La fin du monde ou les temps derniers dans la Bible

Peut-on en parler ? Attention ! Nous pénétrons dans les hautes sphères interplanétaires de la philosophie et du cosmos… Attachez vos ceintures !

Les derniers temps - ou les temps derniers, dans la Bible - se retrouvent ailleurs, dans d’autres écrits – mayas, sumériens etc. Voici quelques considérations d’un ignorant qui navigue entre ciel et terre, perdu, précisément, dans les brouillards des temps qui courent… Vers une fin, puisque le temps qui court, comme tout coureur, vient de quelque part et va quelque part ?
La question qui se pose est : Y aura-t-il un jour une « fin » des temps, ou un passage vers le Royaume du Père ? Ma mère n’a jamais cru que des hommes aient pu fouler le sol lunaire. Pour elle, Dieu ne pouvait permettre cela. Car la Lune fait déjà partie de la voûte céleste, le siège de Dieu… et malheur à qui osera y toucher ! Depuis, elle a pu découvrir tout cela de visu parce que, dans sa mort, elle est allée bien au-delà de ce monde fini, et du temps et de l’espace. Pour elle, comme pour beaucoup d’autres, ce furent effectivement les derniers temps... avant la lumière définitive.

Vous me suivez toujours ?

Si nous « lisons » les dessins de nos ancêtres Néandertal et autres, avec leurs tombes et leurs images sur les parois des grottes préhistoriques, nous voyons bien que ces gens croyaient en un « au-delà » et attendaient un retour. C’était inscrit en leur for intérieur ou, comme disent les spécialistes, dans leur subconscient, et surtout dans leur culture !
Les scribes juifs qui ont étudié puis écrit la Parole de Dieu dans un environnement royal ou cultuel ont bien vu, eux aussi, le problème de la fin des temps et de la fin des mondes et des royaumes. Ils ont alors « inventé » ou imaginé ce merveilleux poème de la création en six jours avec le repos sabbatique du 7e jour. Très « socialiste » avant la lettre : c’était déjà le congé payé du week-end, où personne ne travaillait – ni l’âne, ni le bœuf, ni l’homme, ni la femme, ni l’esclave… Mais qui donc allait préparer la tambouille ? On ne sait pas, ou alors celui-là bénéficiait déjà d’un RTT spécial !

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Le Déluge par Francis Dunby.
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La tradition biblique orale a longtemps précédé la naissance de la Bible écrite, qui nous apprend tout ce que nous savons dans ce domaine. Il suffit de la lire. Selon le livre de la Genèse [1], Dieu a créé un univers harmonieux en tous points, avec l’homme et la femme au centre - ou au sommet - comme gérants du jardin. Il n’y avait qu’une restriction, ne pas toucher à l’arbre de la vie ni en manger les fruits. Dieu a ainsi voulu asseoir son autorité divine par ce seul interdit. Ce qui n’est pas vraiment contraignant…
Nous connaissons la suite… Adam et Eve ont croqué la pomme et nous ont laissé les pépins… A partir de ce moment, tout fut bousculé et déstabilisé. C’était un retour en arrière vers le tohu-bohu, le chaos initial, l’anti-mouvement du jardin d’Eden. Ce « mouvement » perdure toujours, même dans notre postmodernité : il paraît que c’est inscrit dans l’ADN du monde ! Et cela s’appelle implosion ou trou noir

C’est alors que les scribes, avec l’assistance de l’Esprit de Dieu – cet Esprit que Dieu avait insufflé dans les narines d’Adam pour le faire bondir dans la vie alors qu’il n’était encore qu’une vulgaire forme argileuse et inerte – oui, c’est alors que les scribes ont imaginé l’autre bout du temps : celui à venir, le retour vers l’harmonie première telle qu’elle était sortie des mains du créateur. Voilà ce que seront les temps derniers, que plus rien n’ébranlera ! L’Ecriture nous dit : il reviendra, celui qui fut au commencement, le Verbe qui a harmonisé le chaos initial que, malheureusement, la pomme prise ou volée sur l’arbre avait ébranlé. La Parole créatrice de Dieu reviendra pour tout remettre en ordre selon l’éphémère harmonie du jardin d’Eden de jadis. On appelle cela l’eschatologie. Mais il ne faut pas que ce mot vous fasse mal aux dents : cela veut simplement dire que le monde qui sera alors sera celui des temps derniers - derniers parce que définitifs - tel qu’il fut promis dès le commencement du monde. Et ce n’est pas une utopie.

L’artisan de tout cela ? C’est Jésus, le Fils de l’homme. Là, les choses deviennent sérieuses ! D’abord il a dompté et vaincu la mort en donnant volontairement sa vie. Comme Fils de Dieu, il aurait pu transformer sa vie en une guerre de religion mais Il a refusé les légions que son Père voulait lui envoyer et s’est soumis à la condamnation du conseil juif. Il fut exécuté par le Romain Pilate, un vendredi avant la fête de Pâque [2] des Juifs, et mis au tombeau. Consumatum est… C’est fini !

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L’arche de Noé. Artisanat des Philippines.
Photo Marc Heilg

Et bien non, ce n’était pas fini ! Et cela ne sera jamais fini. Car le 3e jour, Dieu l’a relevé dans son Esprit de vie. Ce même Esprit qui, dans le livre de la Genèse, planait au dessus du chaos premier d’où a jailli la vie et qui a été insufflé dans les narines d’Adam. C’est aussi cet Esprit qui est descendu sur Jésus lors de son baptême dans le Jourdain par Jean le Baptiste. Et c’est toujours lui qui, le jour de la fête des tentes – 50 jours après la résurrection – a fondu avec perte et fracas sur les 12 et leurs compagnons afin de les envoyer sur toutes les routes du monde pour - justement - annoncer ces temps qui seront les derniers… Allez et soyez des témoins !
Et c’est encore le même Esprit qui est descendu, mais dans la plus absolue discrétion, sur chacun d’entre nous, le jour de notre baptême.

Depuis, on navigue à vue sur l’océan du temps, exposé à toutes les tempêtes, cahin-caha… On attend parce que ce Jésus de Nazareth nous a fait une promesse : JE REVIENDRAI – pas au conditionnel, mais au futur vrai. Dieu n’est jamais pressé d’accomplir ses promesses, il sait attendre dans une infinie patience. Il n’est pas comme nos banquiers, à qui il faut verser nos intérêts et agios mensuels sur les primes, les « subprimes » et tout le bataclan sinon… sinon nous perdons nos bretelles, c’est le système qui veut ça, nous dit-on !

Or le système de Dieu n’est pas construit sur le même modèle. Nous voici en état d’attente… Non pas d’une fin du monde à la manière violente d’un bouleversement apocalyptique - celle-là est pour les débiles ou les naïfs – comme dans le film « Apocalypse Now ! »
Le Dieu de Jésus prend son temps, pour donner une « chance » à chacun, ou plutôt une « grâce ». Un billet d’entrée possible, même pour le mécréant qu’on a déjà envoyé rôtir en enfer. On dit que le salut est gratuit et la miséricorde du Père sans limites. Alors soyons sérieux et consultons les évangélistes.

Matthieu est aussi radical qu’un scribe. Lors du jugement, il met la moitié dans le feu qui ne s’éteint pas. Oui ! Tous ceux qui ont refusé d’héberger l’étranger et de partager avec le pauvre parce qu’ils le considéraient comme un fainéant et un vaurien, alors qu’il faisait peut-être ses prières quotidiennes avec la même ferveur et la même régularité qu’eux… Si vous avez des problèmes sur ce point du feu qui ne s’éteint pas, adressez-vous à Matthieu.
Luc, le médecin sans frontières, dit : Oui, le royaume est à tout le monde. Il ne parle pas de jugement. C’est l’évangéliste du bon Samaritain, profondément humaniste avant l’heure, qui soigne même les gens ensanglantés qu’il trouve sur la route. Surtout, c’est l’homme du retour du Fils Prodigue que le Père prend dans ses bras sans conditions, l’empêchant même de se mettre à genoux pour demander pardon : Faisons la fête, mon fils ! Tu es revenu et je suis content ! Qu’on tue le veau gras et que la fête commence… On appelle cela un festin messianique. Tous les festins messianiques, à commencer par l’eucharistie, sont eschatologiques car ils annoncent le retour du Fils de l’homme et le pardon pour le Fils Prodigue. Et pour tous les autres fils et filles du même gabarit !

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Photo Pointillés

Puisque Luc va plus loin que Matthieu, suivons-le ! Peut-être le feu de la géhenne de Matthieu s’éteindra-t-il le jour où le cœur miséricordieux du Père aura triomphé de tout mal…

On sera mûr alors pour le grand retour, dans la clarté d’un ciel nouveau, parce qu’on aura retrouvé l’harmonie première et qu’on sera tous devenus frères et camarades dans la grande réconciliation entre les nations. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la promesse de Dieu en Jésus. Et toute promesse de Dieu s’accomplit un jour, mais il faut du temps. Le reste s’appelle espérance et foi en la Parole du Verbe de Dieu [3]…

Mais peut-être faut-il bouger pour aller y voir de plus près.

[1] Le premier livre de la Bible.

[2] Pessah // passage //Pâque.

[3] J’ai ainsi lu récemment dans le journal La Croix du 6 février 2012 qu’en Algérie, des musulmans et des chrétiens (focolari) s’engagent pour l’unité du peuple de Dieu. Voici un acte eschatologique qui annonce les temps qui seront les derniers.

Publié le 6 juillet 2012 par Jean-Pierre Frey