L’héritage de Mgr de Marion Brésillac

Un anniversaire, un jubilé, est une occasion de rendre grâce pour le chemin parcouru, pour les grâces reçues, et dans notre cas, pour le privilège qui nous est donné, à nous missionnaires, de participer à l’œuvre d’humanisation et d’évangélisation du monde dans lequel nous sommes invités à vivre, pour le travail qui a été réalisé à travers notre Société Missionnaire et les personnes rencontrées, aidées, aimées.

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Le Père J.-M. Guillaume devant la statue de Mgr Brésillac à Karumathur (Inde).
Photo Jean-Marie Guillaume

Un anniversaire est aussi une occasion de nous appuyer sur ce qui a été accompli pour en retirer de nouvelles forces ou de nouvelles orientations. Nous savons en effet que la mission, quels qu’en soient ses lieux géographiques, ses modalités, son environnement humain, moral, social et économique, est toujours à reprendre. Deux synodes récents de l’Église universelle ont d’ailleurs porté sur l’évangélisation, la « deuxième Assemblée Spéciale du Synode des évêques pour l’Afrique sur la réconciliation, la justice et la paix dans le continent » (2009), et le récent synode sur « la Nouvelle Évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne » (2012).

« Mon œuvre vivra tant qu’il y aura une volonté pour la maintenir… »

Le 1er janvier 1859, alors qu’il se trouve à Paris et qu’il écrit au Père Planque pour lui offrir ses vœux, Mgr de Marion Brésillac dévoile sa pensée devant les incertitudes de l’année qui s’annonce : « Dieu seul sait ce qui m’attend de peines et de difficultés cette année ; mais il me semble que, par sa grâce, je suis tout prêt à souffrir les épreuves de la tempête physique et morale, et si la mort et ses écueils voulaient que cette année fût ma dernière, vous seriez là pour que l’œuvre ne fît pas naufrage ». Peu avant de s’embarquer, rappellera plus tard le Père Planque, le Fondateur lui confie la Société naissante : « Mon œuvre vivra tant qu’il y aura une volonté pour la maintenir, et vous serez cette volonté-là » [1].

Mgr de Brésillac est mort à Freetown le 25 juin 1859. Le dernier de ses compagnons parti en Sierra Leone, le Père Louis Reymond, mourrait quelques jours plus tard, le 28 juin. À Lyon restait le Père Augustin Planque, avec deux prêtres, deux frères et quatre séminaristes. Avec courage et détermination il reprend l’œuvre à peine commencée. Il restera à la tête de la Société des Missions Africaines jusqu’à sa mort le 21 août 1907. Sous son impulsion, l’œuvre se développe. En 1861, il ouvre le séminaire des Missions Africaines à Lyon, où seront formés des centaines de missionnaires pour l’Afrique.

[1] Rapport à « Propaganda Fide » 1885.

[2] Elles pouvaient entraîner des attentes allant jusqu’à deux ans ou à des refus.

[3] Documents de mission et de fondation, 220.

Publié le 8 octobre 2014 par Jean-Marie Guillaume