L’évêque de Metz au Zinswald

La communauté des membres canoniques et des laïcs associés du district sma de Strasbourg a célébré, mardi 8 décembre 2015 à la Maison du Zinswald, la fête patronale de l’Immaculée Conception et dans le même temps le 159e anniversaire de la fondation de la Société des Missions Africaines en présence de l’évêque du diocèse de Metz, Mgr Jean-Christophe Lagleize.

Une bonne trentaine de Pères du district de Strasbourg, auxquels s’étaient joints une dizaine de membres honoraires laïques, avaient répondu à l’invitation du Père supérieur Jean-Marie Guillaume et du Père Lucien Derr, responsable et économe de la Maison du Zinswald. Dans son mot de bienvenue, le Père Guillaume a cordialement salué le prélat venu de Metz qui, à cette occasion, « découvrait » la Maison sma du Zinswald sertie dans son chatoyant écrin forestier et baignée d’un doux soleil ce jour-là, ses confrères sma dont quelques-uns originaires d’Afrique et d’Inde du Sud, ainsi que les membres honoraires laïques qui les accompagnaient.

Installé en novembre 2013 comme évêque du diocèse de Metz succédant à Mgr Pierre Raffin, après douze années à la tête de l’évêché de Valence dans la Drôme, Mgr Jean-Christophe Lagleize a tenu, en cette « année de la vie consacrée » 2015, à faire le tour des communautés religieuses de son diocèse pour en saisir la situation du moment. Venu au Zinswald le jour-même où le pape François a poussé à la basilique St-Pierre de Rome la Porte sainte s’ouvrant sur « l’année de la Miséricorde » 2016, fermant par là même celle de « l’année de la vie consacrée », il s’est dit « surpris par le peu de membres que comptent les communautés de religieux » dans son diocèse. Et la situation n’est guère meilleure chez les religieuses : leur nombre diminue constamment dans leurs communautés, dont « trois vont fermer leurs portes » dans un avenir proche. Le prélat « tient à la présence d’une vie consacrée dynamique dans son diocèse, qui ne doit pas se limiter au périmètre géographique de la Moselle ». Il a rappelé à cet égard qu’il y a 50 ans se clôturait le concile Vatican II qui « a renouvelé la conception de l’accomplissement de la vie religieuse ».

Trois grands chantiers dans le diocèse de Metz
Après l’auto-présentation de chaque participant, en particulier des six Pères sma [1] qui sont chargés de la pastorale de la communauté de paroisses autour du Plan incliné de Saint-Louis – Arzviller faisant partie du diocèse de Metz, ou qui y donnent encore un coup de main s’agissant des plus âgés et des retraités, Mgr Lagleize a énuméré trois grands chantiers qu’il compte mener à bien dans son diocèse.
En premier lieu, celui de la « diaconie caritative » qui doit être développée et renforcée pour faire face aux « nouvelles pauvretés » à prendre en compte dans une société confrontée aux défis croissants du chômage, de l’immigration, de l’éclatement de la cellule familiale…
Faire le tri dans « l’immobilier diocésain » , dont beaucoup de bâtiments sont inutilisés ou à rénover et réaménager, est le deuxième grand chantier. Originaire du diocèse « pauvre » de Bourges, de la « France de l’intérieur », Mgr Lagleize, en prenant en charge le diocèse de Metz régi par le Concordat comme celui de Strasbourg, a « découvert la puissance des conseils de fabrique » qui brassent une bonne partie de l’argent des paroisses. Il souhaite une meilleure péréquation de cet argent qui doit être destiné en priorité à « financer l’annonce de l’Évangile ».
Enfin, « mener une réflexion sur le diaconat » est son troisième grand chantier. Il a pu déceler au cours de ses visites que « le diocèse de Metz a encore des forces qu’on ne soupçonnait plus par routine ou par habitude ». Il existe chez les laïcs de fortes capacités de disponibilité, d’engagement et d’investissement au service de l’Eglise et de l’annonce de l’Evangile qui sont autant de « signes de force et d’espérance ».

Marie, la « première missionnaire »
Cette rencontre d’une bonne heure, informelle et dans la bonne humeur, a été suivie d’une célébration eucharistique dans la chapelle dont la peinture a été rénovée entièrement et de belle manière l’année dernière. L’évêque de Metz était assisté à l’autel par les Pères Guillaume et Derr ainsi que le diacre Jean-Paul Fischer, membre honoraire actif des Missions africaines. Le Père Claude Rémond a entraîné l’assemblée, accompagnée à l’orgue par Frère Matthieu, dans des chants de circonstance, et notamment de louange à Marie.
L’homélie de Mgr Lagleize était bien évidemment centrée sur le mystère de l’Immaculée Conception de Marie qu’il a présentée comme « la première missionnaire » à partir du jour où elle a quitté Nazareth. « Dieu le Père a choisi Marie pour donner chair au Christ Rédempteur et Sauveur, et Marie a répondu oui en toute liberté. Et nous aussi avons choisi de répondre oui à l’appel du Père », a-t-il rappelé en particulier aux pères missionnaires présents. « Accueillir Jésus et le porter dans toutes les nations : telle est la vocation missionnaire. Marie nous montre ce chemin… ». Et le prélat d’évoquer des souvenirs marquants de son enfance et de sa jeunesse, lui qui s’est rendu maintes fois dans la vieille chapelle mariale de Fourvière, en face de la basilique actuelle, à Lyon où a été fondée en 1856 la Société des Missions Africaines par Melchior de Marion-Brésillac : « Quand on rentre et se recueille dans cette chapelle, on a vite la conviction que Marie est bien celle qui soutient l’effort missionnaire ».

Pour clore cette belle journée sous un doux soleil d’automne, l’incontournable heure de l’apéro et un succulent et délicieux repas préparé avec soin et servi avec diligence par l’équipe de cuisine bien rodée de la Maison du Zinswald, ont réuni l’ensemble des participants dans une ambiance bon enfant de partage et de fraternité.

[1] Lucien Derr, Arthur Becker, René Soussia, Antoine Brencklé et leurs jeunes confrères africains Albert Kouamé et Justin Inandjo.

Publié le 8 mars 2016 par Etienne Weibel