La 60e Journée Mondiale de la lèpre à Kolowaré (Togo)

Le dimanche 27 janvier, nous avons fêté avec nos malades la 60e Journée Mondiale de la lèpre. Voici quelques mots sur Kolowaré, son Centre de Santé, ses habitants : une invitation à un moment de communion, d’amitié, de fraternité…

La communauté chrétienne de Kolowaré compte environ un millier de fidèles. Avec le noyau musulman et ceux d’autres courants religieux, nous formons la famille de Kolowaré. Notre « monde » est composé d’environ 6200 personnes : le village, les fermes et campements proches, et même quelques hameaux très éloignés. Des gens simples, qui cultivent un petit arpent de terre pour subsister : mil, sorgho, maïs, manioc, igname, haricots.

Parmi eux, une soixantaine d’anciens lépreux, tous avec des mutilations graves, presque totalement à la charge des Sœurs. Depuis quelques années, avec le SIDA, nous arrivent une multitude de nouveaux malades, hommes, femmes et enfants. Pour s’occuper du Centre et prendre soin de ce monde voici les noms des Sœurs de Notre-Dame des Apôtres (NDA) : Béatrice, Togolaise, Etta, Italienne et Mabel, Ghanéenne. Ce sont les trois infirmières. Avec elles travaille une quinzaine d’autres personnes : 3 infirmiers, 2 accoucheuses, 3 laborantins, 3 agents d’entretien, une gestionnaire de pharmacie. Depuis 2012 opèrent au Centre deux assistants médicaux, l’un à plein temps, l’autre deux fois par semaine, et un médecin, le Docteur Niman, qui vient deux ou trois fois par semaine. Il est très compétent, accueillant et patient, aussi la nouvelle a-t-elle fait le tour des environs ; les jours des visites, il est débordé de malades. En 2012, le dispensaire a donné des consultations à 9350 personnes.

Ce médecin a obtenu l’autorisation d’avoir à Kolowaré une banque de sang. Auparavant, tous les malades, surtout les enfants et les malades du SIDA très anémiés, devaient être évacués à Sokodé, au Centre Hospitalier Régional, à 18 km, avec des dépenses importantes. Et souvent ils n’en avaient pas les moyens. Maintenant ces malades peuvent être transfusés à temps et être sauvés.

Depuis cette année, le Centre s’est doté d’un électrocardiographe. La population compte un grand pourcentage d’hypertendus et on fait, en moyenne, 35 examens par mois. Cela permet de faire des diagnostics précoces des cardiopathies et donc de prévenir les complications.

Il y a actuellement 271 malades avec le VIH qui prennent les médicaments antirétroviraux, mais beaucoup plus nombreux encore sont les séropositifs qui attendent que le comité thérapeutique accepte leur dossier. Tout cela nécessite un accompagnement des malades et de leurs familles. Le Centre prend aussi en charge les enfants dénutris et les enfants sidéens, dont la situation est encore plus douloureuse que celle des adultes. Une bienfaitrice allemande fournit des kits alimentaires à leur intention.

(19 Janvier 2013)

Publié le 11 juin 2013 par Silvano Galli