La constance de la fidélité de Dieu

8ième dimanche du temps ordinaire
Textes : Is 49, 14-15 ; 1 Co 4, 1-5 ; Mt 6, 24-34

Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ?... Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : « Qu’allons-nous manger ? » ou bien : « Qu’allons-nous boire ? » ou encore : « Avec quoi nous habiller ? » [1]

C’est surréaliste. De quelle planète vient ce gourou, serait-on tenté de se demander. Au travers de cette exhortation, Jésus semble être complètement en décalage avec les besoins des hommes et des femmes d’aujourd’hui. L’homme moderne, du moins dans la société occidentale, ne veut pas être pris de court. Il se donne les moyens adéquats en vue de se garantir une vie tranquille. La sécurité sociale, la retraite et la pension entrent effectivement dans ce régime. La prévoyance tient une grande place dans cette stratégie du vivre sans surprise. Rien n’est laissé au hasard. Certains vont jusqu’à prévoir dans les menus détails les arrangements de leurs funérailles.

En dépit de toutes ces précautions, personne ne peut véritablement se sentir maître de sa vie. On n’est jamais totalement à l’abri des surprises. Dans la tourmente, les malheurs et les difficultés qui s’abattent sur les hommes et mettent leur foi à rude épreuve, beaucoup en viennent à douter de l’existence de Dieu et de sa bonté à l’égard de l’homme. Cela se traduit bien souvent par des questions d’ordre existentiel : « Pourquoi le Seigneur permet-il le mal, les catastrophes naturelles et la mort de l’innocent ? » La conclusion qui se dégage de cette observation est évidente : il n’est pas possible que la bonté de Dieu soit compatible avec l’indifférence qu’il manifeste aux intérêts humains.

Les hommes d’aujourd’hui ne sont pas les premiers à porter ce grief contre Dieu. Ces sentiments étaient déjà partagés par le peuple d’Israël, qui se sentait abandonné par le Seigneur [2]. Ne les avait-il pas délaissés en les dispersant parmi les nations malgré les fortes promesses qu’il avait jadis faites à leurs pères ? Contre de telles allégations, le Seigneur réaffirme avec puissance la sincérité de son amour : « Est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l’oublier, moi, je ne t’oublierai pas [3] ».

Voilà qui est affirmé avec clarté et vigueur ! La fidélité de Dieu ne saurait souffrir aucune ambiguïté. L’amour qu’il porte aux hommes est tout entier. Cette fidélité est la marque de son engagement auprès des hommes ; la constance de son amour ne peut se trahir. Comme dans cette histoire d’un monsieur qui voyait se dérouler en rêve le film de sa vie alors qu’il était en compagnie du Seigneur. Il remarqua deux traces parallèles de pas dans le sable. L’une était la sienne, l’autre celle du Seigneur. Quand la dernière scène de sa vie s’alluma, il se retourna pour revoir les traces de pas sur la grève. Et vrai, ici et là sur la route de sa vie, il n’y en avait qu’une seule et ces moments de marche solitaire correspondaient aux heures les plus tristes de sa vie et les plus déprimantes. Intrigué, il interrogea son compagnon. « Seigneur, quand j’ai décidé de te suivre, tu avais dit que tu ferais tout le chemin avec moi. Or je vois qu’aux pires périodes de mon existence, il n’y a qu’une seule trace de pas ! M’aurais-tu donc abandonné quand justement j’avais le plus besoin de toi ? » « Je t’aime, mon très cher enfant, je t’aime et jamais je ne t’ai abandonné. Tu n’as vu qu’une seule trace de pas dans le sable au moment les plus difficiles de ta vie car à ces moments-là je te portais. »

La sollicitude de Dieu nous accompagne en effet dans les différentes circonstances de notre vie. C’est en cela que chacun peut faire effectivement l’expérience de la fidélité de Dieu à son égard.

[1] Mt 6, 25.31.

[2] Voir Is 49, 14.

[3] Is 49, 15.

Publié le 2 mars 2011 par Nestor Nongo Aziagbia