La constance dans la fidélité

28ème dimanche ordinaire

1 – Lectures [1] Première lecture
Lecture du livre d’Isaïe (Is 25, 6-9)
Le festin messianique

Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l’univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations. Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple ; c’est lui qui l’a promis.
Et ce jour-là, on dira : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c’est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! »

Psaume : 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6

R/ Près de toi, Seigneur, sans fin nous vivrons.

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

Deuxième lecture
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (Ph 4, 12-14.19-20)
La vraie richesse dans le Christ

Frères, je sais vivre de peu, je sais aussi avoir tout ce qu’il me faut. Être rassasié et avoir faim, avoir tout ce qu’il me faut et manquer de tout, j’ai appris cela de toutes les façons. Je peux tout supporter avec celui qui me donne la force. Cependant, vous avez bien fait de m’aider tous ensemble quand j’étais dans la gêne. Et mon Dieu subviendra magnifiquement à tous vos besoins selon sa richesse, dans le Christ Jésus. Gloire à Dieu notre Père pour les siècles des siècles. Amen.

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (brève : 1-10) (Mt 22, 1-14)
Parabole des invités au festin

Jésus disait en paraboles : « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce. Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.
Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.
Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et lui dit : Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. »

2 – Homélie

La liturgie insiste particulièrement sur la générosité et la gratuité de Dieu. Ceci est manifeste par sa volonté de faire participer l’homme de sa vie. Le Seigneur dispose tout à la faveur de l’homme et pour son bonheur. Il lui prépare un grand festin, enlève le voile qui l’enveloppe, essuie les larmes de son visage et le rétablit dans sa dignité d’enfant de Dieu. Cette promesse divine reste une invitation qui est adressée à l’homme, comme le fait le roi dont il est question dans l’Evangile d’aujourd’hui. Cette histoire atteste tout à fait l’adage selon lequel on peut mener le cheval à la rivière, mais personne ne peut l’obliger à boire de l’eau. Dans sa grande libéralité, le roi convie des personnes à partager sa joie. Mais les invités déclinent tour à tour cette invitation. Ils n’en tiennent pas compte et vaguent chacun à leurs occupations. L’un s’occupe de son champ, l’autre de son commerce ; d’autres s’en prennent physiquement aux serviteurs et attentent à leur vie.

Cette histoire traduit l’attitude du peuple d’Israël à l’égard de l’appel que le Seigneur ne cesse de lui adresser à travers ses prophètes. Le Seigneur a fait d’Israël son peuple. Il l’a choisi parmi toutes les nations. Il lui a accordé un amour de prédilection. Il lui a envoyé à maintes reprises des prophètes pour lui enseigner ses chemins. Mais l’attitude d’Israël est décevante, son comportement est décourageant. Il a abandonné le chemin que le Seigneur lui a prescrit et il s’est attaché au service des idoles. Son enthousiasme s’est vite éteint. Il lui manque la constance dans la fidélité.

Justement, la réponse à l’appel de Dieu n’est pas l’affaire d’un jour. C’est un engagement dans le temps qui demande de notre part constance, persévérance, abnégation et fidélité. Où sont ces qualités dans notre vie de croyant ? La question se pose véritablement lorsque nous examinons notre engagement à la suite du Christ. Grand est l’enthousiasme qui nous a portés à demander le baptême. Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

La parabole des invités au festin est pour nous une occasion de réfléchir et de méditer sur le sens de notre oui. Ce n’est pas qu’une parole en l’air ou un simple consentement. C’est un acte par lequel nous nous engageons dans le temps et pour la vie. Même si les fréquents cas de divorces qui contredisent cet engagement sont à déplorer, la formule des consentements dans la liturgie du mariage l’exprime bien : « Je promets de t’aimer fidèlement dans le bonheur et dans les épreuves tout au long de notre vie. » Le oui qui fait écho à cette formule n’est pas le terme d’un processus, mais bien au contraire le début d’une aventure qui va s’élaborer et se construire patiemment.

Il en est ainsi du oui lors de notre baptême et de notre confirmation. En répondant à l’appel de Dieu, nous nous sommes fait les invités de son banquet éternel. Mais, pour tenir notre promesse, il nous faut continuellement renouveler notre engagement, sans quoi nous laissons mourir nos capacités, comme un muscle s’atrophie à défaut d’être utilisé. Ne nous laissons pas accaparer par des soucis de ce monde. Aussi importants soient-ils, ils ne doivent pas nous détourner de l’amour de Dieu ni de notre engagement à vivre en enfants de Dieu. Tenons la lampe de notre engagement baptismal toujours allumée par la grâce de Dieu.

[1] (c) AELF 2011 www.aelf.org, le site officiel de la traduction française de la liturgie catholique.

Publié le 10 octobre 2011 par Nestor Nongo Aziagbia