cherche comment plaire au Seigneur. Celui qui est marié a le souci des affaires de cette vie, il cherche comment plaire à sa femme, et il se trouve divisé.
La femme sans mari, ou celle qui reste vierge, a le souci des affaires du Seigneur ; elle veut lui consacrer son corps et son esprit. Celle qui est mariée a le souci des affaires de cette vie, elle cherche comment plaire à son mari.
En disant cela, c’est votre intérêt à vous que je cherche ; je ne veux pas vous prendre au piège, mais vous proposer ce qui est bien, pour que vous soyez attachés au Seigneur sans partage.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 1, 21-28)
Jésus est le Prophète qui enseigne avec autorité

Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit mauvais, qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. »
Jésus l’interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme. »
L’esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui en poussant un grand cri. Saisis de frayeur, tous s’interrogeaient :
« Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. »
Dès lors, sa renommée se répandit dans toute la région de la Galilée.

2 – Homélie

La liturgie évoque en ce quatrième dimanche du temps ordinaire une des représentations que l’homme se fait de Dieu. Pour les anciens, il se manifestait dans la puissance de la nature par l’éclat et le grondement du tonnerre, par les tempêtes fracassantes, par le feu dévorant. Tel est le récit que donne le livre de l’Exode de la manifestation de Dieu au peuple d’Israël au mont Horeb :

« Le troisième jour, dès le matin, il y eut des coups de tonnerre, des éclairs, une lourde nuée sur la montagne, et le son d’une trompette puissante ; dans le camp, tout le peuple trembla. Moïse fit sortir le peuple hors du camp, à la rencontre de Dieu, et ils restèrent debout au pied de la montagne. La montagne du Sinaï était toute fumante, car le Seigneur y était descendu dans le feu ; la fumée montait, comme la fumée d’une fournaise, et toute la montagne tremblait violemment. Le son de la trompette était de plus en plus fort. Moïse parlait, et Dieu lui répondait dans le tonnerre [2]. »

Cette rencontre avait laissé une forte impression sur le peuple, au point qu’il ne souhaitait plus voir le Seigneur face à face. Moïse le leur rappela d’ailleurs en ces termes : « C’est bien ce que vous avez demandé au Seigneur votre Dieu, au mont Horeb, le jour de l’assemblée, quand vous disiez : Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur mon Dieu, je ne veux plus voir cette grande flamme, je ne veux pas mourir ! [3]. »

Toutefois, le Seigneur n’est pas devenu indifférent aux préoccupations de son peuple. Il s’est intéressé à leurs besoins. Pour continuer à rester présent au milieu de ses enfants, il a suscité des hommes et des femmes qu’il s’est choisis. Ce sont les prophètes, dont la mission est de révéler sa volonté, de le faire connaître et aimer. Ils rappellent au peuple ses engagements vis-à-vis de Dieu et l’exhortent au respect de l’alliance. C’est pourquoi ils parlent au nom de Dieu. Ils ne s’approprient pas son message, ils n’en sont que les porteurs. Ils se conforment en toute chose à la volonté de Yahvé. On reconnaît en cela le vrai du faux prophète. En effet, il ne suffit pas de se réclamer de l’autorité de Dieu ni de parler en son nom pour être nécessairement son porte-parole. Dans cette tentative, Satan a été démasqué et réduit au silence.

La Parole de Dieu doit être encore aujourd’hui annoncée aux hommes de notre temps. Il est du devoir de chaque baptisé de faire connaître le Seigneur. Cette mission relève de notre responsabilité baptismale car tout baptisé a été investi de la triple dignité de prêtre, de prophète et de roi. Loin de ramener à soi la communauté ou d’en profiter, le baptisé, en tant que prophète, édifie, exhorte et console.

Dans l’attachement sans partage au Christ, dans l’écoute de la Parole de Dieu, dans la conformité et le respect de sa volonté, nous sommes appelés à manifester la fidélité de Dieu à l’égard de ses enfants. C’est en cela que notre ministère de prophètes nous engage aujourd’hui auprès des hommes de notre temps.

[1] (c) AELF 2011 www.aelf.org, le site officiel de la traduction française de la liturgie catholique.

[2] Ex 19, 16-19.

[3] Dt 18, 16.

Publié le 1er février 2012 par Nestor Nongo Aziagbia